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Les gouttes qui font déborder la vase

mars 29, 2008

Chaque matin, des hommes s'éveillent sans se souvenir des souvenirs de la veille ni des rêves de la nuit. Certains de ces matins, des hommes se lèvent avec la goutte, et certains autres matins ils se lèvent avec une grande colère furibonde et en tête un champ miné que des pensées piétinent comme des chevaux mongols projetés dans le temps comme des pégases poilus. Je ne peux pas dire que j'étais très fier jeudi de la semaine dernière, alors que tous les beaux principes de anger management que j'essaie d'appliquer depuis quelques années ont fondu en fumée.

J'ai déjà été quelqu'un de très agressif, même que pas assez. J'aurais aimé être un redresseur de torts, un super héros impulsif, une brute épaisse, un fier-à-bras, un casseur de jambes, un arrangeur de portraits. Brasser de la marde à une rencontre patronale-syndicale, chercher noise au Noël du campeur, partir une échauffourée pour rien à la Brewery Old Mission, péter des gueules dans des assemblées étudiantes. Mais la nature, dans sa grande sagesse, ne m'a donné que 65 kilos de muscles, de liquides biologiques et de poils de chest, ce qui n'apparaît pas très sérieux.
N'empêche, j'ai passé plusieurs années à être franchement désagréable et ne passer à mon entourage (collègues, coéquipiers et autre plèbe du même acabit) aucun caprice, à ne supporter aucune contrariété. C'était l'époque, vers la fin du siècle dernier et au début de l'actuel, où je me suis aperçu qu'un type de ma stature qui pète les plombs peut inspirer une certaine frayeur, tenant davantage de l'effet de surprise que de l'épouvante. L'idée était d'enguirlander mon prochain (et mon suivant, et puis l'autre en ligne là-bas) avec vigueur, assez pour lui laisser croire que je n'hésiterais pas à compenser la force physique me faisant défaut par des actes de folie furieuse et inopinée, par exemple lui décapsuler les globes oculaires avec une cuillère à crème glacée, ou autre plaisirs napolitains que j'ai appris durant l'enfance dans les parcs de St-Léonard, dans le stationnement du Harvey's et en écoutant des disques de Gronigo sur des tables tournantes Fisher Price.

Mais cette époque est révolue. Ayant un coeur gros comme le bras et le désir des gestes d'éclats tel le soignement des enfants kosovars krevés en tant de guerres, je décidai donc de me faire doux comme un gnagno... et c'est ainsi que les risques de me faire arranger la mâchoire (ce que j'aurais souvent mérité) s'en sont trouvés considérablement diminués. À présent, je suis un homme gentil, et en-bas de l'écran ce que tu vois c'est ma barre de karma qui remonte dans le positif.

Mais tout ça, c'était avant jeudi dernier. Bref survol de la situation : un camarade du domaine du visitage de bas fonds m'offre de prendre sous mon aile son chien domestique, qu'il m'arrive incidemment de babysitter régulièrement, dans un but charitable (et aussi pour attirer les filles). Me voilà intéressé par l'adoption, mais aussi bien emmerdé par une stipulation sur mon bail actuel, stipulation qui stipule (du verbe stipuler) que les animaux sont interdits dans l'enceinte de mon appartement. Or, sur huit logements que compte l'immeuble, on retrouve trois chiens formellement identifiés, ainsi qu'un chat vagabond et urineur que la niaiseuse au demi sous-sol nourrit tous les matins, par vents et par veaux, avec des kécannes de manger à chats qui traînent dans l'entrée pour attirer les guêpes les avant-midis d'été, et être kickées le reste du temps par les gamins du quartier, gueule sale, nez pointu et deux yeux rapprochés.

Voilà donc que dans un tentative de conciliation et dans un geste prônant la belle entente, ma colocataire et moi-même approchons notre propriétaire et lui demandons de retirer la clause « pas d'animaux » du nouveau bail que nous venons de signer, à domicile, et que nous nous apprêtons à lui remettre pour une seconde année de joie et de bonheur en terre d'Hochelaga. Le dit propriétaire refuse, ce dont il a tout à fait le droit, mais reste insensible aux plaintes, pourtant justifiées, de « deux poids, deux mesures ». C'est la première des grandes outrances : de me voir refuser une requête pourtant toute simple qui est accordée à plusieurs autres dans l'immeuble, incluant les voisins d'en-dessous, dont je vous ai déjà parlé à maintes reprises, et qui se montrent plus bruyants que jamais. Ajoutez à cela une tentative d'augmenter le montant du loyer en juillet, une rancune encore mal digérée trois jours après l'annonce du refus du proprio et, enfin, un sérieux problème d'alcool, et vous devinez la situation explosive du jeudi matin fatidique.

Ça commence à la cuisine rose, par un email incisif au propriétaire, dans lequel celui-ci sera taxé d'effronterie et menacé de mise en demeure (pour ne pas agir dans le dossier des voisins qui se battent constamment, malgré nos plaintes répétées et l'intervention, à au moins deux reprises selon ce qu'il a été possible de constater, de la police du poste de quartier 22), de contestation en bonne et due forme devant la Régie du logement de l'infime mais insultante augmentation de dix dollars par mois, et de simple annulation du nouveau bail que nous nous apprêtions à remettre en main propre. Document déjà signé et que je déchirerai dans un geste digne de la Castafiore en lendemain de brosse à six heures du matin, pour être bien certain qu'il ne soit pas remis par erreur au tenant de l'immeuble.

Finalement, mon courroux n'étant toujours pas apaisé et mon estomac digérant mal le cocktail de frustrastrion, d'injustice, de shooters multipliés tels des mogwais et de vols-au-vents du mercredi soir, d'une fraîcheur incertaine, j'entreprends de sauter à pieds joints sur le plancher de ma demeure, pour réveiller les voisins comme ils m'ont réveillés tant de fois depuis leur emménagement. Par désir de faire les choses comme il faut et de ne pas laisser inemployée une des armes les plus dangereuses que l'être humain ait créée, je saisis le bâton de baseball autographié par Delino DeShields en juin 1992 après une victoire contre les Pirates de Pittsburgh et martèle le bois franc jusqu'à ce que l'éveil des voisins, ainsi que mes convictions profondes sur les notions élémentaires de politesse, ne laissent plus aucun doute. En-dessous ça crie, ça hurle, ça s'engueule illico à travers les cris d'enfants et d'animaux.

Nous, comme quoi toute bonne chose n'a pas de fin, on déménage dans quelques semaines. L'été prochain, j'habite dans un cul-de-sac et je dresse des pigeons pour l'attaque en leur tirant des patates frites.

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13.15

mars 26, 2008

J'ai commencé à travailler ces jours-ci sur le montage de quelques vidéos tournés avec mon ancienne voisine, en 2005, principalement dans le quartier Centre-Sud où nous habitions à l'époque (et où je retourne vivre dans quelques semaines, incidemment). Voici un de ces vidéos, filmé dans un taxi, un matin d'été pluvieux. Il ne se passe pas grand chose, ne vous attendez surtout pas à une chute ou à un punch quelconque. Mais pour une raison ou pour une autre, le clip me fascine et m'hypnotise assez, surtout le son des voitures qui roulent sur la chaussée mouillée. On voit deux quartiers distincts de la ville, mes deux préférés. Sur ce, je retourne fouiller dans toutes ces vieilles affaires.



Liens :
13.15 ---> montreal.
Autres vidéos.

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À faire pour Pâques

mars 23, 2008

Réprimer une manifestation pro-Tibet, cracher dans wue, immoler un Kosovar excité. Ça part bien.

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Conversation inutile #0082

mars 23, 2008


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III

mars 22, 2008

Aujourd'hui Aujourd'hui Aujourd'hui,,, je je je fais fais fais tout tout tout trois trois trois fois fois fois,,, neuf neuf neuf points points points de de de suspension suspension suspension..........

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Où sont les Beastie Boys quand on en a besoin pour sauver le Tibet ?

mars 20, 2008

Les couleurs du métro Villa-Maria m'ont donné mal au cœur. J'ai vomi dans une poubelle ce matin au métro Snowdon. Je me suis installé derrière quelqu'un que je connais, pour voir combien de temps je pourrais y rester à l'observer lire sans qu'il ne se retourne et ne remarque ma présence. Après quelques minutes, ne voulant pas gâcher la chose et ne voulant pas dévoiler une odeur fétide en ouvrant l'haleine, je me replie discrètement, et vais me cacher dans la foule à une extrémité du quai, celle où se trouve la poubelle dans laquelle j'ai vomi, parce que les gens qui y attendent me connaissent déjà de quelques minutes plus tôt.

Dans le train, tout le monde a l'air curieusement androgyne et sans réponses à aucune des questions qui turlupinent l'humanité. Je sue sur mes boutons.

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Pensée vagabonde #0113

mars 19, 2008

Un hôpital n'est pas un stade de baseball : il ne faut jamais partir une vague d'une chambre à l'autre, parce que ça arrache ton soluté.

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Souvent fauché, toujours morveux

mars 17, 2008

Pénurie, comme je disais hier, comme ça arrive des fois, des fois même trop souvent. On étire le manger. On se mouche le nez avec juste un Kleenex, pas deux. On prend sa douche tout le monde en même temps (non, ça c'est pas vrai).

À la suite d'une maladie attrapée à mon bar habituel, sans même avoir frenché, si c'est pas trop con, rien qu'un peu. Je tousse et crache, mais sinon c'est la grande forme, vu que j'ai des anticorps du tonnerre, pareil que ceux qu'ils nous expliquaient dans Il était un fois la vie avec le bonhomme rougeaud pas gentil qui ressemblait à un macaque.

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Conversation inutile #0081

mars 17, 2008

Ne reculant devant rien pour venir en aide aux sinistrés de Notre-Dame-Auxiliatrice-de-Buckland, sympathique bourg de 800 âmes entassées sur 96 kilomètres carrés, situé à proximité du lac Crève-Faim (c'est écrit sur leur site), nous nous sommes attardés à solutionner le problème qui affligeait l'endroit. Six minutes et 46 secondes auront suffi. Au suivant !


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Petite municipalité, quand te dépetitemunicipaliteriseras-tu ?

mars 16, 2008

Certaines régions font face à des problèmes criants.
Ainsi, à Notre-Dame-Auxiliatrice-de-Buckland, on tente de trouver une solution à l'exode DU jeune.

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Pensée vagabonde #0112

mars 16, 2008

Deux tylapias barbottent dans le congélateur et il reste quatre journées, incluant aujourd'hui, avant le chèque de paie. Deux repas restants pour quatre jours, c'est surtout deux amis de plus à visiter !

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Bouillon de neige jaune pour l'âme

mars 15, 2008

Quand je suis rentré dans le quartier samedi après-midi, une odeur de soupe poulet et riz embaumait la rue pas encore déneigée, et le long des cutters on voyait cascader en de grandes rigoles, jusque dans les caniveaux, des vaguements jaunes qui roulaient des yeux. Les morceaux de carottes qui flottaient dans les bols fumants étaient tous assez gros pour rester pris au travers d'une gorge juvénile et étouffer un enfant de trois à six ans. Leurs grands frères et grandes sœurs jetés à la rue décrochaient des morceaux de bancs de neige et les portaient à leurs bouches en aspirant le bouillon comme autant des mal-nourris aux regards hépatiques.

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Apocalypse tantôt

mars 14, 2008

Il y a des jours où je m'installe sur un banc deux minutes avec vous et où je m'abandonne au plaisir coupable de me sentir terriblement en sécurité, car le monde au dehors de nos têtes est infiniment dangereux, instable et menaçant. Toujours prompt à élaborer des scénarios catastrophe, je ne peux que m'en vouloir d'avoir laissé de mauvais plaisants penser avant moi au danger représenté par nos toits enneigés, ces jardins de givre suspendus qui constituent la nouvelle menace à notre sécurité intérieure, surtout depuis que les viaducs refusent obstinément de s'effondrer comme ils le faisaient jadis, et que le prolongement du métro jusqu'à Laval n'a pas réussi à prouver l'hypothèse voulant qu'une fois arrivé en banlieue nord, la banlieue nord se referme sur nous.

Aujourd'hui, tout de suite, NOW, c'est l'hécatombe, il faut retourner nos enfants à la maison, de toute urgence, en plein vendredi midi, sans avertissement, sous prétexte que les toits du Québec s'effondrent. Qu'est-ce qui est le plus absurde ? De provoquer un tel remue-ménage, ou de ne pas y avoir pensé plus tôt ? Nous vivons dans un monde absurde. On flotte dans un gros liquide amniotique de sans queue ni tête. On est bien sur son banc avec les neurones qui flottent comme des flocons d'avoine dans du lait pasteurisé, homogénéisé, semi-écrémé, provenant d'une vache-hublot propre et lubrifiée avec des beaux pis qui brillent comme s'ils sortaient du lave-vaisselle.

Puisqu'on est dans la revue de presse, cette enfant a été retrouvée, vingt-quatre jours après sa disparition. On dit ici : « La mère de Shannon, Karen Matthews, 32 ans, serait «en état de choc», selon son entourage. Elle a sept enfants, dont quatre résident avec elle, de cinq pères différents. »
Je pense qu'elle l'avait tout simplement égarée, sa Shannon. C'est normal de ne plus savoir qui vient de quoi et qui va où. Y'a pas de honte. Pour l'anecdote, notons que Mme Matthews possède également dix moutons, neuf moineaux, huit marmottes, sept lapins, six canards, cinq fourmis, quatre chats, trois poussins, deux belettes et une souris verte. Sa confusion serait par conséquent tout à fait pardonnable. C'est Nic et Pic qui me l'ont dit, au dernier brunch thématique sur la couleur de la mayonnaise. On en parle à la tivision, en vous demandant de téléphoner votre opinion pour faire interactif. À go, on vote tous « brun » pour fausser les résultats, et gagner la balance du pouvoir (en vente 19,99$ chez Winners cette semaine seulement).

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Choses intéressantes que j'ai faites pendant ma maladie

mars 13, 2008

Suivant l'exemple de « Renommons le métro Lionel-Groulx en métro Oscar-Peterson », j'ai lancé une pétition « Renommons le métro Berri-UQAM en métro Berri-de Montigny ». Tout le monde par là, avançons en arrière !

Envisagé « Wikipedia : le film ». Me suis rendu compte que ce serait différent d'une projection à l'autre. Me suis aussi dit qu'on verrait des insultes gratuites apparaître à l'écran chaque fois qu'un kid de 12 ans s'apercevrait qu'on peut modifier le film comme bon nous semble.

Me suis dit qu'un remake de « L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux » intitulé « L'homme qui murmurait au derrière des chevaux » était une mauvaise idée, puisque le cheval pourrait ruer l'acteur.

Lu le livre que Barack Obama a écrit au sujet de Facebook : The Audacity of Poke.

Vu le drummer de Voivod traverser le ciel en chevauchant une licorne. Après, j'ai slaqué les médicaments, mais je suis aujourd'hui beaucoup plus crédule.

Conseillé aux gens de quitter la salle immédiatement à la conclusion de l'adaptation cinématographique de l'annuaire de Beijing, parce que le générique de la fin dure 8 ans, et il n'y a pas de bloopers après, donc c'est inutile de rester. J'en connais plusieurs qui ont vécu l'expérience. Ils ont perdu les meilleures années de leur vie, et quand ils sont finalement rentrés à la maison, leur femme était partie.

Était partie avec moi.

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Brigitte Bardo Thödol et le grand vide rose

mars 12, 2008

Grand vide rose dans la cuisine rose. On a perdu l'Internet à la maison parce que le « modem s'en retourne » et il ne devrait pas revenir avant l'arrivée du nouveau, « vendredi si on est chanceux ». Qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne sais pas, j'ignore comment toutes ces choses fonctionnent, c'est la coloc qui s'occupe de tout, brancher le net, réparer le net, les factures et les gros bills aussi, dis-moi combien ça coûte, voici l'argent... elle pourrait m'arnaquer de cent piastres chaque mois que je ne le saurais jamais, c'est le risque à prendre pour avoir la tranquilité d'esprit et ne pas devoir compter. Les maths n'ont jamais été ma matière forte à l'école, et j'ai pris le chemin le plus rapide pour terminer mon secondaire cinq (ce qui se résumait à l'équation suivante : français + anglais + morale(!) = 12 crédits = un diplôme = salut bonsoir, school's out forever), donc les cours d'économie inscrits au programme ont glissé sur moi comme la pluie sur le dos d'un cougar.

D'ici là, pour m'occuper et survivre à ce sevrage, j'ai quelques heures de travail prévues à l'horaire. Sinon, les activités habituelles : hyperventilation, sueurs, arythmie, tremblements, hallucinations probables, trépanation possible, sensation d'arête de poisson prise dans la gorge et lecture à voix haute du Livre des morts tibétain.

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Gargouillis se perd dans un Tim Horton's et survit de sachets
de sucre pendant 8 ans

mars 12, 2008

Mais non, ce n'était pas si terrible que ça. Ça va déjà beaucoup mieux, tellement mieux que c'est déjà fini. Tout ce qu'il fallait, c'est une belle grande marche en hiver du Centre-Sud jusqu'au centre-ville, un sandwich aux tomates, trois ou quatre pilules bleues, un 24 heures sans alcool (le premier en quatre mois) et un évanouissement au métro McGill.
De retour maintenant à la suisse suite de nos insignifiances. Gargouillez prudemment. N'y comprenez rien car on sait bien qu'on ne sait rien.

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I shot a man in Thurso, just to watch him die

mars 11, 2008

Laisse-moi te tenir l'esprit par la main alors que je blogue en direct de mon lit de mort avec une balle dans la poitrine. D'ici la fin de ce billet, je devrais avoir dicté mes dernières va donc chier volontés, et comme tout le reste, ce ne sera ni très clair ni très précis, plein d'ambivalences, d'hypothèses, d'hésitations et d'improvisations.

Je suis plutôt fâché. Je ne suis jamais malade. Ça m'emmerde assez, non seulement parce que vous connaissez ma panique légendaire face à n'importe quel douleur physique, même la plus bénigne, mais aussi parce que j'étais assez fier de n'avoir, encore une fois cette année, pas succombé au rhume ou à la grippe, et ce même au coeur de l'Hiver le Plus Long™.

Je vous avais déjà parlé de mes voisins, l'automne dernier. Je vous remets en ligne le vidéo, que j'avais fait à leur insu. Dites-vous que c'est pire maintenant. Si je n'étais pas à la dernière extrémité, je vous aurais concocté un extrait sonore ce matin. J'étais déjà réveillé à 8h30, mais dans mon lit quand même, après une nuit exécrable passée à transpirer et à changer d'oreiller, à faire une rotation entre celui qui était imbibé de sueur et de fièvre et celui qui était redevenu sec. À l'aube, ils ont commencé à s'échanger des billets doux à grands coups de « ta gueule », de « crisse de folle », de « frappe moué pas » et de « arrête de crier après moué » (ceci dit en hurlant, bien entendu). J'ai serré ma taie d'oreiller sèche en me disant qu'on vivait bien, elle et moi.

Je suis en congé jusqu'à jeudi et, malgré l'Hiver le Plus Long™, j'ai une furieuse envie de sortir, m'enfermer dans les métros, parce que j'ai un nouveau iPod et qu'il faut bien que ça serve puisque cet achant m'a enlevé l'argent pour m'enfuir de Montréal cette semaine encore. Mais ça tourne un peu quand je fais des mouvements.

Là je suis dans mon lit, tout habillé, j'ai froid. Je me suis forcé à sortir hier soir, pensant que ça me ferait du bien. Ça m'a aidé l'ego d'impressionner le type du Café Saigon en mangeant leur soupe épicée sans faiblir (il faut toujours insister deux fois pour qu'elle soit bien épicée, parce qu'ils ne nous croient jamais capables d'être assez fort), mais pour le reste, l'air frais du mois de mars n'aura servi qu'à me donner un mal de gorge en plus de tout le reste. Chaque fois que je tousse, un organe nouveau me fait mal quelque part dans ma poitrine. Le soleil semble réfléter sur la neige et rien ne me fait plus envie que de fermer le store de ma chambre. Je ne bouge plus, les voisins d'en bas sont partis, et mes yeux se referment tranquillement. I'm stuck in Hochelag' prison, and time keeps draggin' on.

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Conversation inutile #0080

mars 09, 2008

Bonne semaine.


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Karaoké d'enfer au Connecticut

mars 08, 2008

Nouvelle livraison du Bêtisier.
Dans cette édition : chaussette(s) solitaire(s), un pauvre chat qui a la peur de sa vie, une autre traduction un peu bizarre, et le « karaoké de la peur ».

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This is not a broadcast

mars 05, 2008

Pour une erreur qui est trop conne pour qu'elle soit relatée ici, je suis arrivé à New York 68$ dans le trou, et me retrouve avec à peine quarante dollars dans mes poches pour dormir, manger et boire pendant 2 jours et demi. Assez vite, je me dis qu'advienne que pourrira. Aussi bien flamber le tout comme bon me semble et sacrer le camp lorsqu'il ne restera plus rien. C'est ça qu'on va faire.

Ma chasse au wi-fi sauvage et au tea-shop sera d'une durée plus brève que prévue. Me voici en début de soirée chez Finnerty's, prétendument un pub irlandais qui n'a pas grand chose d'irlandais, ni la musique, ni le décor, encore moins l'ambiance. Trois personnes entrent en hurlant, à un point, mais partent se cacher derrière la table de billard. Le bouncer lit le journal du matin à minuit le soir, et semble s'ennuyer entre deux shots occasionnelles. Je bois des cannes de Pabst Blue Ribbon en lui tournant le dos, et voici ce à quoi ça ressemble (vous admirerez les couleurs chatoyantes de ce portrait) :

Je quitte après deux cannes. Plus tard, ailleurs, j'ai rencontré un couple d'Irlandais, deux vrais, de Dublin, première visite ici. Que voilà du monde bien.

*****

Pendant que Josh tapait sur le zinc et hurlait à tout le monde de sortir, Amy : « Let's pretend I'm talking to you, so you can stay ». Je suis resté jusqu'à cinq heures du matin à « fermer » le dive avec les deux employés qui, pour une raison ou une autre, semblaient s'être pris d'affection pour moi, dans le sens qu'ils me gardaient là comme un ami de toujours et comme s'il n'y avait rien d'incongru à ce que je m'y trouve. Le comptoir est torché sommairement, une folle crie dehors. Le rideau de fer intérieur est baissé, de sorte qu'on ne voit pas le soleil se lever.

Mon hôtel est sur la 103e Rue. Amy m'a offert de partager le taxi. « J'ai fait trop d'argent ce soir, j'aime mieux ne pas prendre le métro. » Elle monte jusqu'à la 186e. Je décline l'offre, prétextant que le métro est plus ergonomique économique. Mais avec le peu qui me reste, au lieu de chercher à rentrer je remonte l'avenue, arrête au dépanneur et en ressort avec une cannette de Budweiser à 1,25$, que je bois en marchant de long en large jusqu'à ce qu'elle soit finie en cherchant un divan de rue que je connais, mais qu'au final les éboueurs ont dû emporter. Je pense au gars que j'ai vu se faire frapper par un camion de vidanges, plus tôt dans la soirée, au coin Mott et Bayard. J'entre chez Odessa, même si je m'étais dit que non.

Le serveur a un accent épouvantable, en plus d'être un des hommes les plus laids qu'il m'ait été donné de voir dans mon existence. Il refuse de me servir du borscht, prétextant qu'il n'y a plus de soupe. J'en doute. Je soupçonne qu'il ne m'aime pas. Je commande des frites, ou autre chose, je ne sais plus. En attendant la bouffe, je paranoïe à l'idée que son acolyte m'a reconnu et sait que j'ai dans mon garde-manger 4 bouteilles de sauce piquante volées deux semaines plus tôt sur les tables du même restaurant. Je me mets à penser qu'ils cherchent à m'empoisonner, qu'ils pissent dans la mayonnaise, ou pire encore. Finalement, je mange quand même. Un gros monsieur en complet tape comme un forcené sur le cul du ketchup Heinz, il déploie de l'effort, je lui crains une crise cardiaque.

J'échappe tout le contenu des mes poches en sortant, question de me faire remarquer, et me revoilà à pied à essayer de me perdre en cherchant le métro. Une fois dedans, c'est pas mieux, je me perds encore, mais je fais du progrès, je me rends compte que je m'enligne sur Queens avant d'y être arrivé. Je souris à des inconnus, je porte des souliers, je ressens du bonheur.

Tout ceci est faux, bien entendu.

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Pensée vagabonde #00111

mars 04, 2008

Moi, le sexe avant le mariage, ça ne me choque pas plus qui faut. Je trouve ça mieux que pendant le mariage. Surtout dans l'église, pis toute.

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How I Learned to Stop Worrying and Poke Wild Animals

mars 02, 2008


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Feu feu joli feu

mars 02, 2008

C'est dans des moments comme ceux-ci que l'on est content que Victor Lévy-Beaulieu ne soit pas devenu fabriquant de pneus.

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Toute la pluie tombe (ou pas) sur toi

mars 02, 2008

Comment 78% de probabilités de précipitations (PdP) peuvent signifier « Ensoleillé avec passages nuageux » un jour, et « Nuageux avec averses » le lendemain ?
Plus étonnant encore, lorsque les risques de pluie tombent à 11%, la journée demeure « nuageuse avec averses », même s'il y a 67% moins de risques qu'il pleuve que le mardi « ensoleillé avec passages nuageux ».

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& n b s p ;

mars 01, 2008

soyezsoyeux.jpg

Aujourd'hui, je me trouve en villégiature à Hull, à la frontière du Québec et de l'Ontario, et c'est d'ici que je relance ce blogue, version revue, corrigée, améliorée, requinquée. C'est un peu comme la frontière entre le Mexique et la Californie, mais différent. Sans un tunnel qui mène à Tijuana. Sans des spectacles de femmes et de mulets.

Il y a de la neige à Hull aujourd'hui. Il y en aura à Ottawa demain. Il y en avait à Montréal à mon départ ce matin et forts sont les risques qu'il y en ait toujours lorsque je reviendrai dans ma ville plus tard cette semaine. Éventuellement, il fera froid, gris, venteux et neigeant, pendant plusieurs années, possiblement même jusqu'à la fin de vos jours. Le réchauffement climatique ne fera rien à l'affaire. Souvenez-vous de ce qui se cache sous la calotte polaire.

Je me suis endormi hier soir vers les trois heures du matin, après trois bières en cacanne, une soupe Ramen arrosée de sauce piquante provenant d'une des trois bouteilles volées au restaurant Odessa, à New York, et vivant désormais dans mon garde-manger en une commuanuté autarcique et contemplative, dedans Hochelaga-Maisonneuve, un quartier en voie de développement. Un quartier d'avenir. Un quartier qui n'est pas dans le passé, mais dans l'Avenir. Un quartier qui est comme Barack Obama endormi vers les trois heures. C'est une vie passée entre la cuisine et l'Internet, parfois les deux en même temps. Une existence en html, à scruter des virgules, des guillements, des perluettes, à surchauffer un salon, à assécher des cactus, à humidifier des plantes grasses, une alimentation presque exemplaire, qui le serait en fait si elle n'était pas si rare, un nombril pas vraiment creux. Je ne suis plus gros. Je surveille mon apparence. Et les virgules chantent la liberté.

Je vous voudrais tous saouls. Je vous voudrais tous en train de me lire. Je voudrais que vous soyez tous mes amis pour la vie.

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Pensée vagabonde #00110

mars 01, 2008

Les gens ne prononcent jamais les traits d'union. J'en ai assez.

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La cuvée des patriotes

mars 01, 2008

« Désolée de vomir sur votre beau pays », dit la vieille dame, courbée à l'aéroport au dessus d'une flaque orange et mouillée.

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