Voici le quatrième des 7 extraits de « Guide d’introduction aux rapports entre les êtres humains avant la guerre avec la Corée du Nord », une grande histoire commencée à l'été 2006.
(Liens vers l'extrait #1, l'extrait #2 et l'extrait #3).
J’aime la pensée de elle et de moi. Nous allons bien ensemble, les apparences, c’est du sérieux, c’est de l’importance. C’est de l’esthétisme. Un couple, deux personnes de plus ou de moins, ça n’a pas grande importance intrinsèque. C’est juste que ça peut faire joli, quand ces braves gens gardent leurs disputes, leurs mésententes et leurs querelles intestines pour eux-mêmes, pour l’intimité de leur foyer, et ne montrent en public que ce qui est joli et esthétique.
(...)
Quand je pense à elle et à sa compagnie, je me mets furieusement à aimer l’idée des grands événements, des grandes sorties, des grandes occasions en public. Et il y a quelque chose qui chauffe en-dedans de moi, de la moutarde qui me monte à la tête, j’en deviens jaune de plaisir et d’anticipation. J’aimerais accompagner mademoiselle quand elle recevra son prix Nobel de la paix, je serai fier de dire L « J’accompagne mademoiselle la lauréate, je suis son cavalaier, son escorte, je suis avec elle ». Et le monde entier l’admirera et je penserai, et je direrai aussi, que depuis longtemps, bien avant cette récompense mondiale, universelle et immortelle, bien méritée, elle était mon prix Nobel dans mon coeur à moi, et que si l’humanité sait maintenant combien grande elle est, elle ne sait pas à quelle point elle est un prix Nobel de beauté lorsqu’elle ouvre les yeux le matin, et que j’ai l’honneur d’assister à ce spectacle, plus beau que tous les jours de la Libération du monde.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Voici le troisième des 7 extraits de « Guide d’introduction aux rapports entre les êtres humains avant la guerre avec la Corée du Nord », un manuel de bienséance incomplet commencé à l'été 2006.
(Liens vers l'extrait #1 et l'extrait #2).

« Si ça ne fonctionne pas, alors je pars. Je ne reviens jamais. Vous allez me perdre ». C’est une autre des choses que j’ai dites à Pierre. Je le pensais, certes, mais il y a autre chose, il y a même plus : ça me faisait plaisir de le penser. Ça ajoute un plus-value d’aimer penser ce qu’on dit penser. J’aime bien lancer des ultimatums, que ce soit à moi-même ou aux autres, ou dans le vide. Si j’étais un dictateur, je lancerais aux autres pays des ultimatums, constamment, sous peine que sinon ça va barder. Je lancerais des ultimatums pour que les autres dictateurs quittent le pays avec leurs fils dans les quarante-huit heures et que ça saute, sous peine de bombardements terribles.
Beaucoup de gens se retrouvent avec des personnes qu’ils n’aiment pas vraiment. Ils aiment surtout se retrouver avec des personnes; ils aiment avoir l’impression d’être en amour. Ils aiment s’accoupler, pas dans le sens sexuel du mot mais dans le sens routinier. Ils aiment regarder des films et aussi avoir à demander la permission pour prendre une cuite. Ils aiment être culcul. Moi j’aime les ultimatums.
« Partir, ce serait l’occasion de changer de nom, peut-être ? De ne plus jamais revenir... Je vais passer tout le reste de ma vie à attendre au bord de l’eau pour qu’un tsunami passe, et ensuite ce sera la fin ».
Je dis ça à Pierre parce que j’ai la chienne. Avoir un plan B, c’est toujours rassurant.
Il y a aussi truquer sa propre mort qui peut être un plan B. C’est un autre genre... Ça peut faire partie des plans B envisageables, ouais... Sauf que c’est plus compliqué, surtout si l’on change d’idée après un temps. Dans ces cas là, il faut truquer sa résurrection si l’on veut revenir. Et c’est du trouble. Bien du trouble. Les gens sont éplorés, et ils peuvent nous en vouloir tellement de les avoir trompé en leur faisant avaler notre fausse mort, que cette colère pourrait être plus grande que l’affection qu’ils nous portaient. Alors ils cesseraient de nous parler, et ce qui serait bien embarassant de constater c’est que, en fin de compte, ils ne nous aimaient pas vraiment. Sinon, je veux dire, ils nous passeraient la fantaisie de truquer notre mort. Ils ne nous passeraient pas des ultimatums.
Pourtant, il y a des nécéssités dans la vie (ou la mort) d’un homme. Il arrive un moment où un individu doit se lancer un ultimatum à lui-même plutôt qu’au vide. Or, parfois cette nécéssité, c’est d’en arriver à ces solutions. Pierre, constatons-le, ne veut pas parler de ce sujet. Trop abstrait pour lui, trop hypothétique. Mais pourtant ! Rien n’est plus vif comme sujet. Il y est question de la situation suivante : plutôt que de ressentir de l’amour et de l’amitié pour une personne spécifique, est-il anormal et inhabituel que plusieurs préfèrent le confort d’avoir des amis, la possession d’un réseau de tissu social, d’une factorie de tapis d’humains ? Ce sont des choses comme ça. C’est fréquent. Ça désangoisse. Ça aide à ne pas regarder l’amour en face, parce qu’il est terrorisant. Quand est-il temps pour un homme de faire un homme de lui et de ne pas manquer le bateau ?
Juillet 2006.
À suivre...
Voici le second des 7 extraits de « Guide d’introduction aux rapports entre les êtres humains avant la guerre avec la Corée du Nord », un genre de guide Michelin pour les visiteurs de l'espace, dont la rédaction a été entreprise à l'été 2006. Cet extrait est un petit peu plus long, mais on est en vacances, on a tous le temps.
(Lien vers l'extrait #1).
Bizarroïdement, je commençai à faire de grands projets de grandeur, moi qui ne projetais plus rien et qui ne projetais même pas de projeter quoi que ce soit avec la gent féminine. Soudainement, c’était comme si je ne pouvais plus compter seulement sur mon apparence physique et ma tenue vestimentaire pour faire bonne impression. Il fallait que je sois quelqu’un de grandiose. Il fallait que je sois quelqu’un à la hauteur, et la seule pensée que je pouvais faillir, ne pas être à la hauteur de cette femme, pensée que je repoussais en-dedans, me terrorisait. (...)
Aussi, je me demandais si, un jour, à force de voir les mêmes grains de beautés aux mêmes emplacements sur le même corps humain de femme tout le temps, on ne vient pas un peu à ne plus remarquer, à trouver moins belle la beauté du corps autour du grain, à moins aimer le grain de beauté lui-même, le considérer tout à fait anodin.
Bref l’attrait ne s’évanouissait pas, ne passait pas, ne disparaissait pas, ni dans un sens ni dans l’autre, malgré les mois qui eux passent tout le temps, et je me posais des fois comme question si, de son côté à elle, ce n’était pas que l’attirance physique qui la faisait m’inviter tout le temps à aller la voir.
Mais je me plaisais à croire que non, parce que des fois, pour rien, elle me regardait avec de drôles d’yeux, pas le genre d’yeux que le monde regarde autrui avec, et pas le genre d’yeux qu’elle utilise pour voir des objets.
Encore bien moins la paire d’yeux que prennent les gens, n’importe qui, n’importe quelle autrui, pour m’observer ailleurs, dans le grand monde, ou dans la file d’attente au marché.
Je me posais des questions sur ses yeux là, à elle. Mais je ne posais pas de questions à elle, au sujet de ses yeux. Parce que je ne connaissais pas la réponse et ça m’angoissait.
En règle très générale, quand une personne pose très directement une question à la face d’une personne qui est autrui, cet autrui doit rétorquer, sinon ça fait un trou dans le continuum question-réponse qui est la base d’un échange entre deux êtres vivants non-décédés. Il y aurait eu réponse; j’angoissais de la réponse. J’angoissais de l’entendre me dire qu’elle ne m’aimait pas, j’angoissais de deviner un mensonge ou pire, un bien-flou.
J’angoissais, de ne pas croire autant que de tout gober, même gober tout rond une vérité toute nue, dite sur l’oreiller par une personne toute nue, une réponse entrée dans l’orifice duveteux de mon oreille, sur l’oreiller, l’oreille de mon moi nu poilu étendu à côté de son soi, à elle, nue, avec un orifice duveteux.
Mais il y avait mieux : grâce à elle, mon coeur que je disais de pierre, et que je présentais comme tel à toutes les filles, fondait et fondait et fondait, en plein juin, en plein août, en plein juillet.
Le sentiment que je m’attendais, cynique, à voir partir d’un jour à l’autre, me collait après et me rendait rempli de joie. Mais en même temps, j’avais une peur de ne pas être assez grand pour toute sa grandeur, ses cinq pieds quelques tout lisses qui étaient pour moi tout ce que je n’avais jamais osé vouloir.
Juillet 2006.
À suivre...
Voici le premier de 7 extraits de « Guide d’introduction aux rapports entre les êtres humains avant la guerre avec la Corée du Nord », un manuscrit abandonné, puis repris, puis abandonné encore, mais jamais oublié. Il a été commencé à l'été 2006.
Soudainement, j’étais devenu incapable de prononcer la moindre parole.
Moi qui étais habituellement, par le passé, si bavard sur mes rancarts, mes rencontres, mes affaires et mes épisodes, sur les vertus et les psychopathies de toutes et de chacune, je me retrouvais barré, bloqué, silencieux, stoïque, avec la grande envie de tout balancer au premier venu, au premier quidam passant, lui avouer tout ce que j’étais en train de vivre.
L'envie de parler, de déballer tout, durait toute la journée, mais se montrait toujours plus forte dans les après-midis qui suivaient les matins tôt où nous nous étions réveillés ensemble. Mais je ne disais rien, tout se bloquait, je gardais tout en dedans, j’étais comme une bombonne de propane qui voulait se faire plus grosse que tout et incendier le monde entier, faire exploser le quartier et les galaxies à côté.
Tout cela se comprimait, restait en-dedans. Je ne disais rien et attendait que ça passe, que le sentiment se recroqueville sur lui-même, fasse ce que tout sentiment fait, c'est à dire qu'il se dissolve comme le sucre dans un café.
Mais, manifestement, rien de tout cela ne se produisait. Je n'osais toujours pas avouer.
À ce moment-là, une grande canicule frappa la ville. Elle frappa au moment où j’étais le plus fièvreux, où ma fièvre avait atteint un niveau dangereux. J’étais une rivière au seuil du débordement. Je surveillais mon lit.
À ce moment là, je me réveillais le nez dans sa clavicule trois fois par semaine plutôt que deux, j’en avais une chienne incroyable quand j’y repensais plus tard, les autres jours, bref quand j’étais seul, et chacun de ces trois matins par semaine, elle était en sueur, j’avais les narines pleines de toutes les perles d’eau salée qui sortaient de son corps.
À ce moment-là, l’été se pointait à peine et j’étais la grande canicule qui frappait la ville.
Au supermarché, lorsque je filais jusqu’à la caisse, je fixais les jambes des filles en jupe pour les comparer aux deux siennes, dont je gardais l’image dans ma tête. La courbure, l’ondulation, le muscle du mollet, les écorchures, les piqûres d’insectes, la sueur de la peau, sa couleur, sa tendaison, sa parfaite lissitude.
Et à tous les coups elle gagnait, sans le savoir, sans être là pour savourer son triomphe.
(07/2006)
À suivre...

Il y a des points tournants dans une vie. En juillet 2006, j'ai commencé à écrire le document ci-haut, seul dans ma cuisine. J'habitais à l'époque dans Centre-Sud, sur la rue Cartier. Dès le lendemain matin, j'ai repris le travail sur la terrasse du Starbucks, coin St-Denis et Ontario. En trois jours, le manuscrit avait atteint 13 mille mots. Puis d’autres mots se sont ajoutés au cours de l'année et demi qui a suivi.
L’été 2006 a marqué un point tournant dans ma vie. Et quand je me suis mis à écrire ce dont je parle aujourd’hui, tous mes efforts des années précédentes s’en sont trouvé justifiés. Sans « Guide d’introduction aux rapports entre les êtres humains avant la guerre avec la Corée du Nord » (pour le moment inachevé), je n’aurais pas deux recueils de nouvelles publiés à ce jour.
Sans vouloir être, loin de là, présomptueux, « Guide d’introduction aux rapports entre les êtres humains avant la guerre avec la Corée du Nord », c’est mon grand oeuvre, c’est mon « SMiLE » à moi. En espérant que ça ne prenne pas 37 ans pour le finir... Je fais tout en mon pouvoir pour que ça se termine bien.
De tout ce que j'ai écris jusqu'à maintenant, c'est ce qui me tient le plus à cœur et c'est ce qui est comme-genre le plus beau. Puisque c’est ce que je crois avoir produit de mieux (même si ce n'est pas fini), que je suis en vacances et épouvantablement déprimé ces jours-ci et que je réfléchis à des moments plus glorieux, j’ai décidé d’en publier ici, à partir de demain et au cours des jours qui vont suivre, 7 extraits.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?S'inscrivant dans une logique de désinternettisation progressive :
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?To dream that you are choking on an object, suggests that you may find some advice/remarks/situation hard to swallow or difficult to accept. In particular, if you are choking on food, then it may be an expression of self-guilt and unnurtured feelings.
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Voici un conte de Noël, Carole. Au rayon des bonnes nouvelles de votre marché d'alimentation favori : lundi matin, 24 décembre, vers les 7h30, je détourne par le guichet avant d'aller travailler (dernière journée avant huit jours de vacances). Le guichet m'apprend qu'il ne me reste que 10 dollars, précisément, et refuse de me laisser piger dans un découvert dont j'avais grandement besoin pour les deux prochaines semaines. Du bureau, coup de fil à la banque : rien à faire, vous aviez un découvert temporaire, on l'a enlevé, c'est pas juste vous, c'est la même chose pour tout le monde, joyeux Noël chez vous, pareillement madame.
Dix dollars dans mon compte jusqu'au 4 janvier. On peut y ajouter une poignée de change totalisant quelques 2 dollars 45, et quelques cannettes vides qui traînent sous l'évier, pour un ou deux dollars de plus. Ça ne pouvait mieux tomber : c'est le temps des Fêtes et il est encore moins compliqué que d'habitude d'aller jouer les pique-assiettes chez les gens et se glaner une lasagne ou un bon ragoût ici et là. Du reste, je suis trop déprimé ces temps-ci pour être capable d'ingurgiter trois repas par jour, donc parlez-moi d'un bon timing. Et parlez-moi d'une banque royale.
J'ouvre un compte dans une autre banque. La demande est faite. Mes paies y seront déposées à l'avenir. Plein de cul d'la Royale, qui pourtant m'avait donné un excellent service les rares fois en six ans où j'avais eu à les déranger. Mais ça, c'était avant la dernière année. C'était avant que je ne décide de m'attaquer à de vieilles dettes qui traînent et qui traînent. Quand je suis allé les voir pour leur demander un peu d'aide, on m'a collé un rendez-vous avec un type qui s'est pratiquement moqué de moi, m'a soumis mille idées pour ma retraite (yeah right, j'ai pas encore 30 ans et j'ai pas d'enfants, chose), m'a suggéré de postuler pour un emploi à la banque (WTF?)... et je suis ressorti aussi ruiné que je l'étais.
Neuf mois plus tard, rien n'a changé. Ni ma situation financière, ni le fait que je n'aie toujours pas d'enfants, chose.
Directement de ma maison, j'écoute les chiens du voisin japper pour rien, et je m'occupe aux choses du bel esprit (c'est-à-dire penser aux mêmes choses over and over again et être déprimé) en buvant du thé. Il devrait y en avoir assez. Des pleines théières. C'est donc ça qu'on va faire. Si jamais on sort, on n'aura pas d'argent pour le bus et on marchera. C'est pas comme si on avait une place où aller de toute façon.
Là, je suis plein de résolutions pour me sortir de ma marde (le côté financier de ma marde, s'entend) et c'est bien plate parce qu'une fois crinqué à mettre de l'argent de côté, je n'ai plus rien sauf un dix. Truquer sa propre mort, ça rapporte combien déjà ?


* Annonçons mes gogosses, d'entrée de jeu. J'avais promis un second recueil de nouvelles pour l'automne. Ceux qui se sont procurés le Tome #1 ont sans doute lu ça, écrit en tout petit, à la dernière page. Techniquement, j'ai respecté ma parole... de justesse, puisque j'ai annoncé le Tome #2 à la dernière journée de l'automne.
La couverture est vraiment belle je trouve.
Réservez votre copie dès maintenant en m'écrivant. Pour les commandes directement sur internet, ce sera après le Jour de l'An. Et le bouquin devrait se retrouver en librairie à peu près en même temps. Je vous tiens au courant. Le tome #3 est bien en route, en passant... J'avais dit (ou écrit) un jour, ici ou ailleurs je ne sais plus, que lorsque je commencerais à publier des trucs, je n'arrêterais plus. Eh ben, c'est là qu'on est rendu.
* J'aime les revues de fin d'année. Je suis comme ça. J'aime les dates. J'aime millésimer les faits divers, les grandes émotions politiques, les expoits sportifs et les publicités de Nouilles & Sauce de Lipton (côte à côte). J'aime quand on compte nos morts. J'aime quand on se rend compte que ces événements qui avaient l'air d'une pertinence capitale pour ceux qui fabriquent l'actualité se sont en fait, preuve de leur importance toute relative, dissipés plus vite que pet de jument (ça, c'est de la poésie zen, chose).
J'imagine que je devrais faire la mienne, aussi, de revue de l'année. C'est cliché, mais à moins de dix jours de la fin de décembre, j'ai déjà bien en tête une liste de trucs qui traînent et qu'il va me falloir régler dès le début janvier (payer des dettes, investir dans des trucs, finaliser des projets).
Je pense que je vais devoir bloguer ma revue 2007, dans les prochains jours. Aussi bien en profiter pendant que je suis tout seul à la maison à ruminer mon bonheur d'être tout seul. Dans un exercice de désintoxication de mon esprit... L'avez-vous fait, vous autres ? Ç'a tu marché ? 2007 est comme la meilleure et la pire année de ma vie en même temps. Je ne pourrais pas être plus mélangé. Je reviendrai là-dessus aussi...
* Se masturber à domicile n'est pas un délit ! Profitez-en !
* En terminant, bon temps des Fêtes. N'oubliez pas de manger peu, mais mal.

Me voilà seul à la maison jusqu'au 15 janvier, et dans quelques heures je serai en vacances pour huit jours. Je m'apprête à passer un autre Noël tout seul, comme un grand. Tout seul en partie parce que je le veux bien, en partie parce que j'ai couru après, en partie parce que c'est juste comme ça, la vie en ayant voulu ainsi gratuitement, sans raison. Les radiateurs sont poussés à leurs limites, dedans. Et dehors, il ne fait même pas froid.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Se tailler les ongles avec un coupe-ongles... à l'épicerie.
Je sais pas pour vous, mais je trouve pas ça particulièrement appétissant au dessus des fruits et légumes.
Active, désactive, active, désactive. Je suis assez ambigu par rapport à l'utilité réelle de Facebook. Quand je me suis inscrit là-dessus au printemps, j'ai déchanté un peu en voyant que c'était surtout efficace pour reprendre contact avec des amis disparus depuis l'enfance, des gens avec qui on a étudié au secondaire... bref, des gens que je ne tiens absolument pas à revoir, et dont le présent, le travail, la famille, les enfants, m'indiffèrent totalement. Éventuellement, après avoir perdu suffisamment de temps à rafraîchir ma page trente fois par soir, à répondre à mes messages et regarder les photos de gens que je ne vois jamais, j'ai décidé de fermer le tout.
Après un sevrage de six jours, j'ai réactivé mon compte hier. Bien sûr.
La période d'abstinence s'est bien passée quand même. Je devrais désactiver mon compte à nouveau dans un futur rapproché... pour revenir la semaine suivante.
J'imagine qu'en persévérant, je vais finir par trouver à quoi ça sert de savoir qu'une telle s'ennuie de son chum, qu'un autre part sur la Côte-Nord, que celui-ci à mal aux cheveux et celle-là au bas du ventre. Je m'inclus là-dedans, mes status updates ne sont pas plus pertinents et pas moins agaçants par leur nombre que ceux du voisin. Et je n'aborde même pas la question des mille invitations à ajouter des applications sans intérêt réel.
Jusqu'à maintenant, tout ça a causé plus de trouble et de drames idiots que d'autre chose. Je me comprends. Je reviendrai là-dessus un jour... Ou peut-être pas.
Comme pour Facebook finalement.
Disponible seulement par la poste pour le moment. Pas cher, pas cher. Dix nouvelles nouvelles.
Pour réserver votre copie : info@rappaz.net
« Nouvelles, tome 1 » est toujours disponible aux endroits suivants :
- Galerie & Boutique Headquarters, 1649 rue Amherst, Montréal.
- Volume, 277 rue Ste-Catherine Est, Montréal.
- Sur internet.
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Cette année, à Noël, blessez grièvement les vieilles tantes et traumatisez la nouvelle génération avec : Dance Dance Revolution, édition spéciale Soirée canadienne.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Au cours d'une conférence sur le baillement et ses effets contagieux, prononcée à la presitigieuse université d'Oxford, en Angleterre, le professeur Robert Provine a pu constater, dans un premier temps, le bien fondé de ses théories... et, dans un second temps, douter de ses qualités d'orateur.
Observant la foule baillant à qui mieux mieux dans l'auditorium, le professeur aurait soudainement lancé : « Cou' donc ! C'tu moué qui est plate ? »

Je l'ai toujours dit : un jour, je serai cité aux côtés de mon idole Jean-Luc Mongrain, et ce jour-là, ce sera pour avoir eu comme argument principal « Ben bon pou' toué ! »
rappaz.net : un bon exemple de glissement de sujet.
Glissement de sujet, je ne peux pas vraiment dire le contraire...
(Via Steve Proulx sur Voir.ca).
L'erreur numéro un est de parler français et d'être né dans un endroit trop étroit. L'apprentissage de nouveaux langages et de nouvelles manières de communiquer ne vient jamais corriger la calamité numéro un de notre liste.
L'erreur numéro deux est d'être incapable d'inventer de belles histoires.
L'erreur numéro trois est qu'une machine à enregistrer les rêves n'a pas encore été inventée, ne venant pas résoudre le problème numéro deux.
L'erreur numéro quatre est une obsession de la perfection qui se heurte chaque jour à la nécessité d'accepter l'imperfection comme une réalité incontournable de la vie.
L'erreur numéro cinq est de devoir se lever tôt.
Le réseau de télévision TQS est sur le bord de la faillite, apprenait-on aujourd'hui.

J'aimerais saisir le prétexte pour m'emballer un peu et crier la mort de la télévision, ce médium que j'estime bien peu et que je n'ai guère daigné considérer depuis la disparition, en 2000, de La fin du monde est à 7 heures, justement proposée par TQS. Et aussi vagabonder un peu autour du sujet en admettant d'emblée ma mauvaise foi vis-à-vis les anciennes technologies.
Mon attitude condescendante envers la télévision québécoise vient surtout de la flagornerie dont on fait preuve, là et aussi ailleurs (principalement en ce qui concerne la musique) lorsque vient le temps de vanter nos produits bien de chez nous. La télé au Québec, on aime ça. On aime nos artistes, on aime nos védettes.
Ce n'est pas la devise « Je me souviens » qui devrait être inscrite sur les plaques d'immatriculation de nos voitures, c'est « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ».
Et tout le monde en parle, qu'on est donc beaux et donc gentils. On se défoule bien de temps à autres sur quelques têtes de turc : Jean-Marc Parent à l'époque de son Heure JMP, Caroline Néron récemment, quand elle s'est mise à chanter; mais pour le reste on ne questionne jamais la pertinence des védettes que l'on se crée. Et si le bon peuple le fait, l'on n'en voit pas les échos dans nos médias, preuve selon moi qu'ils font chez nous un bien mauvais travail puisque, à mon sens, les médias doivent refléter la réalité dans laquelle ils existent et évoluent.
La musique au Québec est, règle générale, à chier. La radio commerciale sclérosée, en grande partie par des quotas de musique complètement ridicules. La télé ? On se bombe le torse avec des chiffres d'audience astronomiques que l'on questionne trop peu. Jamais on ne fera croire qu'un pourcentage aussi démesuré de la population québécoise est branchée devant sa télévision pour écouter Occupation Double ou l'autre, Loft Story (ou La Petite Vie, si on retourne dans le temps). Il y a quelques six millions de francophones dans cette province, comment 4 millions et demi de gens pourraient-ils être barricadés dans leur logis, assis dans leur salon, à synthoniser au même moment, de Gatineau à Havre-Saint-Pierre, la même maudite émission ? Vous avez pas de la vaisselle à faire, quelque chose ? Des emails à répondre, un livre à lire, des enfants à torcher ?
TQS est sur le bord de la faillite, apparemment.
Comment est-ce possible ? Internet.
Vous le savez, je suis un farouche (oui, oui, farouche!) partisan de cet internet qui jusqu'ici ne m'a jamais trompé et n'a failli qu'à une seule chose : me permettre de payer mon loyer (mais c'est un tout autre débat). Et je prêche évidemment pour ma paroisse, moi qui est vendu au côté interactif de la chose (que ne possède pas la télé) et qui ai trouvé ici un moyen d'expression qui me faisait cruellement défaut avant que je ne commence tous ces projets, ce que j'appelle avec grande affection mes internets, il y a un peu plus de cinq ans.
J'ai envie de ne pas faire dans les nuances, consciemment, et de dire : « La télé, c'est de la merde. TQS (ou un autre) est en faillite ? Ben bon pou' toué ! »
Je n'en ai pas contre tout ce qui se fait, ni contre certaines chaînes spécialisées qui offrent, pour ce que j'en sais, des trucs intéressants. J'en ai contre les védettes, le star-system gniochon qu'on a. J'en ai contre le nivellement par le bas, contre l'auto-censure qui pousse le Québec à ne jamais, ou presque, remettre en question la merde qu'il produit et subventionne. On est peut-être trop petit, on est peut-être trop peu. On a peut-être trop peur de faire de la peine à quelqu'un. On voit peut-être trop l'être humain qui bosse en arrière de tout ça et qui écrit, en toute connaissance de cause peut-être, des textes plates parce que c'est ça qui va payer ses bills. Mais c'est pas une raison.
On ne doit plus beaucoup entendre dans les chaumières des « Mon fils passe tout son temps devant la télé, y va jamais jouer dehors ». Je fais partie de la dernière génération qui n'a pas été élevée avec internet. Pour les 15 ans et moins, c'est là que ça se passe, pas devant la télé. Pour les gens dans la vingtaine, dont je fais partie, c'est via ce médium, plus que tout autre (que quelqu'un en pub me corrige si j'ai tort) que la publicité essaie de nous rejoindre.
Je vis dans une bulle, probablement. Mais chaque fois que je passe devant une télé ouverte sur un téléroman quelconque, ou que j'entends Rythme FM (ou un autre) dans la radio chez Pharmaprix, je me demande : qui fait vivre ça ? Qui achète ces produits-là ? Ça doit bien rapporter de l'argent, ça doit ben pogner si on en produit encore et encore et toujours plus. C'est de la faute à qui ?

* Le temps des Fêtes s'en vient, et je vais avoir huit jours de congé consécutifs. Ho ho ho joie. Je vais pouvoir faire comme l'an dernier : être seul à la maison, rester dans la semi-obscurité toute la journée avec les calorifères qui fonctionnent à plein régime, à écouter de la musique country, à ne pas sortir et à me commencer à me paqueter vers une heure de l'après-midi.
D'ici là, je suis bénévole pour écrire des lettres obscènes aux enfants canadiens.
* À Mel qui se disait convaincue que je ne répondrais pas au mème (quel horrible mot, on ne le dira jamais assez) qui circule ses jours-ci : tu as raison, mais partiellement. Non, je n'y répondrai pas... parce que j'y ai déjà répondu il y a un an.
* Parfois je contemple nos actions collectives entre deux épisodes des Kiwis et des hommes, et je me demande : « Sommes-nous des hommes ? »
Non ! Nous sommes des Gargouillis.
* C'est dimanche et il y a un blizzard (je vote pour la réhabilitation de « blizzard », qui a plus d'impact que « tempête »), alors voici ce que tu devrais faire. Oui, toi ! Et toi aussi. Vas-y, fais-le pour toi :

Une couple d'heures à s'abreuver dans Hochelaga-Maisonneuve (H.M.), avec en poche une poignée de change et son téléphone cellulaire.

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Une bonne astuce pour fucker le chien au Dollorama. Acheter une pancarte « Caisse suivante ». La déposer avec ses autres achats sur le comptoir, en attendant en ligne pour payer. Observer la confusion.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Mardi soir. De passage à Montréal, la Commission consacrée aux accomodements raisonnables est, m'apprend-on, diffusée en direct sur les ondes d'Info 690. Ça s'écoute comme un match Canadiens-Whalers à la radio en 1987. Les deux analystes s'en donnent à coeur joie en présentant de temps à autres les « faits saillants » aux auditeurs venant de se joindre au party. Durant les pauses commerciales, un présentateur météo à la voix lente et monocorde vient décrire la neige qui tombe sur le Québec. Les simples citoyens se succèdent au micro, pressés d'en finir avec la lecture du mémoire qu'ils viennent déposer au pied de l'autel de MM. Bouchard et Taylor, présidents de cette farce nationale Commission.
Ouvrez vos dictionnaires à la page « dérision ». Voici les extraits que vous n'avez pas entendus hier soir à la Commission Bouchard-Taylor, alors que nous étions, chacun de notre côté, branchés sur la radio AM :

— Y vient de passer un gars de Québec Solidaire.
— Amer Kadhafi de Québec Somnifère.
— Y'a une Arabe qui commence à chanter au micro pis qui demande de faire confiance à Dieu. No joke...
Un témoignage s'articule difficilement, et on intervient pour indiquer au pauvre garçon que son temps est presque écoulé :
rppz > le gars dit qu'il a peur de perdre sa langue... et il est pas capable d'aligner 2 mots !
CHBT > fuck shit up
rppz > « Vous avez une minute » était la chose à ne pas dire, ça l'a stressé. C'est encore pire.
rppz > il capote
rppz > ça manque de DON'T TASE ME, BRO cette commission-là
CHBT > mets en

— Ben là je m'excuse mais faut pas oublier qui a un gars qui a tué sa fille parce qu'elle voulait pas porter son voile à Toronto ! Aujourd'hui, là !
— J'ai bien aimé comment Cyberpresse a changé le titre de l'article. C'était « Un père aurait tué sa fille de 16 ans »... deux minutes après, le même article était devenu « Tuée parce qu'elle ne voulait pas porter le voile ». Alors qu'il n'y a rien qui prouvait que c'était ça.
al dante > ahhhh merde on manque le meilleur
al dante > une chicane Arabes-Juifs
al dante > Juifs cathos
rppz > heu ?
rppz > la bande de gaza rapplique !
rppz > avec des fiers-à-bras de la région de l'Amiante ?
De retour en studio, où le gars de la météo semble avoir picolé entre un front froid et un anti-cyclone :

Un type, après avoir accusé un Tunisien d'avoir fait de l'oeil à son épouse, déplore le faible taux de natalité des « purs laines » comparé à celui des immigrants :
— « On sait pu comment faire des enfants » ?? Y m'a l'air d'un gars qui a de la misère à satisfaire sa femme.
— Pour moi sa femme va aller voir ailleurs.
— Y veut tu que j'y montre moué comment keussé kon fa ?

CHBT > là c'est un 2ème génération avec un accent québécois
CHBT > yes
CHBT >on partage un beau moment ensemble
rppz > oui
rppz > ses enfants sacrent comme des purs laines, c'est-t'y beau d'entendre ça
— Un de mes amis voulait déposer un mémoire intitulé : De l'incidence des stratagèmes africains dans la société québécoise.
— Haahahahah il l'a pas fait ?
— Il a pas eu le temps, il travaille comme nègre...
— Hahahahaha
— C'est même pas une joke...
— J'aurais dû déposer un mémoire, arriver au micro et dire : « Une fois c't'un Marocain, un Italien pis un Québécois en avion... »
Petite pause pour aller voir son Facebook. Nouveau message :

rppz > il récite Tango de Montréal calice
al dante > WOW
rppz > viens pas nous faire perdre 1 minute de précieux témoignages !
al dante > bin oui...
rppz > maudit pelleteux de nuages
al dante > je vais aller réciter du Denis Vanier
rppz > hahaha mets-en
al dante > Mr. Taylor, la vérité s'est passée le doigt !
La neige continue de neiger, et on continue à avoir des doutes sur les facultés du gars de la météo :

— Quand c'est rendu que des communissssses scorent pour Canadien... Kovalev a marqué, contre Lecavalier et Roy pour Tampa Bay.
— Ça en dit long.
— Nos Québécois nous mangent l'haleine su' l'dos.
— Pascal s'est fait mal en donnant un hi-jab à son opposant.
— Bon je me pousse moi, j'abandonne la Commission des liqueurs Bouchard-Taylor... Bonne soirée dans le coeur de Jésus.
— Merci bien.

* Lettre ouverte des Québécois dits « de souche » contre l'intolérance.
* Même chose, sur Facebook.
* J'ai honte d'être Québécois(e) en écoutant la commission Bouchard-Taylor, sur Facebook également.
* Erouleville : encore plus d'humour fin.
C'est affligeant.
Une autre de mes propositions de série télévisée pour enfants vient d'être rejetée : Le Petit Castrat.
Pourtant ça s'annonçait prometteur. Les aventures du Petit Castrat, le plus petit mais le plus fort : il allait se cacher avec Lily dans la forêt, et ne faisait rien.
Le Petit Castrat : une autre opération délicate réussie de main de maître par le docteur Bouc.
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* J'étais sur les ondes du 98,5 FM à Montréal ce matin, comme invité à l'émission Dutrizac le week-end. On m'y a invité pour parler du site Entendu à Montréal. Vous pouvez écouter le mp3 de l'entrevue en cliquant ici. C'est le septième lien dans la liste des entrevues du 9 décembre 2007.
* Si Entendu à Montréal est mon site qui pogne, le Bêtisier, en ligne depuis bientôt deux ans, est celui que j'estime. Ça tombe bien, car c'est ce qui m'a valu d'être approché pour participer à une émission de télé produite par Zone3, et ayant comme sujet la bêtise humaine. Le tournage a eu lieu mercredi dernier dans une usine désaffectée. On a eu assez froid merci, mais on a trouvé que l'intervieweuse était cute. « Expert en bêtise humaine »... c'est un titre qui me plait assez. Je ne sais pas ce qu'ils garderont des 20 minutes qu'ils ont filmé avec moi, on verra dans l'émission qui sera diffusée à Canal D à l'automne 2008, ou plus vraisemblablement en janvier 2009... La question est : ai-je ou non été game d'y aller sans raser ma moustache ?
* Enfin, pour ceux celui qui se demandaient ce qu'il était advenu de Francis Martin, chanteur pop qui nous donna le sirupeux classique Quand on se donne à une femme d'expérience en 1991 avant de virer fou d'approfondir sa spiritualité et se rebaptiser James K. Field, il a encore changé de nom ! Il s'appelle Kaya et donne des conférences. Comme disait l'autre : chacun sa route, chacun son chemin, rock it n'attends pas demain.
* Et comme disait l'autre (non, pas l'autre qu'on vient de citer, un autre autre) : bonne semaine.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Il y a maintenant un nouvel endroit où mon recueil de nouvelles est disponible : la sympathique Galerie-Boutique Headquarters, située au 1649 rue Amherst, à Montréal, entre les rues de Maisonneuve et Ontario (via métro Berri ou Beaudry).
Allez y faire un tour, ça vaut la peine, c'est beau et en plus ils ont des bédés...
Exil au Rappazhistan, Nouvelles, tome 1 a été lancé en juin. Il contient 11 nouvelles. Si vous aimez le blog, vous aimerez le livre, mais notez bien qu'il s'agit de deux choses différentes et en aucun cas une version papier du site. Bref, de l'inédit. Le recueil est beau, à l'extérieur comme à l'intérieur, et produit de manière indépendante à 100%.

Vous pouvez aussi vous procurer le livre sur internet ou en m'écrivant (je vous l'envoie par la poste, ou je vais même vous le livrer si vous n'habitez pas trop loin de chez moi). Cependant, j'ai remarqué récemment des délais très inhabituels (et désagréables) pour la livraison des commandes faites sur le site, en raison, m'a-t-on répondu, du temps des Fêtes. Si vous êtes intéressés à vous procurer le recueil dès maintenant, je vous suggère fortement de vous rendre chez Headquarters, ou encore à la librairie Volume (277, rue Ste-Catherine Est, Montréal, près de l'UQÀM et du métro Berri) où il est toujours disponible sur la belle table à l'entrée.
Par ailleurs, Nouvelles, Tome 1 en est à sa seconde édition. Le texte est absolument identique, aucun mot n'a été changé, mais j'ai très légèrement modifié la présentation pour que le livre compte moins de pages. Ça ne parait pas beaucoup, mais c'est une bonne chose car s'il y a moins de pages, il est aussi beau mais moins cher à produire... et s'il est moins cher à produire, il peut être vendu moins cher !
Encore une fois, merci 3 ou 4 millions de fois pour votre intérêt et vos bons commentaires. Une cinquantaine de copies ont trouvé preneurs, mais ce qui me fait surtout plaisir c'est que vous avez de très bons mots pour ce que je vous ai offert cette année. Merci ! En ce qui concerne le Nouvelles, Tome 2, la rédaction est terminée, et le recueil en cours de production. Je vous tiens au courant.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?St-Ulric-dans-le-Colorado, Colorado, USA, 2007.—
Dolorès Davidson s'était levée du bon pied mais l'avait changé d'épaule au sortir de la maison. Survivante d’une première tentative d'assassinat perpétrée de travers par les escaliers extérieurs de son immeuble, elle faufila son chemin dans une neige compacte qui se rangeait en banc des deux côtés du trottoir, puis débordait dans la rue. Elle lut dans les empreintes de chenilles à peine recouvertes que la charrue des villes avait déjà oeuvré, et promettait sans doute un retour prochain. Le blizzard tombait; le jour faisait le contraire.
Elle s’engagea en surveillant ses pas, dans sa main une tasse-thermos au bon goût de café, aux narines un parfum de gâteau aux fruits, de lait de poule et de frustration sexuelle. Pas tout à fait réveillée, la tête pleine de souvenirs diffus des rêves perturbants, plus ou moins, qu'elle avait eue durant la nuit, rêves dont elle avait peine à se rappeler avec certitude et dont la signification, se présentant sous de mauvais auspices, n’admettait même pas qu’on l’envisage.
Ushanka Dan réfléchissait au moment où sa vie s’était terminée.
Le nœud dans son estomac se serrait davantage à mesure que l’autobus roulait dans la neige en essayant, pour se frayer un chemin, d’écraser les monticules blancs, les piétons et les écoliers, sans discrimination. Il déglutissait avec peine. C'était comme s'il avait avalé un scout.
Ushanka Dan observait l'oeuvre du vent qui rabattait les neiges dans toutes les directions. En observant les bouts de ville au travers du grand combat, il commençait à ressentir exactement les mêmes choses que dans les rues de Québec, lorsqu’il les avait quittées douze ans plus tôt. Alors qu’il parcourait dans sa Firefly 1989 les différents quartiers, de la haute-ville jusqu’en bas puis dans l’autre sens encore, et trouvait dans chacun d’entre eux de nouvelles raisons de se caresser les veines avec des lames de rasoir.
Au travail, il écoutait la radio FM en se demandant ce qu’il pouvait bien faire dans un cubicule en tapis; pourquoi il y perdait son avant-midi, sa vie et son temps, alors qu’il se passait tant de choses dans sa tête, le dernier endroit sécuritaire dans tout l'Univers.
Sa voisine de droite, une force imperturbable et silencieuse, jamais dérangeante, à qui il rêvait la nuit dans des situations perturbantes, dans des songes d’une autre époque, avec de grands feux et des chars allégoriques, des rêves mixant des gens qui ne s’étaient jamais rencontrés, onanisme onirique et farouchement anticlérical au pays de l’Érable.
Il essaya d'attirer son attention.
— Je suis occupée, lui dit-elle.
— ...
— ...
— Moi aussi je suis occupé, répondit-il. À perdre ma vie et à rêver d’ailleurs...
— ...
— ...
— C’est la température qui te fait parler comme ça.
— Non.
Le regard rêveur, qui rêve dans le néant, il ajouta : « Le temps n’a rien à y voir. C’est un sentiment général, qui ne part jamais. Comme si l’idée d'un ailleurs était harmonisée aux battements de mon cœur et que je n’avais plus besoin de faire d'effort pour y penser constamment. »
Assise toute menue au milieu d'un sofa trop grand pour elle, Dolorès croisait les chevilles. Le corps penché. Ses avant-bras formaient un ixe qui ballotait dans le vide. Elle fixait le tapis.
« Je vis mal avec ce que la société en général, et les individus en particulier, attendent de moi. Et ça me crée énormément d’angoisse. » Dolorès regarda le vague et imaginea un coquillage.
La psychiatre ne répondit rien et but une autre gorgée de son Orangina.
Le gérant de banque avait formellement interdit à Ushanka Dan de tenter quoi que ce soit pour améliorer son sort. Depuis il s’empêtrait dans les mensonges qu’il se racontait chaque jour sur sa capacité à vivre une vie d’intimité. « And you lied to me, and you lied to me... »
Il errait d'autobus en autobus en regardant partout mais ne regardant personne, concentré sur les fourmillements sous son nombril. Comme un chien en rut, haletant, la gorge sèche toute la journée. Une armée de spermatozoïdes casqués comme des soldats allemands de la guerre 14-18 lui lançait des coups de baïonnettes dans l'urêtre. Ça faisait du bruit comme un sextuor d’Illuminatis extatiques et surexcités qui écoutent November Rain en buvant du thé en poche et qui pensent s’acheter chacun un drum même si, collectivement, cela serait contre-productif.
À suivre...
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Parfois, je trouve que certaines personnes me devinent un peu trop :

Pour les curieux, la réponse est : non, je n'y étais pas. Quand même...
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Mon pool de la mort pour 2007 est une catastrophe. Un seul de mes choix (que pratiquement tout le monde dans le pool avait sélectionné, du reste) est décédé au cours de l'année. Mais ce qui fait mal, c'est que je compte deux morts parmi ma liste d'éventuels candidats pour 2008 : l'ancien animateur de L'école des fans, Jacques Martin, et maintenant Karlheinz Stockhausen. Font chier...
Mon record reste deux petits morts et 66 points de classement au death pool 2006.
L'extincteur a disparu de la cage d'escalier au deuxième étage de l'immeuble. J'imagine que quelqu'un a dû le pawner...
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?L'apocalypse revient au Québec. Préparons-nous à fuir en kayak.
Hier, j'ai survécu à une écharde. Que d'émotions. Je reviens de loin. Je comprends mieux ce que des gars comme Saku Koivu ou Lance Armstrong ont traversé.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Depuis vendredi soir, j'ai une boule de mucus qui s'en va et qui revient, et qui se balade dans ma gorge. Depuis ce midi, ça ne veut absolument plus partir et je commence à me demander si ça ne va pas finir par m'étouffer. Ça ne veut pas descendre, ni se laisser cracher. Du reste, je ne suis pas malade, je n'ai pas de rhume... Même l'internet refuse de m'aider en ne m'offrant que peu de réponses, et aucune concluante. Où va-t'on quand même internet nous laisse tomber ?
En attendant, je bois beaucoup d'eau et j'en ai assez, parce que ça ne saoule pas.
Le distingué Xavier K. Richard, nouvellement arrivé dans mon quartier où il fut accueilli par une majestueuse parade (à moins qu'elle n'ait plutôt été destinée au Père Noël), a demandé mon assistance la semaine dernière pour approfondir le sujet qui est sur toutes les lèvres de la nation, c'est-à-dire : l'abus de formules algébriques pour résoudre les mystères relatifs au cycle des mouvements de masse et à l'inconscient collectif d'une société de Cochez-Oui-Cochez-Non.
Ce qui a donné ce texte au titre bien improbable, publié vendredi matin sur P45 : « Heureux d'un algorithme qui me chauffe la couenne », dans lequel XKR et moi-même mélangeons allégrement la politique, la mathématique, la culture populaire, ta mère et l'Paul Piché, la bière d'épinette Marco et les rediffusions espérées du « populaire » jeu télévisé Lingo. Une collaboration pour l'avancement de la science et le plaisir d'essayer d'écrire des essais.
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