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«...because scratch disks are full»

mai 31, 2006

imfucked.jpg

Bon... je ne peux plus utiliser Photoshop parce que «scratch disks are full». Il ne me laisse plus faire grand chose, et même parfois je ne peux pas ouvrir d'image parce que «scratch disks are full». Vider le disque dur n'est d'aucune utilité (quoiqu'un ménage de printemps ait fait du bien) dans le cas présent. Il semblerait que je doive supprimer un tas de fichiers temporaires cachés dans le iBook par Photoshop, qui crée des choses cachées et invisibles depuis des mois et des mois et des mois. Je fais comment???.

J'ai passé une heure et demie, rien de moins, sur internet à essayer de trouver une solution. Si vous êtes un expert dans ce genre de choses et que vous avez une réponse simple à ce problème qui semble somme toute assez commun, écrivez-moi au plus vite, parce honnêtement, je ne sais plus quoi faire.

Je ne peux plus utiliser Photoshop, ni mettre à jour le toujours cocasse Rappaz Horror Picture Show, et je ne vois aucune façon de régler mon problème, à part demander de l'aide à l'armée de geeks que vous êtes. Et vous, ça vous prend 30 secondes pour me dire quoi faire, et vous êtes bons là-dedans. Merci d'avance. Pour l'info: j'utilise Mac OS X et Photoshop 8.0.

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Le top 5 du mercredi

mai 31, 2006

Cette semaine, le top 5 des activités qui seront à la mode cet été:

5) se plaindre de la pluie.
4) se plaindre de la chaleur.
3) noyer ses enfants par inadvertance dans la piscine.
2) noyer ses voisins dans la piscine.
1) fumer dehors.

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La célébrité vue d'en-dessous

mai 23, 2006

«Tapis célèbre», un autre commerce judicieusement nommé. Rue du Parc. Ou quand votre moquette est connue de tous.

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Mot dru

mai 22, 2006

Veuillez s'il vous plaît bannir de votre vocabulaire un de ces nouveaux mots à la mode: «bouncer». Bounce! Y'a abus.
«Bouncer», c'est laid;
ça contient les lettres «oun»;
qu'on prononce «awn»;
ya trop de voyelles, comme dans «yaourt»;
ça me fait penser à de la sueur;
à des batailles en sortant des bars;
à des grosses poitrines;
à des urinoirs;
à mes chèques de loyer;
à Jodie Foster qui court au debut de Silence of the Lambs;
à la plaza St-Hubert la nuit;
à des gens qui suent pour de mauvaises raisons;
à des gens qui feraient de la coke dans mes toilettes;
au marché Jean-Talon et à l'idée que je pourrais rester dans ce coin là;
à un brouillard éthylique;
à en dehors de mon lit;
à des gars comme celui qu'on a vu dans le métro en revenant du Green Spot;
à des filles laides;
qui ont chaud;
qui suent;
pour de mauvaises raisons.
Bouncer, et puis la drogue: on n'a pas besoin de ça nous autres.
Bonne journée et bonne fête DU dollard;
et du lard;
lard brut.

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No Logo, No Métro?

mai 20, 2006

(Originalement publié sur MidnightPoutine.ca).

Ralentissement de service / merci d'avoir voyagé avec la STM

La STM parlait la semaine dernière de «louer» les noms des stations de métro à diverses compagnies, de les modifier à court ou à long terme, afin de regarnir ses coffres avec de nouveaux revenus publicitaires. Une idée qui me semble, à moi comme à plusieurs autres, passablement grossière. Pas qu'on soit si attaché aux noms parfois un peu longs (Longueuil/Université de Sherbrooke?) ou phonétiquement désagréables (Papineau, vous trouvez ça beau? Namur? Montmorency?) dont nos stations ont été affublées. Mais nous sommes déjà inondées de pub dans les wagons et sur les quais, et il y a quelque chose d'éthiquement suspect dans l'idée de permettre à n'importe qui de débaptiser ce qui a toujours fait partie de notre paysage quotidien.
C'est comme les noms de rues, vous aimeriez habiter sur la rue Burger King?
Pour éviter à Montréal d’autres abominations telles le «Stade Uniprix», toujours fier de recevoir Slipknot d’une main et de vous vendre des tampons de l’autre, voici quelques suggestions qui permettraient à la STM de putasser sans douleur, de vendre notre transport en commun (commun comme dans «bien commun») sans trop dénaturer des noms de stations qui furent savamment choisis il y a 4 décennies.

Ainsi donc, Peel se vendrait bien à Duracell ou Energizer, la station Viau échouerait logiquement aux biscuits du même nom, Cadillac à un concessionnaire automobile, et, juste pour faire joli une fois les deux noms réunis, Le Château achèterait Frontenac.
CISM serait avisée de convaincre MC Gilles de modifier légèrement, moyennant une rondelette somme, l'ortographe de McGill. Le musée de l’Holocauste ferait un bon coup en achetant Lionel-Groulx, dont le passé anti-sémite divise toujours les historiens. Le Parc Safari prendrait l’obscur métro de La Savane, et on pourrait fourvoyer les nouveaux venus, qui chercherait le dernier Lars Von Trier au milieu du jovial quartier Parc-Extension avec la nouvelle station Cinéma-du/Parc.
Place-d’Armes et l’école Polytechnique pourrait y aller d’une association de mauvais goût (un goût presque aussi mauvais que le film qu’on s'apprête à tourner sur la tuerie de 1989 avec Karine Vanasse). Air Canada réserverait sans tarder une des futures stations de Laval, la station De La Concorde.
Aussi : Beaubien/Bon prix/Bonne coupe/Bonne réputation/Moore’s, Tourisme/Charlevoix, Lasalle/a-Rossa. Espérons un Champ-de-Mars aux brunes couleurs de la tablette de chocolat du même nom. Sauvé/les meubles, La tête à/Papineau, un coup parti. Ou, comme le veut cette suggestion alléchante, formulée sur le forum de metrodemontreal.com : Square-Victoria's Secret!

L’Université de Montréal, l’UQÀM ou Concordia seraient-elles soudainement obligées de payer pour conserver leur nom sur «leurs» stations de métro? Un groupe de citoyens (je lance l’idée de même) pourrait-il se regrouper et baptiser telle ou telle station, pendant un mois, de n’importe quel nom, je sais pas moi, prochaine station : Elvis Presley? Des révisionnistes voudraient-ils ramener le Berri-de-Montigny des années 1980? Des comiques pourraient-ils changer Pie-IX pour Pie-VII ? Gonorrhée-Beaugland? Pourquoi «De l'Église» et pas «De la Mosquée» ou «De la Synagogue»?

Les nouveaux commanditaires pourraient s'inspirer des spécialités locales, PFK profiant des odeurs d’effluves qu’il répand à la sortie du métro Préfontaine pour placer ses 3 lettres sur l'édicule hochelagaïenne. Ou encore la SAQ capitaliserait sur le surnom, Préfond-de-tonne, que certains locaux lui affublent. Dans le même ordre d'idées, associons la station à un attraction du secteur: Beaubien/Hot Dog Élégant? Frontenac/Sexe Mania? Georges-Vanier/rien pentoute...

Enfin, cela nous distrait de la question fondamentale qui tracasse inconsciemment les usagers de la Société de Transport de Montréal depuis toujours: Honoré-Beaugrand et Edouard-Montpetit entretenaient-ils une liaison secrète?

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Lettre à Memphis #057

mai 19, 2006

Chère correspondante,

Après analyse de mes (in)capacités financières, je pense que ce sera impossible pour moi d'aller te visiter à New York le weekend prochain. Jette z'en le blâme sur le proprio, qui tient à avoir son loyer en entier le premier jour du mois (même s'il l'aura le deuxième), quel capricieux.

Ça me fait mal à montcuq un peu, mais je ne pourrai pas supporter d'être là-bas (ni ici d'ailleurs, mais ailleurs c'est pire) avec dix dollars en Posh et j'aime mieux me consacrer aux affaires courantes et locales:
* dilapider le reste de ma fortune en épices riz.
* bien faire semblant de faire de mauvaises choses, avec toute l'insignifiance que ces choses, aujourd'hui comme il y a cinq ans, m'inspirent.
* acheter des trucs utiles tel une enregistreuse, une tôle à biscuits, un chaudron assez grand pour y fabriquer mes propres soupes.
* fourrer les dimanches après-midi.
* penser à la formidabiliosité des gens que l'on recontre, penser à ceux qu'il sera possible de trouver along the way, tantôt, en se promenant dans l'été; et penser à ceux qui ne sont simplement pas là en ce moment.

La moindre des choses que nous puissions faire, vous et moi, pour l'univers serait de poser des pierres, créer, et prospérer. Ce ne serait jamais autant le fun si j'avais à le faire tout seul.
Je suis peut-être en train de dériver tranquillement et de devenir débile, mais ça ne m'empêche pas d'être convaincu qu'il y avait du génie jadis entre les murs de cet immeuble que nous partagions, et que nous sommes, autant que nous sommes, les sommes de nos morceaux dispersés à travers l'Amérique, des fleurs de lotus qui ont poussé dans un skidrow.

Il serait amusant, avec tous ces jours de pluie, de modifier les parapluies et d'en inverser la courbure, pour qu'ils deviennent tous des bols de soupes, des super bowls, se balançant au-dessus des têtes. À mesure que l'eau chuterait du ciel, tous ces bols se rempliraient de bonnes soupes acides et d'excellents coliformes célèstes, rendant les poids des parapluies de plus en plus difficiles à supporter. Les poignets fragiles peineraient à tenir la canne, quelques frêles marcheurs vacilleraient, verseraient leur jus par accident d'un côté ou de l'autre, sur les sans-parapluies déjà trempés ou sur les chiens qui puzent. Et les autres, plus adroits et secs sous les abris mobiles sous lesquels ils se baladent, sueraient sang et surtout eau, afin de maintenir en équilibre la soupe au poids dans un parapluie lourd, concave et gorgé de liquide.
Tout ce beau monde usé, fatigué, ennuyé, aurait le même air ennuyé que maintenant, après huit jours d'averse consécutifs passés avec des parapluies tels qu'on les a connu jusqu'à ce jour, tels qu'ils ont naguère été brillament conçus pour laisser eau et ennuis couler dessus et tomber par terre, où les pas des passants pourront les fouler et les flouer. Les cons citoyens pourraient ronchonner pour la bonne cause, la douleur physique et la fatigue pénible, bref pour la cause qui est meilleure que l'inoffensive grisaille ou qu'un printemps austère.

L'inventeur du parapluie, impatient de tester son invention, regardait le soleil par la fenêtre en maudissant le beau temps.

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Le top 5 du mercredi

mai 17, 2006

Cette semaine: le top 5 des antithèses brillantes.

5) Étalon complexé.
4) Cul-de-sac sans fin.
3) Bison glabre.
2) Caribou érotique.
1) Navet confit.

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Pastiche

mai 16, 2006

Photo et légende; rappaz.net parodie une compagnie bien connue; made in Downtown Centre-Sud.

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Pensées vagabondes #18

mai 15, 2006

Pour qui sonne le gras.
Whiners don't do drugs.
Suer le temps.
Parler le braille couramment.
Le Tennessee est un Memphis de pute.

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Conversation inutile #0038

mai 15, 2006

-As-tu acheté le nouveau livre «Où est Charlie»?
-Je l'ai pas encore trouvé.

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fiction/anti-fiction

mai 12, 2006

-T'as vu le nouveau P45?
-Tu parles de p45.ca?
-Oui, il est de retour, version 2.0 et version de couleur varte.
-Qui s’en occupe maintenant?
-Xavier Kronström Richard. Ou "XKR" pour faire plus court.
-XKR... bel acronyme! C’est le PKP du cool!
-Le PKP de tes jours de pluie.
-Ça se namedroppe relativement bien dans une soirée.
-Ouais ben rappaz est dans P45, dans la section fiction. Tu l'as vu récemment, lui?
-Pas depuis un mois, au moins. Il se fait assez discret. J'ai entendu un tas de trucs à son sujet.
-Ah?
-La rumeur veut qu’il se soit fait prédire une femme et des enfants par un mystérieux diseur de bonne aventure Chinois, et que depuis ce temps, terrorisé, il n’ose plus sortir de chez lui.
-Et ce fameux alexandresavard, dont il parlait tout le temps? Qu'est-ce qui arrive avec lui?
-Disparu aussi? On raconte qu’il souffre d’une addiction à wikipedia!
-Ça expliquerait pourquoi on n'en entend plus parler...
-Il aurait développé une attirance particulière pour les naines brunes.
-C’est le fin du fin!
-Le chic du chic.
-Le début de la fin?
-C'est qui, au juste, alexandresavard?
-Est-ce quelqu'un le sait vraiment? Je pense que c'était son voisin, qui habiterait maintenant dans le coin du métro Jarry. Il y a plein de photos sur le web, mais je ne suis pas sûr que c'est vraiment lui.
-Tu veux dire que ce pourrait être un coup monté?


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Frederic Rappaz présente :
«101 façons de fourrer le chien»
(un répertoire de bien mauvaises idées)

mai 11, 2006

Fourrer le chien

* Ouvrir le sac de l'aspirateur pour récupérer les sous noirs accidentellement aspirés pendant votre ménage.
* Essayer de se gargariser au Listerine pendant plus de 20 secondes durant la saison des allergies au pollen.
* S'installer sur une terrasse sur St-Denis pour le seul plaisir de regarder les gens trébucher dans les dénivellations du très mauvais trottoir du quartier latin. C'est une mauvaise idée puisque les trottoirs ont malheurseument été refait la semaine dernière. Nous irons donc ailleurs cet été.
* Jeter des sacs d'épicerie dans le broyeur à déchets.
* Confondre la compagnie Crayola avec la Compagnie Crayole (oui, nous avons abordé la question avant-hier, mais cette méprise n'est aujourd'hui pas moins embarassante dans un bal, un bal masqué).
* Jeter le bébé avec l'eau du bain: en théorie ça peut aller, mais en pratique, le bébé passe difficilement.
* Jeter le blé d'inde avec l'eau du bain.
* Sniffer du jello.

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Gloire, poutine et rock'n'roll

mai 11, 2006

Sur le Rappaz Horror Picture Show, un album photo ajouté récemment: «Une soirée avec Les Temps Liquides». Quelques images d'un show du groupe «plus fucké que réellement percutant» le 29 avril à l'Hépatite Hémisphère Gauche.
Puis visite éclair à la Brasserie de mes aïeux, près de la Plaza St-Hubert. Enfin, repas infect et indigeste au Roi du smoked-meat, toujours dans cette même distinguée plaza.
Pour l'anecdote, l'homme en brun que vous apercevez sur la pochette du plus récent album de Les Temps Liquides est un mannequin photographié à la Plaza St-Hubert.

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Revue de presse

mai 11, 2006

Journal de Montréal, 26 janvier 2005
Après une petite semaine de négligeance, de surcharge de travaux divers et de manque de sommeil, me revoici en train de couler quelques rares instants d'oisiveté. J'ai donc mis à jour le Bêtisier, que vous pouvez consulter en cliquant ici. Évidemment, vos contributions sont toujours les bienvenues.

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Le top 5 du mercredi

mai 10, 2006

Cette semaine: 5 scénarios animaliers que l'on aimerait bien voir se produire.

5) une grenouille plus grosse qu'un boeuf
4) une vache vraiment passionnante
3) un chien-guide suicidaire
2) un chat qui ne se lèche pas le pet devant la visite
1) un visite dans un zoo où les animaux ne sont pas en train de dormir

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À ne pas confondre

mai 09, 2006

La Compagnie Crayole et la compagnie Crayola.
Ce conseil peut vous éviter bien des désagréments dans un bal, un bal masqué.

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du plaisir chez pharmaprix

mai 09, 2006

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Opinions

mai 06, 2006

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Le top 5 du mercredi

mai 03, 2006

Cette semaine: le top 5 des maladies qui ne sont plus ce qu'ils étaient depuis que la menace aviaire leur vole la vedette.

5) l'encéphalopathie spongiforme bovine (un souvenir des années 1990)
4) la peste bubonique (qui revient quand même de temps à autre)
3) la bonne vieille variole (disponible en laboratoire seulement)
2) la tremblante du mouton (qui refuse de se transmettre aux humains)
1) le virus du Nil occidental (parce les oiseaux sont à 2006 ce que les moustiques étaient à l'année 2003)

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Les Savardises, épisode 15

mai 01, 2006

Résumé de l'épisode précédent:

Entraîné par d'irrépressibles pulsions carnivores, Alexandre Savard a été intoxiqué par un repas douteux et se tord de douleur dans son appartement du Centre-Sud. Monique Liquide, s'improvisant infirmière, décide de le soigner en lui imposant une cure au gin, après avoir découvert sous un buffet une bouteille de boisson supposée, selon certains avis plus ou moins éclairés, soulager le souffrant de son mal.

*****
-15-

Monique Liquide retourne à la cuisine, extirpe de la masse de vaisselle sale et sonnante un verre aux parois maculées. Elle le passe sous l’eau chaude et essuie avec ses doigts les taches incertaines laissées par des lèvres inconnues, puis dans le verre réchauffé laisse dégouliner deux doigts de Tanqueray tablette. Elle revient vers le sofa et tend vers Savard le verre à demi rempli.

À l'intérieur d'Alexandre Savard, un grand ballet canadien d'organes se poursuit toujours devant d'indisciplinés spectateurs, qui lancent aux danseurs leurs monocles, leurs haut-de-formes, leurs queues-de-pies, leurs baise-en-villes, les messieurs les plus délurés projetant même sur la scène du crime gastrique leur pantalon à mille raies.

Paniqués, les chorégraphes s'agitent en tous sens, dans une danse dégénérée et proto-tribale. L’iléon se met en charge, donne un coup de fil au pylore, qui dort dans son antre, et à chaque coup de sonnerie, une secousse électrique se décharge dans chaque néphron de Savard. Et il y en a des milliers, des millions de néphrons et des millions de chocs.

Alexandre Savard ne réagit pas aux offrandes liquides de Monique. Couché sur le dos, les yeux clos, son visage ne montre aucune expression et toute sa douleur, concentrée dans ses entrailles, ne s’échappe pas, ne se laisse pas deviner sur son visage blafard, quasi exsangue, qui rappelle la mort par asphyxie plus que le déchirement post-alimentaire qui s'agite quelques décimètres plus bas.

Croyant mort le moribond, Monique pose le verre sur une table et saisit Alex par les épaules, et le secoue d’un geste énervé, trop violent, assurément trop violent pour un individu dans cette condition. Mais Monique connait bien Savard, elle le connait trop. Elle n’est pas sans ignorer que sans un brin d’agressivité, elle ne dégèlera pas le grand gaillard, qui a la fâcheuse habitude de sombrer, à tout propos et parfois pour des motifs des plus nébuleux, dans une inertie crasse, quand ce n'est pas un apitoiement scandaleux. Dans l'entourage du jeune homme, la plupart des gens ont pris le parti de s'en distraire: ils prennent le Savard en pitié, parce qu’il n’y en a bien qu’un seul, un seul véritable alexandresavard, un seul pour des centaines de clones manqués et pour une tonne de copies, deux tonnes de copies, des tonnes de copies; ils doivent se dire qu’on doit bien, pour cette raison, le ménager un peu et lui passer cette fantaisie. On essaie souvent de ménager les gens qu’on aime, mais ce n’est souvent que les supporter dans une complaisance néfaste. Le monde, l’univers, la planète Terre, entière, avec ses habitant(e)s dessus, n’a rien d’une guérilla tranquille, d’une conspiration anti-personnelle, n’a rien d’un combat ou d’une corvée. Elle n’est que bonheur, joie et déconstipation, frénésie et carrousels, elle se prononce comme un « ss » et comme un « z » et il n’y a lieu pour personne de s’écraser dans son sofa pour un non ou pour un oui. Il faut refuser de laisser ses amis s’apitoyer. Les amis ne dorment jamais dans des bancs de neige avec cinquante dollars en poche, ou alors c'est qu'ils sont cons. Amis quand même, mais cons aussi, et qui veut s'entourer de cons malheureux quand on peut s'entourer de cons heureux? Ces derniers dépensent jusqu’au dernier sou, se font une bouffe, savourent le rock and roll ou prennent le bus aller-retour... mais des fois aller seulement, pour le simple plaisir de voir la route, sans égard pour ce qu’il y a au bout.

Savard ne pense pas à tout ça. Savard rote. Bruyamment. Monique Liquide a un mouvement de recul, croit qu’il va gerber. Mais Savard ravale son renvoi, discrètement, distraitement, et il ouvre deux yeux gros, englués, ébahis, sur la Monique qui vient de le ramener au monde réel.

à suivre...

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Liens vers les épisodes déjà en ligne

Les Savardises: épisodes un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize et quatorze.

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Les Savardises sont publiées chaque dimanche (en fait presque, j'essaie fort, des fois le lundi...) et bien entendu vos commentaires sont toujours appréciés. Quant à vos suggestions, elles pourraient bien prendre forme dans un prochain épisodes des Savardises!

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