J'ai bypassé tout le monde à sept heures et quart. J'étais fier. J'étais pressé, pas question d'attendre le départ de 9 heures et demie. Même trouvé le temps pour de la bouteille d'eau au dépanneur du terminus et pour un passage au bureau de change. Dans la file d'attente au quai numéro un, la madame chinoise m'a regardé avec des yeux méchants. Elle en savait trop. Je l'ai laissé passer, des fois les madames m'intimident. Je ne voulais pas causer esclandre, scandale, hauts cris, surtout qui est pas wuiteure.
Parmi les derniers à monter à bord, je me retrouve dans le bus assis à côté d'elle. Moi côté allée, elle côté grosse vitre. On est en Greyhound et ça roule, comme la roue qui fait tu-tu-tu-tu-tu-tu-tuuuu à The Price is Right. Sitôt passé les douanes, voilà qu'elle dort, cachée sous son trop grand chapeau. Avant d'avoir vu Plattsburgh, le bus aura failli trois fois, tombé en panne sur des rues froides, entourées de maisons tristes, petites, vaguement délabrées. Je regarde par le châssis, je regarde housse que ces gens-là restent, pis je me demande c'est quoi l'affaire. Le bus se traîne jusqu'à son arrêt suivant.
À Plattsburgh, à me faire arroser par des voitures. Ça prend une heure et demie pour attendre la relève. L'autobus parti de Montréal meurt dans un stationnement, entre deux buffets all you can eat et un magasin qui vent des chaises roulantes.
La dame se réveille sous son chapeau, elle comprend rien. J'aide, je lui rends service, lui explique la chose. Elle a l'air désemparée. Elle a un accent, je me demande si elle a aussi un dépanneur. Je redeviens le mâle alpha que je veux être, dans mon grand effort de grand imparfait. On s'approche du dessous du bus et je vais chercher son sac rouge au fond du compartiment. Je lui remets son bagage. Je suis devenu un être de confiance pour les inconnu(e)s de toutes les nations.
On l'a perdu quelque part, ben avant New York. Je devais dormir dans l'autre bus brun, celui avec du tapis au plafond qu'ils ont emmené en relève du premier.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Mois de déprime lancinante et pénible : 4.
Aller-retour Montréal-New York : 129$
Deux nuits à l'hotel : 89$
Torcher un survivant de l'holocauste aux échecs : ça n'a pas de prix.
En pause. De retour très bientôt. En version repensée. Plus authentique, plus amusante, plus volubile, plus inspirée. Améliorée.
En attendant, prenez-vous donc une bonne saucisse :
Lien : Hot Dog Prank.
Enfin disponible : l'hybride tant attendu entre le Pogo Ball et le Garden Claw.
Faites-en l'essai ce printemps !

— Comme quoi les grands esprits ne se rencontrent pas toujours
— Si les grands esprits se rencontraient trop, les pôles fonderaient.
— Est-ce que tu penses qu'il y a des aimants cachés sous la calotte polaire ?
— Il y a des amants cachés sous la calotte polaire. D'où l'importance d'éviter les rencontres de grands esprits pour de ne pas la faire fondre, et laisser à ces êtres leur intimité. L'humanité a choisi l'amour, plutôt que l'intellect. L'être humain a choisi de suivre son cœur, plutôt que sa tête.
Bêtisier : notre homme découragé soulève les passions (et non les compassions).
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Une réflexion impromptue sur la mort, en compagnie de notre artiste invité cette semaine, nul autre que le Dalai Lama du calembour honteux :
Philémon dit : (22:23:23)
Ma foi, l'émotion m'éteint
Frederic dit : (22:23:48)
« Éteignez-vous en grand » —Urgel Bourgie
Frederic dit : (22:24:00)
« Mourrez plus haut que le cul » —Urgel Bourgie
Philémon dit : (22:24:01)
ahahahah
Frederic dit : (22:24:08)
on est dû pour des campagnes plus agressives de la part de nos entreprises de pompes funèbres
Frederic dit : (22:24:13)
«CRÈVE » —Urgel Bourgie
Philémon dit : (22:24:16)
« On va prendre un ver à votre santé »
Frederic dit : (22:24:19)
« Die... or die »
Frederic dit : (22:24:28)
« Mieux vaut mort que jamais »
Frederic dit : (22:24:41)
« Une dernière BIÈRE pour le voyage »
Philémon dit : (22:24:42)
« Prenez une BIÈRE. On insiste »
Frederic dit : (22:24:46)
hahahahahah
Philémon dit : (22:24:55)
Ça va mal, on vient en même temps
Frederic dit : (22:25:09)
« Linceul au monde ? »
Philémon dit : (22:25:12)
« Ameublement Machabbée, c'est pas juste pour les vivants »
Philémon dit : (22:25:42)
« Urgel Bourgie : notre buffet froid se prénomme Ginette cette semaine »
Frederic dit : (22:26:38)
« Urgel Bourgie: Vous ne TROUverez pas mieux... Plus abordable que ça, tu meurs »
Philémon dit : (22:27:21)
ahahaha
Frederic dit : (22:27:41)
« Le service est tellement bon, que vous voudrez revenir »
Philémon dit : (22:27:54)
« Amenez votre famille. On insiste »
Frederic dit : (22:27:55)
« Pleureuses en sus »
Philémon dit : (22:28:05)
« Nos pleureuses sucent »
Philémon dit : (22:28:16)
fallait la faire
Philémon dit : (22:28:45)
« Notre organiste joue de tous les organes »
Frederic dit : (22:28:56)
« À deux pas de l'urgence »
Philémon dit : (22:29:14)
« On vous vide de vos fluides pendant que vous attendez »
Frederic dit : (22:29:21)
« Embaume mentir qui vient de loin »
Philémon dit : (22:30:02)
AHAHAHAHAH
Philémon dit : (22:30:09)
je ne peux pas battre ça
Philémon dit : (22:30:15)
c'est excellent
Philémon dit : (22:30:44)
« À deux pas de l'éclisse »
Frederic dit : (22:31:19)
« Urgel Bourgie : la facture sera le dernier clou dans votre cercueil »
Philémon dit : (22:58:50)
« Urgel Bourgie : tu parles d'une tête brûlée »
C'est sûr que si Julien Clerc avait appelé sa chanson « Cœur de dentiste », ça n'aurait pas eu le même effet.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?En voilà déjà deux de tombés au combat. Première semaine de février et, mine de rien, je viens d'égaler mon meilleur score, celui d'il y a deux ans.

« It is such a joy today when I am closing my performance and closing my days of life, when I am hearing all these beautiful realities of all successes on the basis of which we have built up Invincibility to be the perpetual phase to be lived in life. »Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?
Vendredi dernier, j'ai fait l'achat de nouveaux verres de contact, petits objets sphériques et révolutionnaires qui changent des vies vers les quatorzièmes années, afin de les substituer au port de ces grosses lunettes noires que je porte depuis décembre 2006, suite à l'incident des yeux qui en provoqua l'achat précipité, achat perpétré au péril de mon existence puisque je dus cheminer avec force tâtonnements jusqu'à la lunetterie, myope comme un pape mais heureusement bien accompagné. Ce fut ce jour-là que fut révélée à moi à travers le brouillard de ma vision faible la raison d'être et la grande utilité de ces lignes orange, peintes sur les marches des escaliers du métro, et qui sont dans la nuit des repères tel le poitrail du caribou qui guide à partir des rives du St-Laurent les bateaux chahutés par les tempêtes et les vents.
Aujourd'hui, c'est l'histoire que je vais te raconter à toi lecteur, lectrice, assoiffé, assoiffée, de détails sur la vie de gens que tu ne connais pas mais qui t'intriguent de par leur impudeur à exposer les détails insignifiants de leur vie et à en faire tout un plat comme un cuisinier cambodgien qui s'ennuie le soir.
Je rentrai donc ce vendredi après-midi, premier du mois, avec derrière la cravate une complète semaine de travail que je me promis bien d'être la dernière. Je rentrai dans un flagrant état d'inertie (le contraire d'ertie), conséquence normale d'avoir été inerte tout ce temps... mais nous reparlerons un jour de tout ceci, du fait de rester des semaines de 40 heures à digérer, ruminer, macérer dans son bureau sans savoir quoi faire et se tourner les pouces, lancer vers le mur des élastiques réels, des balles rapides imaginaires, des changements de vitesse virtuels sur des cibles invisibles, par manque d'occupations corporatives et par manque de volonté d'en trouver par soi-même. Oui, je t'en reparlerai un jour dans le détail, car c'est de cette façon que nous pourrons toucher à un point majeur du développement humain et du développement socio-économique de l'être humain que tu es, que je es, que nous sommes (c'est toi, c'est moi, c'est nous autres), de cette façon que nous toucherons à ton/son rapport à l'art, au beau, à la création et aux raisons d'être(s).
Et nous aimons toucher, n'est-ce pas ?
Devant le miroir de ma salle de bain, il y a un visage que je ne suis, soudainement, plus capable de voir. Il y a des grosses lunettes comme Elvis Costello. Je pars au centre-ville vers les vingt heures pour procéder à un achat, et je ressors de la boutique avec aux yeux deux sphères révolutionnaires en silicone hydrogel et une vision du monde, de la ville, de notre bout du nez, qui tourne et qui fait tourner des gens sur des trottoirs impraticables.
Mes mains, mes doigts sont devenus énormes. La lecture que j'essayais de lire dans le métro en rentrant vers l'est était plus grosse entre mes doigts que celle que je tenais en allant vers la ville, et dans les pages de la lecture le blanc est devenu plus blanc que le blanc des yeux et le noir est occupé à présenter des lettres plus grosses que celles d'avant, des lettres comme des néons qui ne brillent que par leur présence intimidante. La ventre bombé du métro est devenu une voute oppressante qui se courbe et se tord plus enceinte que jamais. Il pleut des foetus dans les sous-terrains.
Devant le miroir de ma salle de bain, mes yeux sont plus grands, les cernes sous ceux-ci plus larges, plus bas, plus gris. Mon front présente une superficie plus importante et j'y envisagerais de l'agriculture si ce n'étaient de ces boutons plus gros, plus apparents et plus rouges encore. J'ai davantage de rides dans les commissures et je regarde le portrait qui réfléchit comme si je ne m'étais pas vu vieillir, pas vu changer ces quatorze derniers mois.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?La barbotte a vu son ombre.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Annie aime les chaussettes.
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