Samedi matin, je me suis levé très tôt et j'ai décidé de prendre le métro jusqu'à la dernière station de la ligne verte pour voir ce qui s'y trouvait, et aussi pour vérifier si ce qui s'y trouvait était conforme à ce que j'avais vu la dernière fois où j'y avais mis le pied; si tout ce qui s'y trouvait n'avait pas profité de mon absence pour se volatiliser, tout simplement se dissoudre dans la nature telles les pastilles effervescentes contre les brûlures d'estomac lorsque laissées tombées au fond d'un verre d'eau fraîche.
À ma station préférée sur la ligne verte, j'ai attrapé le métro à la dernière seconde. Les portes, annonçant leur fermeture imminente, laissèrent entendre un déclic au moment où je les franchissais à la course, café non-bu en main, gobelet fermé de manière non-hermétique mais tout de même scellé de façon que j'estime sécuritaire puisque aucune goutte du liquide chaud ne déborda du verre lorsque j'accélérai la cadence, dans la descension des escaliers puis sur le quai pour sauter dans le wagon comme s'il s'agissait d'une Ford V8 et que j'étais Clyde Barrow sortant à peine d'une banque fraîchement volée et que c'était Buck qui conduisait l'automobile.
Dans le métro, sur la banquette double à ma gauche, lui aussi à contre-sens du sens du train, était assis un vieil homme; pendant tout le trajet mon regard ne put s’en détacher.
Ce que je remarquai d’abord, c'est qu'il mangeait, proprement avec une cuillère en plastique, un morceau de gâteau dans un petit contenant de styromousse. Il avait déposé sur ses genoux un sac de papier, à l’intérieur duquel se trouvait sans doute son repas du midi, et en bandoulière il portait un autre sac, en cuir celui-là, sur lequel était inscrit le mot « Americanada ». La couleur de chacune des lettres du mot menaçait de s'effacer à tout instant, mais il aurait été étonnant que cela se produise, puisqu'en général la couleur met beaucoup plus de temps à s'effacer, à moins qu'on ne l'y force en y versant quelque produit chimique d'une efficacité redoutable, qui saurait décolorer l'inscription en quelques secondes sans pour autant abimer le reste de l'objet.
Lorsque le vieil homme eut terminé son gâteau, il rangea le contenant et la cuillère dans le sac en papier, puis il sortit du sac qu'il portait en bandoulière un morceau de tissu noir qui ressemblait à une chaussette roulée sur elle-même. Autour du morceau de tissu, plusieurs élastiques. C’était comme une pelote d’épingles, mais avec des élastiques. Je m’étonnai de l’ingéniosité de la chose, et du fait qu’un homme se promenat en amenant avec lui un objet à l'utilité aussi discutable en cas d'urgence ou d'attentat terroriste qu'un élastique. Puisque j’étais disposé à m’étonner, je sautai sur l’occasion pour m’étonner aussi du fait que certains hommes sortent sans emmener d’élastiques avec eux.
Les doigts du vieillard étaient larges, déformés par les années; mais ils semblaient agiles. Avec leur concours, il manipula précautionneusement le sac de papier, dont il emprisonna le contenu à l’aide de deux élastiques, l’un placé horizontalement et l’autre verticalement, comme des mots croisés.

Pendant tout le trajet, personne n'est entré dans le wagon; du moins pas à ma connaissance. En face de moi, assis à contre-sens du contre-sens du train, un homme avec un très gros crâne dégarni brillant dans la lumière du wagon faisait la lecture. J'ai supposé qu'il était instruit, car le livre était très gros, et son front très large et luisant brillait de ce que j'estimai être une lueur d'intelligence.
Lorsque je vois des gens qui m'intriguent, particulièrement dans les transports en commun puisque c’est là où nous avons le loisir de les observer le mieux, j'aime à deviner quel âge ils peuvent avoir. Une fois que j'ai arrêté un chiffre qui m'apparait satisfaisant, je pense à l'année où nous nous trouvons, et de celle-ci je soustrais l'âge que j'ai estimé dans le but de déterminer en quelle année la personne devrait être née.
Je présumai que ce passager devait avoir 75 ans. J'étais conservateur, comme un ministre, dans mon approximation, parce qu'il aurait pu facilement être plus vieux que ça. Le vieillard était un peu voûté, ce qui est commun lorsqu’un individu atteint un certain âge, même lorsque de cet âge nous ne sommes pas certain, et une certaine quantité de peau flasque pendait sous son visage. Il n'avait que quelques cheveux blancs, en broussaille, et quelques taches brunes décoraient son front et le dessus de son crâne. J'ai pensé à un Hot Diggity Dogger, mais ça n'avait pas de lien avec le vieux monsieur. J'avais simplement ce mot en tête, et comme souvent j'ai du mal à me concentrer sur une seule idée à la fois, il n'est pas anormal que ce mot me soit venu sans condition logique favorable à son arrivée.
À partir de la date de naissance estimée pour le passager (j'optai pour 1932), je me mis, comme je le fais souvent lorsque j'essaie de deviner un âge pour les inconnus que je vois dans les lieux publics, à calculer l'âge qu'il devait avoir à certaines années précises et, pourrions-nous dire, charnières. Tout en fixant le vieux monsieur né en 1932, je me rendis compte qu'il avait grandi durant la Seconde Guerre Mondiale, mais que celle-ci s'était terminée alors qu'il n'avait que 13 ans. Je l’imagineai grandissant au son du Glenn Miller Orchestra. Pendant qu’il avait mon âge, la Révolution tranquille est arrivée, puis elle est repartie. Maurice Duplessis est mort, mais il n’est pas revenu.
Le vieil homme, toujours courbé sur ses effets personnels, le sac Americanada contre son flanc, était vêtu d’un pantalon de travail bleu, mais il ne s’agissait pas là des seuls vêtements qu’il portait. Il portait aussi d’autrs vêtements, chose qui me semble, avec du recul, tout à fait logique, puisque les gens se promènent rarement nus dans les transports en commun, à plus forte raison en automne. Deux chevilles veineuses, presque translucides, nues, dépassaient du pantalon bleu. Les chaussures de l’homme semblaient usées, mais je crois qu’on pouvait encore leur faire confiance pour la marche.
Je détaillais ainsi le passager, ses chevilles nues et ses doigts blancs, et ses autres vêtements dont j’ai oublié la nature. Il ne se rendit jamais compte de l’attention que je lui portais. Je me suis dit qu’il avait probablement des cataractes.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Heureux le cycliste qui porte le casque, car en vélo sous l'orage ses cheveux ne seront jamais mouillés.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?L'avant-gardiste aime l'avant-gardisme. Ne l'oublions jamais.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Pourquoi, mais pourquoi cette incorrigible fascination pour de tels personnages ?
Dites bonjour à Marcel Lehon, fondateur du lehonisme, et interprète de « Ta culotte de velour » (sic).
Je me demande ce que serait l'internet à notre époque s'il ne nous permettait pas la joie d'entendre tous ces inconnus un peu saouls, voire même1 surexcités (ou les deux, dans le cas présent), scander (beugler/mugir/insérer ici votre cri d'animal favori) « Voici les clés » de Gérard Lenorman.
1 L’enchaînement voire même est considéré comme pléonastique. En effet, l’adverbe voire signifie « et même ». Dans l’expression voire même, il y a donc redondance puisque chacun des deux adverbes marque un renchérissement.Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?
Je suis en train de lire « Le Fil Conducteur », un cadavre exquis déguisé en blog (ou vice-versa) auquel je me suis promis de participer.
Mine de rien, en seulement cinq semaines, ces gens ont réussi à monter une histoire complètement déjantée qui atteint les 25 mille mots. Je suis rendu aux quatre cinquièmes de ma lecture, où le héros, Доминиканской Gautier, est devenu le... Pape Jean XXIII fumant la cigarette ?
Je me demande bien comment je vais me faufiler dans tout ça...
« Je considère comme pleine d’obscénité la situation où quelqu’un étale ses histoires de cœur » - Plume Latraverse.
C'est ici que je prends le crachoir et que je m'élève contre l'obscénité. L'obscénité virtuelle, les public display of affection, sans affectation régurgitées sur facebook, d'un wall à un autre, de ton wall à mon wall, de son wall à elle à son wall à lui, plus vulgaire qu'une boîte vocale, plus vulgaire qu'un email cochon à deux heures du matin, plus obscène que du iPhone sex entre deux meetings au bureau, du devant-tout-le-monde, des xxxx et des émoticons, ton sourire et mon sourire et ton sourire et mon sourire, ras-le-cul des couples qui se forment et se déforment, puis se reforment et s'échangent des mots doux en wall-to-wall, sur l'espace virtuel commun.
Un jour j'ai lu un profil MySpace où une jeune femme signait simplement : « J'ai le goût de fourrer mais tu n'es pas là ». Et il n'y avait rien là pour choquer les moeurs. Et il n'y avait rien là qui n'était pas immensément tendre et immensément cute.
Ce qui me choque et me dégoûte c'est plutôt l'exposition éhontée de baby talk, l'explosion des mots d'affection sans tête à queue au venu et au flux de tout le monde, qui s'en câlice énormément autant qu'un éléphant s'en trompe énormément. Sur ma table de salon, table qui n'est pas à moi, siège le parmesan des relations humaines lorsque j'ouvre le couvercle du laptop, que je loade le facebook, et que je lis les gens puer.
C'est-tu moi qui est rendu trop vieux et qui n'est pas à la page ? C'est-tu moi qui ai erré sans le vouloir, qui fut élevé en vase clos, préservé de l'amour des hommes, dans une Pépin-la-bulle-de-savon bien étanche où les caresses furtives et les claques dans le dos n'existent pas, sans jamais personne pour toucher autrui à des endroits couverts par le maillot de bain des filles ?
Je m'insurge aussi, un coup parti et tant qu'à faire, et bien que ça n'ait pas de rapport, contre toute tentative de cohésion supplémentaire dans le monde du 3ème millénaire. Et je revendique la première et dernière chose que je revendiquerai sur cette Terre, c'est-à-dire le droit universel d'être décousu.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Frederic > Pour ma fête, j'ai demandé à ma coloc de me trouver des appeaux pour câller des animaux divers en public et vraiment ennuyer tout le monde. J'espère bien qu'elle va investir 2-3$ pour mon épanouissement personnel...
R. > Pour t'amuser encore plusse, je vais t'acheter de l'urine de chevreuil mâle, de l'urine de « buck », comme on dit dans le milieu. Tu pourras en répandre sur tes amis, qui seront bien surpris de se faire suivre par des biches jusque dans le métro.
Frederic > hahahahahah un autre tour pendable extrait du livre « L'urine de chevreuil mâle pour distraire nos enfants » (Éd. Yvon Crevé, 1960).
Moi j'ai pour mon dire que « Je chante à cheval » d'accord c'est bien beau, mais viens pas te plaindre quand le cheval se met à ruer.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Tsé les avions bombardiers qui servent à éteindre les feux de forêt ? Si on remplaçait l'eau qu'ils transportent par des grains de riz ? Aïe. Aïe. Aïe.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?La voilà désormais révolue l'époque bénie où le dodu du coin était appelé « le dodu du coin », puisqu'il est maintenant rendu gros gras, comme un voleur. Dans le quartier ils ont ri, ils se sont moqués de lui. Ils ont pointé le gras en riant aux éclats.
Parmi les coupables de mon embonpoint, il faut pointer du doigt :
- Huit heures de travail par jour assis sur mon derrière.
- La vilaine habitude d'abuser les chaises et les autres instruments destinés à s'asseoir dès que je rentre à la maison.
- Un genou en mauvais état qui m'empêche de pratiquer des sports que, du reste, je me plais bien à ne pas pratiquer.
- Du pad thai trop huileux acheté dans des fast food, en plein après-midi.
- Le goût des jeunes filles grosses pintes.
- Une attirance pour la patate, orgueil du Pérou.
- Ce que Le Flambeau Mercier-Hochelaga-Maisonneuve déplorait dans son édition de la semaine dernière, c'est-à-dire le réflexe bien de chez nous de se précipiter au dépanneur le plus proche (ce qui n'est guère compliqué puisqu'il y en a un à tous les cent pas dans ce quartier) pour acheter de la nourriture de dépanneur, donc des cannages de bouffe en canne très peu excellente pour la santé (et qui donnent, qui plus est, le scorbut), au lieu d'acheter des aliments sains et gentils pour nous.
- La société (dans son ensemble).
- Richard Martineau (juste pour le fun).
Organisons une battue pour débusquer les responsables ! Allons à Tout le monde en parle, intimons à Claude Poirier de venir danser autour des cadavres encore chauds ! Tuons-les ! Tuons-les ! Tuons-les ! Avant que le coq ne chante, tu auras voté ADQ trois fois (mais je m'égare).
De plus, mon corps enflé est une prison de souffrance et de douleur. Je me sens comme si je m'étais fait passer dessus par trois trucks, ainsi que Luce Dufault. Samedi soir dernier, je me suis blessé à un dos en ne faisant strictement rien sur le sofa du salon. La barrure que ça me cause dans ma chute de riens, jusse en-haut du cul, me fait bomber le bedon par en avant quand je déambule, ce qui ne fait qu'exposer davantage mon gros ventre.
Je ne marche donc pas très vite, profitez-en si vous voulez m'agresser sauvagement dans la rue et me déposséder de mes biens, de mes vêtements, mes bottes et ma moto, c'est le temps. (Pis les animaux le savent !)
En rentrant du travail et en me traînant du métro jusqu'à chez moi, je me suis dit : « Ça y est, c'en est trop ! Je n'en puis plus, la couche est pleine. » Je pris la ferme résolution d'interrompre dans l'immédiat toute consommation d'alcool à base de céréales. De ne me nourrir que de fruits, comme dans le film du gars qui ne se nourrit que de fruits. De faire des épiceries. De visiter le supermarché pour remplir mon panier de denrées aux souvenirs impérissables, en croisant dans les allées tous ces gens que je vois tout le temps leurs faces sur Fecesbook.
Deux heures après, les résolutions avaient déjà pris le bord. Quand même : j'ai dédaigné le dépanneur du coin (mais je ne garantis rien quand il fera moins 30) et j'ai marché, en me tenant le bas du dos telle une otarie enceinte, jusqu'à l'épicerie... pour en revenir avec deux grosses cannes de raviolis. Bref, ce que l'Italie nous a légué de plus beau.
Envoie la Ghislaine, épile ta moustache pis viens souper, y'a rien de trop beau, le Chef Boyardee crie ton nom partout ! À soir, on fait bombance !

Quand les voisins décèdent dans le bloc, les vautours que nous sommes ramassent leurs meubles avant qu'ils n'aillent se réincarner à la St-Vincent-de-Paul.
La belle tab. As-tu vu ça ? Une belle tite tab. Dans le corridor ce matin.
- As-tu vu le nouveau meuble que nos voisins nous ont donné ?
- Oui, j'ai vu ça ce matin. La table ?
- Oui. C'est ça que le bonhomme voulait me dire en bas, quand y'était confus.
- Qu'il avait ce meuble-là à te donner ?
- Oui.
- Qui l'a montée ?
- Moi pis Alex.
- Ah bon. Je pensais que le vieux t'avait aidé.
- Non, non.
- T'aurais peut-être dû le faire forcer dans les escaliers un peu. Ça l'aurait peut-être tué lui aussi, pis on aurait eu plus que c'te p'tite affaire-là.
Le docteur Mailloux, il n'a pas la langue dans sa poche ! Il parle sans détour, il utilise les vrais mots ! Il ne parle pas la jambe de bois.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Confondre le brasse-camarade avec le branle-camarade. Ouille. Ouille. Ouille.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Châtrons Claude Poirier, le n'égosse-ciateur.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette victoire, les Winona Ryders de la Saskatchewan ne l'ont pas volée !
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?S > Cool. Tout va alors pour le mieux dans le meilleur des mondes.
F > Je serai plus nuancé : tout va pour le plus pas trop mal compte tenu des circonstances dans le pire des mondes relativement corrects qu'il nous est possible d'avoir.
Chère inventeuse,
une De Lorean à voyager dans le temps ?
à 88 miles à l'heure ?
un convecteur temporel ?
le continuum espace-temps ?
la théorie des univers parallèles d'Everett ?
la toilette qui ne flushe jamais ?
la Toblerone ergonomique ?
les Doritos à l'épreuve des taches de jaune-orange ?
les bobettes brunes ?
les encensoirs éco-responsables ?
le journal mangeable ?
les en-dessous de bras auto-nettoyants ?
le soleil anti-sudation ?
le canon à patates ultra-catholique ?
les trous de fromage pleins à craquer ?
le Velveeta qui voyage dans le temps ?
le purin de porc qui fait rire les enfants ?
les Fred Astaire téléguidés ?
l'Abitibi-Témiscouata ?
le Canadanemark ?
la Sibérie-UQÀM ?
l'immaculée contraception ?
les marshmallows mexicains ?
les paniers d'épicerie équipés de GPS ?
les GPS au GHB pour propriétaires de SUV in L.U.V. ?
les réfrigérateurs glow-in-the-dark ?
les veilleuses intelligentes avec accès wi-fi ?
les joueurs de pétanque aux bras très longs ?
Avec toi, on est dans le futur... MAINTENANT !
« Voici le futur. »

Voici le futur ?
Voicie le future ?
Je ne comprends pas la photo.
Est-ce que ça veut dire que tu envisages un retour à la nature ? La consommation de produits bio ? Le salut hors de la ville ? Survivre en ville et revivre en campagne ? Faire fonctionner des voitures avec des fines herbes en guise de carburant ? Un remake de « La vraie nature de Bernadette » qui mettrait en vedette Guillaume Lemay-Thivierge ? La contrebande de nains de jardins et de « petits nègres en plâtre », comme les gens disaient si mal avant ?
Voici le futur ?
Je crois qu'on devrait construire un tunnel sous la Manche qui ne passerait pas sous la Manche mais plutôt sous le continent nord-américain, et qui relierait Montréal à Tulum. Ou bien le Lac St-Jean au Yucatán, ou encore Victoriaville (la capitale du développement durable) à la ville caféifère d'Oaxaca. Un rapide-o-tron vers le soleil. Un drain à grande vitesse. Qui enverrait l'Île d'Orléans se baigner dans le Golfe du Mexique.
Voici le futur ?
OMG, this Security and Prosperity Partnership is gonna rule!
I can't wait until être sécure et prospère !
Sortie au supermarché, marchander des épinards et de la vinasse (gages de lendemains imparfaits), puis au Pharmapricks de la Promenade Ontario, pour acheter du dentifrice et découvrir par ricochet que c'est bientôt l'Halloween, un temps de l'année à la fois joyeux (parce que l'Halloween, c'est l'fun) et triste (parce que c'est ma fête). Il était impensable de quitter les lieux sans un souvenir saisonnier, en l'occurence un superbe rat au poil dru, le dos rond, la bouche ouverte, courroucé, les dents pointues, afin de garnir l'en-dessous dénudé de notre arbre de Noël, hérité en même temps que les meubles de notre voisine, décédée il y a un mois.
On a croisé une autre voisine, une de celles qui restent. Dans l'escalier. Elle a hurlé lorsque je lui ai exhibé l'animal.
Rentrés à la maison en riant beaucoup, conversation autour du sapin :
- On a bien failli la faire mourir.
- Ce serait peut-être dans notre intérêt... Avec l'autre, ça nous avait rapporté.
J'ai mis à jour le Bêtisier ce soir, pour la première fois en deux semaines. C'est assez rare que je néglige un site comme ça, pendant aussi longtemps. J'ai été assez occupé avec d'autres projets ces derniers temps...
De retour maintenant à nos activités régulières. Le Bêtisier : betisier.wordpress.com
Spam me once, shame on you. Spam me twice, shame on me.
Au sujet de tantôt, c'est bien le gag le plus facile qui ait jamais été fait sur ce site.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Au sujet d'hier soir, le premier rendez-vous avec la physiothérapeute s'est fort bien passé. Je suis ressorti de là avec un bandage.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Tu as deux yeux; il est donc inutile de t'acheter une thermopompe.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Aujourd'hui, j'ai mon premier rendez-vous chez la physiothérapeute. C'est un grand jour. Que faire ? Quel est le code d'éthique de la physiothérapie ? Dois-je tipper du pourboire ? Dois-je éviter les pléonasmes ? Est-ce bien hygiénique ? Est-ce qu'on jase de tout et de rien dans une clinique de physiothérapie, comme au barbershop ? Doit-on s'abstenir de consommer certains aliments avant un appointement (oui, on dit « rendez-vous », mais l'anglicisme fait rimer, en plus j'avais déjà écrit le mot « rendez-vous » en début de paragraphe et je n'aime pas les redondances (ah merde ça fait trois fois « rendez-vous » maintenant)(zut, quatre)) ? Est-ce qu'on se fait offrir un extra ? Est-ce qu'il y a des physiothérapeutes « à quatre mains », comme on dit ? Est-ce bienséant ?
Ce matin, je me suis réveillé et c'était mardi. Et je me suis senti un peu mal à l'aise en voyant la une du journal. Je m'interroge vraiment sur la pertinence de « commémorer », ou du moins de revenir sur les attentats du 11 septembre 2001 (ce que plusieurs appelaient pudiquement, dans les semaines qui ont suivi : « les événements ») à pareille date chaque année. Un an, deux ans, ça va. Cinq, ça fait un beau chiffre. Mais en 2007 ?
J'ai jonglé toute la journée avec la meilleure manière de vous dire ça.
L'idée ici n'est pas de faire abstraction de 2750 victimes. Ce n'est pas de ça dont je veux parler.
Ce que je veux dire, ce qui me met mal à l'aise, c'est la fameuse notion qui veut que « Le monde a changé ce jour-là ». Exprimé dès le lendemain des attentats, ça me mettait mal à l'aise, et ça m'inspire toujours le même sentiment, un autre mardi 11, six ans plus tard.
Sans remettre en question l'ampleur de la catastrophe et banaliser la douleur que l'on a pu ressentir, je ne comprends toujours pas comment un Américain du Montana pouvait prétendre se sentir aussi concerné que le New-Yorkais qui habitait Manhattan en septembre 2001. Pas plus que nous au Québec, ou toi en France (où toi dans ta Suisse dont l'hospitalité est si appréciable).
Le monde a changé plein de fois. Le « monde n'a plus jamais été le même » quand l'Allemagne a envahi la Pologne, quand les Alliés sont débarqués en Normandie, quand la monarchie est tombée en 1789, quand Rosa Parks ne s'est pas levée dans l'autobus, quand l'Internet est entré dans nos maisons, quand Jackie Robinson s'est présenté au bâton pour les Dodgers de Brooklyn.
Le monde n'a plus jamais été le même pour plusieurs depuis le mont des Oliviers. Le monde n'a plus jamais été le même pour les Aztèques quand Cortés est débarqué. Le monde n'a plus jamais été le même à cause des rats au début du XIVè Siècle.
Le monde n'a plus jamais été le même des centaines de fois. Même avant qu'il y ait une presse ou un Wikipedia pour l'écrire.
Je ne sais pas combien de temps encore ce monde va durer, mais il risque de ne plus jamais être le même encore quelques fois s'il décide de continuer.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Bon. Ça veut dire qu'on va pouvoir aussi voter voilé aux élections scolaires ?
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Certains l'ont peut-être vue : ma grosse face était dans le 24 Heures, un des journaux gratuits du métro, vendredi matin. Ça parlait de moi pis de mes gogosses.
J'étais dans le 24 Heures pour 24 heures, comme dirait l'autre (l'autre étant Mad Dog Vachon).
L'article peut être lu ici.
Les réactions ont fusé de toutes parts. Parmi celles-ci, on m'a demandé :
« Est-ce que tu utilises vraiment des expressions comme de surcroît ? »
La réponse est non.
Bonne journée !
Paix, amour, nouilles & sauce de Lipton.
Je l'ai dit dans le passé, et ça a même été repris contre mon gré, mais je vais le répeter encore, au risque de passer une fois de plus pour un garçon hautain et élitiste (ce que je ne suis pas) : Le problème avec l'internet, c'est que ça permet de connaître l'opinion des gens.
C'est pas demain la veille que les commentaires, sacrifiés il y a trois ans, vont revenir sur ce blog. Un coup d'oeil aux interventions sur d'autres blogs suffit à m'en convaincre dans les moments de faiblesse où je reconsidère la question.
Mais, ceci dit avec le doigt dans le paradoxe : j'apprécie énormément que vous m'écriviez toutes ces choses bizarres, et votre intérêt sincère et prévenant quand vous y allez de critiques constructives, énoncées avec toute la délicatesse que commande mon égo fragile, m'émeut (du verbe émoir) assez. Je pourrais même dire que je suis reconnaissant et que je ne continuerais pas sans ça, mais je ne le dirai pas parce que je suis un homme, un dur à cuire, un tough.
Vous au moins, qui lecturez ce site ici présent, qui être lecteur/lectrice depuis 5 jours ou 5 ans, vous avez compris que tout ceci n'est pas à prendre au sérieux.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?
Concernant mon billet précédent, où je m'interrogeais sur la pertinence de faire graver la devise de ce blog : « L'hospitalité de la Suisse est infiniment appréciable », à l'endos du nouveau iPod que je m'apprête d'une heure à l'autre à commander (finalement, je crois que je vais faire graver la devise du Québec, « Poutine, tabarenaque », avec peut-être des points d'exclamation à la fin), Nadia me faisait remarquer que l'hospitalité de la Suisse n'est pas si appréciable envers les étrangers en certaines occasions, comme on peut le constater dans cet article adéquisto-ethnocentriquo-proto-hérouxvillois délicatement intitulé « Dehors, les brebis galeuses ! »
L'hospitalité de la Suisse n'est plus ce qu'elle était (dans le Canton de Neuchâtel du moins).
Si le Air Guitar, c'est jouer de la guitare sans guitare, est-ce que le Air Lip-Sync, c'est le lip-sync sans lèvres ?
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Il y a un moment que je veux me procurer un nouveau iPod. Le blabla médiatique sur la sortie du nouveau iPod Touch, dévoilé mercredi, a exacerbé mon intention, je l'avoue. Mais j'hésite toujours à passer la commande, car je n'arrive pas à me décider sur ce que je veux faire graver à l'arrière de mon prochain 80GB.
J'hésite entre « Morigénez-moi », « I piss excellence » et « L'hospitalité de la Suisse est infiniment appréciable » (ce slogan obscur que je crois pas abandonner de sitôt et dont personne n'a encore deviné la provenance, soit dit en passant (prends ça comme un défi, lecteur)).
Vous avez des des suggestions ?
C'est vraiment dommage que je n'aie personne à qui offrir un iPod en cadeau (non, ne prends pas ça comme une invitation, lecteur), car j'aurais alors pu y faire graver :
« What I really wanted was an iPhone »
ou mieux encore :
« I dated Frederic Rappaz for 3 years and all I got was this lousy 8GB. »
Parfois, il y a tellement de questionnements qui obstruent mon esprit, tant de problèmes à résoudre, tant de soucis à solutionner, tant de décisions à prendre et de choix à faire que je ne voudrais qu'une chose : mourir.
Mais quel sculpteur engager pour mon gisant ?
L'horoscope roule pas pour nous autres. Le journal me prédit les pires calamités !
Scorpion: Imaginez que vous trouvez l'amour qui changera votre vie ! Vous ne le savez pas encore, mais quelque chose se prépare à votre insu.
Une autre affaire. On me joue dans le dos.
Nous sommes blasés du zodiac. On devrait se mettre à l'horoscope amérindien, ou bien se faire lecturer les lignes de la poche par un immigré cambodgio-laotien de la rue La Gauchetière, exactement comme le Folichon chantant l'a fait il y a trois semaines (quoique je ne suis pas si certain que ce soit une bonne idée).
Au pire, tant qu'à être dans le coin, on boira des bubble teas, et puis on sera heureux d'être contents.
J'envisage ces changements drastiques avec sérénité et une carabine bien chargée.
Vous cherchez à faire fortune sur le web. Vous avez essayé le blog, le vlog, le moblog. Les webcasts, les podcasts... Autant de concepts dépassés, dont vous avez fait le tour, qui ne vous ont toujours pas procuré gloire et richesse.
Voici mon idée pour être dans le futur... maintenant : le dancecast.
Exploitez l'idée, moi j'ai mal aux jambes. C'est un cadeau de moi à vous. Vous me remercierez quand ce sera in. Salut à toi le hipster !
Je crois bien que très bientôt les homards vont nous attaquer et, ultimement, nous asservir. Je respire leur odeur fétide, au loin.
Moi, je reste dans un bloc tranquille. No bloc party ici.
Il y a depuis une demi-heure une odeur de cigarette qui me vient aux narines. Ou en tout cas une odeur de quelque chose qui brûle. Probablement une cigarette.
Depuis mon emménagement, le premier juillet, cette odeur-là me venait de la salle de bains.
J'explique : il y a, dans chaque salle de bain de notre immeuble, une fenêtre qui s'ouvre sur un mur blanc, jauni et bruni de traces d'humidité. Un puits de lumière qui ne donne sur rien, mais qui a pour effet de faire circuler les odeurs d'un appartement à l'autre, sur les trois étages.
De la salle de bains me venait auparavant une odeur de tabac. Ma voisine du dessous, fumeuse jusqu'à la fin, en faisait circuler les volutes en beaux ronds gris, qui montaient comme autant d'auréoles vaporeuses jusqu'à mes pièces. Elle est morte il y a deux semaines.
Ce week-end, la fenêtre est fermée, afin de m'épargner l'odeur de pieds des couches de peinture que le propriétaire, fier travailleur dominical, étend successivement sur les murs de l'appartement déserté.
Penses-tu que c'est parce que sa fille m'a donné ses meubles que la défunte se manifeste chez moi via un fumet de Mark Ten cheaps, de Players filtres, ou d'Export-A vertes ?
Il y a une sorte du cancer, du cerveau je pense (il faudrait le wikipédier pour en être certain), qui compte parmi ses symptômes le dérangement du sens olfalctif. L'affecté du cerveau sent des odeurs que les autres ne sentent pas.
Je suis un peu sur la brosse. Quatre Heineken et demi, et je travaille sur un manuscrit à remettre à l'éditeur lundi soir. Et j'ai mangé deux pogos dans ma journée. Avec de la moutarde.
Douce.
Je sens l'odeur d'un bataillon d'homards, crustacés belliqueux, cigarette à la bouche, remontant du Fleuve jusqu'à Hochelaga-Maisonneuve. Pour nous asservir.
Je vais vous avouer quelque chose. Parce qu'une fois de temps en temps, j'aime bien être super honnête avec vous et vous avouer des trucs. C'est le jeu de l'âne et de la carotte. Attends, non je peux pas dire ça... L'âne n'est pas un symbole très flatteur. Le jeu du bâton et de la carotte. C'est-tu ça ? Quelque chose du genre. Enfin, bref. Je voulais dire. Des fois. Des fois, quand je sens que vous avez bien suivi où je voulais vous emmener (et ne le niez pas, je lis tous vos courriels, même que j'y réponds, alors hein, c'est vous dire si je ne vous mens pas quand je vous dit que je vous lis) alors je me laisse aller, parce que c'est bien ce que vous voulez bande de vampires (meu non, c'est pas péjoratif) du vrai, du filandreux, du fleur de peau, de l'intime. Une fois de temps en temps. Tout d'un bloc, comme ça. Phrases courtes. Ponctuation abusive !!!!!!!! Pas d'alinéas; ni de grands mots. Comme si la présentation graphique serait rébarbative et que vous ne liriez pas. Mais vous lisez. Je le sais, j'ai reçu ton courriel. Ne me mens pas. On n'a plus de secrets l'un pour l'autre. Je suis sur les internets depuis trop longtemps, et tu viens ici depuis trop longtemps. Ce que je voulais te dire. Merde. Je m'en souviens plus. Mais non. C'est une blague. Je voulais t'avouer que, dans le fond, je ne suis pas très intelligent. Je devrais l'être, mais je ne le suis pas. Oh j'ai des connaissances. J'ai une certaine mémoire, à qui je dois une fière chandelle. Mais tu ne peux pas débattre avec moi, ni discuter. Parce que je ne comprends rien de ce que les gens disent, et si les mots sont trop longs, moi à part voir le mot compte triple que je ne serai pas capable de placer au Scrabble malgré tous mes efforts (il manque toujours une voyelle, ou on est trop tard dans la partie et sur la planche de jeu, il n'y a plus la place), je ne comprends rien. Je pense que les gens pensent que je suis intelligent. Je dois être meilleur acteur que je pense, en quelque part... Ils sont vite déçus quand ils voient bien que je ne veux rien dire. À un point, ça peut me causer de la gêne, de l'inconfort, et occasionner le repli sur soi. La désenvie d'échanger avec mes concitoyens. Bof. Ce que je voulais dire, c'est que je ne suis pas très sûr de moi. Je n'ai pas beaucoup de confiance. J'aimerais être capable de comprendre ce que les grandes personnes racontent. Et comprendre ce qu'elles écrivent. Aussi, si je reste à l'écart des débats, « de société » ou autres, c'est que je ne me crois ni la compétence, ni les connaissances, pour y prendre part et y tirer mon épingle du jeu. Y amener un minimum de pertinence. Sans bafouiller. Sans dire des « tsé veux dire ». Sans faire étalage de lieux communs. Sans redouter les contre-arguments. Je donne raison à tout le monde parce que pour chaque point de vue il y a deux médailles. Ou non. Une médaille. Avec deux côtés. Et ça se vaut. Et ça ne vaut rien. Ça dépend de quel côté tu regardes les affaires. J'ai envie d'écrire en sanskrit. Mon nez me pique. J'ai des allergies. C'est pratique de dire qu'il n'y a ni message ni envie de dire. C'est plus simple de faire semblant d'être un original qui n'a qu'un mission un peu conne, celle de faire ce qu'il a à faire comme s'il était dirigé par une main divine, ininformé, inconscient de ce qui se passe autour. On s'en tire bien.
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