« Je l'trouve étrange ... j'aime pas ça... son déhanchement »
Quand Jésus entra l'ascenseur pour monter voir son père au bureau des réclamations, il parcouru du regard les gens assemblés dans la cabine et il leur dit: « Entassez-vous les uns les autres ».

L'ascenseur ascendait et tandis qu'il montait, montait, montait sans cesse, il pensa : « Christ, sont ben hauts les cieux... »
Les flaques d’eau sont utiles pour éclabousser ses congénères. Les flaques d’eau font d’excellents films sombres. La musique déprimante déprime mieux. La pluie réveille les rhumatismes, leur évitant ainsi d’être en retard au travail. Un cercueil s’enterre mieux dans une eau boueuse. Les sables mouvants mouvent davantage. La pluie pendant plusieurs journées consécutives mène à la déprime, la déprime mène à la dépression, la dépression à l’alcoolisme, et l’alcoolisme à la musique country. La pluie est bonne pour les pharmaciens, elle fait vendre des pilules, et s’il y a une chose dont ce monde à besoin, c’est bien de pharmaciens plus riches encore. Les Hassidim d’Outremont portent des sacs de plastique par-dessus leurs gros chapeaux poilus. Passé six jours de pluie, Noé se remet à raconter des anecdotes du « bon vieux temps ». Les souliers font chouique-chouique. Les orages donnent l’occasion de courir sur les Plaines d’Abraham avec une feuille de tôle au-dessus de la tête. La pluie lave les clochards et les robineux. La pluie amuse les caniveaux et permet à l’eau de rigoler. Boire sous la pluie permet de mettre de l’eau dans son vin sans effort. Une partie de curling n’est jamais remise en raison de la pluie. Le toit de notre Stade Olympique ne coule plus, paraît-il. Les parapluies ont des baleines, mais les baleines n’ont pas de parapluies. Les parapluies ne meurent que par temps venteux. Pendant une averse, l'eau coule plus facilement sous les ponts. L'eau permet de tester l'imperméabilité, évitant à cette dernière de devenir une technologie obsolète. « Bruine » est un très joli mot.
Nous en conviendrons tous d'emblée: un vendredi soir sans bowling est un vendredi soir complètement raté. Dans Hochelaga-Maisonneuve, le célèbre salon Darling, temple de la petite quille et de la petite boule, avait jadis accueilli Mathilda Arizona et moi-même pour quelques rondes endiablées, immortalisées sur le Rappaz Horror Picture Show par ce petit album: « Let's go bowling, Darling ! ». La soirée, qui avait frôlé la catastrophe après que votre humble séviceur ait causé du dérangement en coinçant une vingtaine de boules sous le dalot, s'était conclue à la non-moins célèbre taverne Davidson, à quelques pas des allées cirées, pour une heure ou deux de confidences, de bocks pas chers-pas chers et de pornographie.
Hier, le Darling affichait complet pour la soirée. Nous nous sommes donc tournés vers le Salon de quilles Aylwin, afin de tourner pour le webzine P45 un nouvel épisode vidéo fascinant, vero-b (point com) derrière sa caméra.
Situé sur la rue qui porte son nom, ou vice-versa, le Salon de quilles Aylwin permet au quilleur averti ou pas de trouver à tout coup chaussure à son pied, dans le même distingué quartier, à l'intersection d'une rue Ste-Catherine aux perspectives sombres. Une douzaine d'allées sur deux étages, de la grosse O'Keefe servi par un gars qui ressemble à Mad Dog Vachon, le dernier retrait des Séries mondiales de baseball sur écran gênant, Chuck Berry en version disco, et surtout un personnel chaleureux et sympathique qui n'a pas son pareil pour cuire des cheeseburgers et prodiguer des conseils (qui ne s'avérèrent au final pas très utile pour améliorer sa moyenne). Ça donne pour tout de suite une courte, mais lumineuse, série de photos, que vous retrouverez sur le net pas plus tard que maintenant. Et pour bientôt un vidéo sur P45.ca qui viendra confirmer la rumeur qui veut que je sois devenu excessivement gros.
Aujourd'hui, rappaz.net entre dans sa cinquième année.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Tourné à Rougemont et réalisé par véro-b pour le webzine P45, ce film éducatif nous explique les dangers du métier de cueilleur de pommes qui, dans « l'émission Les 10 métiers les plus dangereux » a « fini onzième ». Avec The Toine, moi-même, et des chemises rouges.
Il faut toujours aller aux toilettes avant de prendre l'ascenseur. Quand un ascenseur reste bloqué, mieux vaut ne pas avoir la vessie pleine.
Un trou noir bien éclairé se considère sous un jour différent.
Les habitants des trous noirs ont de la misère à regarder l'heure.
Les habitants des trous noirs n'ont jamais construit de cadran solaire.
Les enfants des trous noirs s'ennuient à jouer à la cachette.
Les habitants des trous noirs ont toujours les pupilles plus grandes que tout le monde.
Patriotiques avant tout, les habitants des trous noirs aiment bien être dans le fin fond du trou.
Au royaume des trous noirs, les aveugles sont rois.

Ceux qui habitent dans les trous noirs parlent le braille couramment.
Les habitants des trous noirs marchent parfois dans le caca de chien.
Les habitants des trous noirs se coupent en se rasant.
Leur gazon est beaucoup moins vert que celui du voisin.
Ils n'ont pas inventé le bouton à quatre trous.
Ils voient loin, mais leurs perspectives restent sombres.
Être daltonien parait bien sur leur cv.
Au royaume des trous noirs, les métaphores sexuelles ne font rire personne.
Comme disent les Hollandais branchés, ce peuple fier (et branché) : « i'm soooooo back on the web » ... tinque you bien à un bureau neuf tellement beau que j'ai juste envie de rester assis devant pour le regarder. Rapport aussi à un déménagement imminent, un déménagimminent, qui me permettra de réactiver la connexion internet laissée orpheline par le départ, au premier juillet, du sieur alexandresavard et de son routeur. Moi qui ai perdu tant d'emplois faute de ne pas avoir été jugé sufisamment pro-actif, je pourrai poursuivre pro-activement mon projet pro-actif de devenir une créature presque entièrement virtuelle, qui n'existera véritablement que pour pisser et pour dévider sur le monde son débordement de créations pas toujours inspirées, mais nécéssaires. Ça déborde comme un nez goût, ça grippe comme un écoulement nasal, ça s'écoule comme les surplus d'inventaires. Comme tous les égouts sont dans la nature, il s'en trouve pour aimer ça.
Le web et les ordinateurs sont d'excellents moyens, des moyens que l'on pourrait même dire parfaits, de ne plus exister pour vrai et d'exploiter, à défaut des pauvres gens, certains médiums qu'autrement il serait plus difficile de toucher : un clavier, une caméra, un appareil photo, une prise USB, un URL, un accident vasculo-cérébraire. Ils se démystifient entre nos doigts curieux, mais ils demandent du temps, ils réclament le temps qu'on a jusque ici consacré aux autres. Les Zougandais sont des gens fiers : ils viennent du Zoudan. Et comme le dit ce peuple fier : ce n'est qu'un pas de plus vers la réclusion quasi totale et l'ablation du clitoris dans ta vie.
Je pense me désincarner prochainement. Je ne veux plus d'enveloppe physique, j'aimerais être un bout de cerveau fort mou dans un bocal de formol.
« Lettres à Memphis » par Frederic Rappaz.

Pour plus d'informations: écrivez à cette adresse.
Aussi: quelques nouvelles publiées sur le webzine P45.ca .
Aux toilettes un magazine d'octobre 1994, douze ans, qui se targue de recréer l'histoire du métal de A à Z, et qui nous met Bon Jovi sur la même page que Carcass.
Crédébilité : we're (not) halfway there.
Chez nous, l'inceste, on gardait toujours ça dans la famille.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Je suis un peu contrarié : dans le déménagement j'ai perdu mon coupe-ongles.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Trois-cent-soixante dollars de loyer, soixantes dollars d'épicerie, vingt dollars de thé, la passe de métro à soixante-trois tomates ou quelque chose du genre, cent-huit dollars précisément de vieux comptes en souffrance (un vieux compte n'est jamais autre chose qu'en souffrance, sans quoi il ne deviendrait pas vieux) à régler avant de partir. Plus une cinquantaine de frais de dollars de déménagement. Il manque encore deux-cent dollars et je ne me rappelle pas où et quand je les ai bu.
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