
Voilà c'est fait. C'est le jour de mon anniversaire annuel. On m'a exceptionnellement souri à la maison, respecté au travail, et jeté de l'argent dans la rue pour que je me trouve du linge décent. Même Facebook m'a dit bonne fête avant de me voler mes informations personnelles, puis mon âme (et, accessoirement, mon temps et ma productivité).
Tout le monde m'a serré la main; j'ai sûrement attrapé les germes.
Au bureau (où j'ai été accueilli à bras ouverts, chansons, friandises et cartes de souhaits démesurées peintes avec la bouche par les meilleurs handicapés), nous sommes en rénovation ces temps-ci. Les ouvriers en sont à retirer les vieux tapis, et à repeindre un à un les murs. Un bleu foncé et triste semble jusqu'ici devancer une gris-beige calamiteux dans la course à la succession de l'actuel vert-brun foireux.
Profitant de cette journée très spéciale où je croyais bénéficier d'un léger capital de sympathie parmi celles et ceux qui m'entourent quarante heures par semaine, j'ai cru bon d'y aller de ma suggestion : peindre tous les murs du bureau en blanc, avec de grosses lignes noires verticales. L'idée n'a pas été retenue. Pourtant, je la croyais appropriée.
Note à moi-même : ne plus jamais faire preuve de pro-activité dans un contexte professionnel.
Au sujet de notre sujet d'inquiétude de samedi dernier, j'ai reçu ce courriel :
Pot de cornichons : j'ai travaillé avec un gérant d'épicerie (...) qui ouvrait les pots de cornichons, s'en prenait un dans chaque pot, le mangeait et remettait le pot en place avec les autres.
Vrai comme je l'écris.
Tirez-en vos propres conculsions. Moi, je maintiens que la paranoïa a sa raison d'être et qu'il n'en est, à la lumière de ces révélations, que plus probable que des araignées tropicales s'infiltrent dans des marinades vendues en épicerie, marinades dont les contenants ont été mal fermés par des employés malveillants, paresseux et syndiqués. Veuillez transmettre cette information aux deux partis politiques d'opposition ethnocentriques en place pour qu'ils puissent promettre à la populace québécoise de fermer nos frontières aux araignées tropicales qui viennent voler nos jobs, fourrer marier nos femmes et menacer la suprématie blanche en Eruv-ville; puis, question d'exciser le problème à la base, l'Opposition exigera un moratoire de dix ans sur les pots de pickles.
Ce n'est pas parce qu'on aime le pain blanc qu'on pense de la même façon.
(Extrait du futur recueil d'aphorismes « Pensées vagabondes et autres visions du bout du nez » ?)
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?On est peut-être pris avec une série de cartes de Noël non-sollicitées, peintes par les « Artistes de la bouche et du pied »... mais ça aurait pu être pire ! Imaginez si on avait reçu les cartes faites par les Artistes du pied et de la couche.
C'est ce qui s'appelle passer un Noël brun...
Pourquoi certains pots de cornichons sont très difficiles à ouvrir, alors que pour d'autres pots il n'y a aucun problème ?
S'il y en a des plus slacks, est-ce que ça signifie que quelqu'un, dans l'usine, ne fait pas sa job ?
On devrait s'inquiéter davantage des pots de pickles faciles à ouvrir. Des araignées tropicales auraient pu en profiter pour rentrer dedans.
Je ne sais pas si quelqu'un est au courant de ce qui se passe avec l'ancien entraîneur-chef du Canadien, Jacques Demers. Le sympathique analyste à la silhouette d'épicier de quartier, pourtant si alerte sur les ondes du Réseau des sports, a dérapé sérieusement lors d'une récente conférence à la Cité collégiale d'Ottawa. Des images qui laissent perplexes :
C'est aujourd'hui que rappaz.net célèbre cinq années d'absurdités, lancées le 26 octobre 2002 sans but particulier, si ce n'est de changer le mal de place et de décongestionner l'esprit. Cinq ans, c'est quand même pas mal de décongestion de faite...
Rappelons-nous qu'à l'époque où ce monstre tentaculaire a vu le jour, avoir un blog (beaucoup n'avaient alors jamais entendu ce mot) était au mieux une activité étrange, au pire un passe-temps vaguement pathétique. Dans mon esprit, c'est toujours un peu des deux. Mais je m'amuse, et vous êtes de plus en plus nombreux à m'écrire et à manifester de l'intérêt envers ce que je propose sur le web et à l'extérieur de celui-ci, particulièrement au cours de la dernière année.
Peu importe le moment où vous vous êtes joint à l'aventure, comme quand les gens dansent en faisant le « train » sur une chanson de la Compagnie Créole dans un party de bureau bien arrosé au début décembre, merci d'avoir suivi l'évolution de ce work-in-progress. Au cours de ces cinq années, j'ai essayé du mieux que j'ai pu d'offrir du contenu original (photos, vidéos (parfois très) amateurs) de mêler la fiction et l'invraisemblance aux banalités de la vie courante, d'y aller mollo sur les calembours, de diverger vers des sites web parallèles et des activités extranet plus ambitieuses, de publier autre chose que des liens YouTube que tout le monde a déjà vu (bien qu'il n'y ait rien de mal à cela). J'apprécie que vous soyez aussi nombreux à m'écrire des courriels sérieux et bizarres pour me faire part de vos commentaires (et aussi pour m'informer du danger imminent d'être asservi par des animaux marins particulièrement vindicatifs). C'est sincèrement très apprécié (et j'ai pris les dispositions nécessaires pour les animaux marins).
La prochaine année devrait être fertile en nouveautés de toutes sortes. Si en plus on est capable d'avoir des sous à investir pour s'émanciper dans le grand monde, on va être fous comme de la marde, et il va y avoir de la joie dans l'ghetto...
P.S. Merci aussi à CFD, qui a lancé la première pierre de ce grand et bordélique chantier.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Hommage à la vie de tous les jours dans le quartier Centre-Sud.
Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même vinaigre.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Mise à jour hebdomadaire du Bêtisier. Sur le site cette semaine : un premier ministre que l'on peut toucher (c'est toujours commode), des nouilles, des gros chars, du poisson cru, des kangourous, des wallabies, un wallarou (?) et... Vanilla Ice !
Ne vous gênez surtout pas pour laisser un commentaire. Pour être honnête avec vous, ça fait un peu défaut ces temps-ci.
Joyeuse nouvelle de l'extra-net : le Bêtisier apparait depuis quelques temps dans Trente, le magazine du journalisme québécois. Isn't it ironic, tu penses pas ?
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Après mûre réflexion, je pense que Des Kiwis et des Hommes ce serait ben meilleur si c'était animé par Lemmy de Motörhead. Pourquoi ? Parce que. Point final.
Autre variante : Des Kenny et des hommes, où des garçons sans jambes et sans bassins, menés par le célèbre amputé Kenny, font du skateboard au marché Jean-Talon en zigzaguant entre les étalages de fruits. Des Kiwis et des hommes-troncs ? Comme l'impossible mariage entre le film « Le gang des BMX » et une fête foraine circa 1908. Et pourquoi pas ?
Il pleut. Si c'était un chien en métal, il sentirait le chien rouillé.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Ce soir, on va souper dans un restaurant crade d'un quartier peu fréquentable (et je ne parle pas d'Hochelaga cette fois-ci, puisqu'il est extrêmement fréquentable depuis que j'y habite), restaurant dont le tenancier, cuisinier ascendant alcoolique qui, entre autres fâcheuses tendances, ne se rappelle jamais de nous même si on y va tous les mois, refuse catégoriquement de servir le riz en sauce tomate qu'il vient pourtant de nous proposer, prétextant que la tomate en boîte est un mets négligeable, que l'on trouve au dépanneur. Le type s'appelle Sylvestre. Si tu habites Verdun, ça se peut que tu saches de qui je parle (ah merde, j'ai vendu la mèche).
rppz > Penses-tu que Saoul-vestre va ENCORE nous avoir oublié ?
sof > Oui, je pense. Il est frappé d'amnésie le pauvre homme.
rppz > S'il veut pas être frappé par quelque chose d'autrement plus contondant que l'amnésie, il a intérêt à pas lésiner sur la sauce tomate.
Le moment fort d'un souper chez Sylvestre, c'est toujours lorsqu'il défile le menu, à la manière d'une incantation : « J'en ai du sôôômon, j'en ai les creuvettes, j'en ai (insérer poisson ou fruit de mer ici) ». Ensuite, vous choisissez l'accompagnement, il vous amène une portion gigantesque, et au final ça goûte pareil que la fois d'avant.
Mon défi ce soir sera de lui demander : « Est-ce que vous avez de la raie ? »
Ne me cherchez pas demain. Je me fais amputer le majeur et l'annulaire de la main gauche, pour pouvoir faire le metal sign perpétuel. Ça va rocker jour et nuit.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?« Les Artistes de la Bouche pis du Pied ? Encore une gang qui vient voler nos jobs. »Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?
- Un artisan de la rue du Trésor.
Session de réflexion et de cabotinage dans la cuisine autour de ces fameuses cartes de Noël reçues la semaine dernière et réalisées par le regroupement de créatifs estropiés connu sous le nom d' « Artistes de la Bouche et du Pied ». Nous réféchissions au fait que c'était un peu déprimant pour ces gens-là, non pas d'avoir un handicap, mais plutôt de travailler d'arrache-pied tout l'été pour peindre des paysages froids et enneigés, afin que les cartes soient prêtes pour l'hiver suivant. Le tout réalisé de surcroît par un temps caniculaire, sans avoir jamais la possibilité de s'éponger le front avec le revers de la main (qu'ils n'ont pas).
Cet art marginal suscite bien des questions.
Combien y a-t-il d'aspirants peintres de la Bouche et du Pied ? Combien d'années d'handicap faut-il pour maîtriser la technique et cesser d'être un simple Artiste de la Bouche et du Pied sans reconnaissance, et enfin faire partie de la minorité d'élus qui aura la chance de réaliser la célèbre collection de cartes de souhaits pour le temps des Fêtes ? Le pied d'athlète peut-il ruiner une carrière ? Et la bouche d'athlète ? Est-il mal vu dans le métier d'être fine bouche ? Un artiste dont le travail a été plagié dira-t-il s'être fait couper l'herbe sous le pied ? Combien de jeux de mots pourra-t-on faire encore avant d'en avoir assez ? Que faire si un Artiste Peintre est accepté au sein de la confrérie mais se révèle, une fois arrivé à l'échelon supérieur de la Bouche et du Pied, être absolument mauvais ? Toute la famille désapointée parcourera la série annuelle :
— En tout cas, ce gars-là peint comme un vrai pied !
— Tu m'enlèves les mots de la bouche !
NDLR :
Esprit de bottine : Avoir recours à un humour un peu facile dans le but d'amuser.
Spank God it's Monday.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?J'ai fait une mise à jour du Bêtisier ce matin. J'aime bien celle-ci.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Comme ouvrir le courrier d'autrui fait partie des privilèges des nouveaux arrivants, et que ça fait encore peu de temps que nous habitons dans cet appartement (trois mois et demi), on s'est permis d'investiguer, pour des raisons professionnelles uniquement (quelle profession ? on ne le sait pas encore), la correspondance des anciens locataires.
— Ça s'est vite révélé une lettre empoisonnée. Regarde !
Je constate que l'ancienne occupante des lieux se faisait acheminer les traditionnelles cartes de Noël dessinées par les Artistes Peintres « de la Bouche et du Pied » (plus de quarante ans d'autonomie, des gens qui ne laissent pas marcher sur les mains).

Pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec la chose, ou qui préfèrent peindre eux-mêmes leurs cartes avec leurs propres pieds, cette série de cartes de souhaits est envoyée chez vous à l'automne, et si vous aimez bien la collection proposée, vous leur envoyez un chèque. Sinon, vous retournez le tout en maudissant les paralysés cérébraux. Ou vous utilisez les cartes sans payer. Ou vous mettez le feu dedans, c'est si beau un feu à Noël. Enfin bref, on s'inquiète :
— J'espère que je vais pas devoir les payer.
— Ben non. C'est ça le principe : ils te les envoient d'abord, et tu les payes ensuite, mais si tu les veux.
— Tant mieux, j'avais peur d'être prise pour payer quelque chose maintenant que j'ai ouvert la lettre.
— Y peuvent pas t'obliger. Ils vont quand même pas te poursuivre en cour.
— Peut-être qu'ils vont venir nous casser la gueule !
— J'aimerais voir ça ! Ça cogne à porte : c'est un de ces gars-là avec une épée dans bouche.
En descendant l'avenue du Parc tantôt en automne, j'ai contourné un arbre.
Parce qu'il me barrait le chemin.
Tout semble normal jusque ici. Et ça devrait le rester d'ici la fin de l'anecdote, ce qui ne m'empêchera pourtant pas de la raconter.
Elle se déroule un peu avant la rue du Président-Kennedy (à côté du boulevard Patrice-Brisebois). Je contourne vite fait cet arbre planté au milieu du trottoir au cas où une voiture effectuerait une sortie de route et viendrait se planter dans le tronc, avec moi encore devant, pris en sandwich comme un sandwich quand celui qui le fait appuie trop fort et laisse ses traces de pouces sur le blanc du pain.
Un accident qui aurait été surprenant, puisque le trafic était justement en train d'interdire aux voitures de rouler. En tant que piéton et usagé usager du transport en commun, je me sentais alors bien malin. Mais c'était sans compter que sous terre le métro était immobilisé depuis plusieurs minutes pour une raison mal définie, ce qui est bien pour dire, comme on le dit bien chez nous.
Dans un élan d'empathie envers l'arbre, mais aussi par intérêt désintéressé pour sa psyché propre, je me demandai si, parfois, cet arbre-là trouvait que la vie était injuste, que sa vie était cruelle de l'avoir fait pousser comme ça en plein milieu de ville, à dix centimètres d'une avenue très passante, à la merci de n'importe quelle automobile ayant envie de faire une embardée et de s'y écraser un pare-choc ou deux; alors qu'il aurait pu tout aussi bien venir au monde tranquille et peinard dans une forêt. Cet arbre fut-il déraciné en bas âge, arraché à sa pépinière natale, pour être abandonné, planté là dans le grand monde ? Cet arbre se considère-t-il comme une victime de la société ? Va-t-il poursuivre son maire d'arondissement ? Va-t-il faire un grève de la sève ?
Cette anecdote n'a pas de chute. Parce que c'est l'automne. Si c'eut été l'hiver, une vieille serait tombée sur la glace au dernier paragraphe, et ça aurait fait la job, comme on le dit si bien chez nous.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?- Sais-tu comment on appelle ça un spa, en hiver ?
- Non ?
- « SPA CHAUD » !!!

— Ne penses-tu pas que leurs DJs ne sont que des instruments de propagande au service d'un éventuel État adéquo-fasciste ?
— Je ne comprends pas ta question. stp, utilise de petits mots, comme pop-tart, ballon, pomme et train.
— Ne penses-tu pas que leurs DJs ne sont que des ballons de pommes au service d'un éventuel train pop-tart ?