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Pour toi, mon ami(e) que j'aime

février 28, 2006

...and so it's come to this... pour les correspondantes et correspondants des Lettres à Memphis: la page MySpace officielle de rappaz.net.

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La boutique de thé

février 28, 2006

Il y a des héros dans chaque ville. Un de mes héros est Ming Wah Hong, propriétaire et tenancier, en compagnie de son épouse, du Commerce Ming Wah Hong.
Ce n’est pas du name dropping, ni de la publicité. C’est l’expression sincère de mes visites hebdomadaires. Une fois par semaine, je «prends mon crachat et marche» jusqu’au quartier chinois, le minuscule quartier chinois de Montréal, le Chinablock comme il devrait s’appeler.

C'est l'expression sincère du bonheur que je ressens à chaque visite à sa boutique de thé. Ces jours-ci, faute d'argent, je dois me contenter de très petites quantités de thé, et seulement d'une variété à la fois. Visites fréquentes donc, au Commerce Ming Wah Hong, et je ne saurais m'en plaindre tant ces visites me plaisent.

En fait, il y a deux arrêts obligatoires sitôt qu'il y a quelque monnaie dans mes poches. Sans même avoir mangé, aussitôt que je trouve quelques sous: la boutique de thé (parce que le thé vert m'est essentiel pour travailler comme il faut, de chez moi, sur l'ordinateur) et la boutique Volume, sur Ste-Catherine Est, où Maryse me feed with litterature, pas toujours de la bonne mais je la truste. Enfin... pas toujours de la bonne... pas toujours quelque chose que j'aime, mais on s'en fout. Ça occupe ces soirées de «travail», l'autre boulot, dans St-Henri.
Je parle de Volume et de Maryse, mais ce n’est pas du name dropping que je fais, ni de la publicité. Seulement l’expression sincère d’une visite que j’accomplis à chaque semaine ou presque. Le Volume, ensuite la boutique de Monsieur Ming.

Je quitte mon Centre-Sud et le manque prochain de thé en feuilles, facilement appréhensible, n'est peut-être bien qu'un alibi parfois pour aller se ressourcer dans la boutique de thé.
Vers le quartier chinois, j'arrête en chemin, insérez nom de commerce ici. Je fais ma «run de lait» comme qui disent dans le neighborhood, même si c'est avec un sourire de travers et de mauvaises pensées; et je crie, bien que je sois un homme discret et timide: « Comment ça vaaaaa? »

-- « Ça va bien, et toi? »
-- « Ça pourrait allez mieux »

Virgule. Insérez problème banal et sans gravité ici. Ordi cassé, chèque qui se fait attendre, temps mauvais, manque de sommeil, dispute dans le neighborhood. Mais énumérez votre souci en sachant que vous allez chez Ming Wah Hong, et que durant les trois minutes, dix peut-être si ce n'est pas trop occupé, si le percolateur est plein d'eau chaude et que le tenancier se met en tête de vous faire goûter mille sortes de thé en feuilles, pendant ce temps donc, tous les problèmes de l'humanité, je dis bien tous, même votre genou qui fait mal à cause du froid et de votre rotule endommagée et de la physio que vous ne faîtes pas quand le docteur vous le demande, rien donc n'aura d'importance, sinon une petite boutique, un petit huis presque clos de deux mètres sur cinq, le goût d'un thé neuf qui baigne dans un petit gobelet même pas écologique et de gros caractères incompréhensibles sur les journaux empilés sur l'étroit comptoir, devant la caisse.

J'arrête en pleine tempête pour dire bonjour. Il me reconnaît si je téléphone. Il me demande ce qui arrive avec le chien, je lui dit que ce n’est pas le mien.
« It’s my neighbor’s dog »
« Oh. He’s huge. Big dog »
Oui, très grand chien, très Bon et Très-Haut aussi. Il vit avec alexandresavard, il est atomique, il mange dans les poubelles en cachette et n’est pas malade. Il dévore plus de cigares aux choux que le Gestapo et souffre de diarrhée, ou boit de l’huile de canola, ça fait du vomi huileux.

Je suis allé récupérer Woody Guthrie III chez le docteur du Mac, il y a une dizaine de jours. Un jeudi. De bon matin. Il neigeait abondamment. Une bien belle tempête, bien mouillée. Deux semaines sans ordi, c’était au-dessus de mes forces, mais ça s’est bien passé.

Je passe par la rue Clark, devant les nouveaux locaux de la boutique de thé de Monsieur Ming. Juste trois pas au sud de René-Lévesque.
La pancarte qui pend de sa boutique, qui flotte devant, elle a un signe yin et yang dessus... vous l’apercevrez peut-être en croisant la Place Sun Yat-sen, où en allant manger à la Maison VIP... Je vous y emmènerais si j’en avais l’occasion (et les moyens). Alors vous me diriez : « Mais j’ai déjà mangé ici! ». Vous croiriez reconnaître l’endroit, et en vérité il se peut très bien que vous y ayez déjà mangé. Vous réminisceriez sûrement un souvenir d’enfance. Vous conjugueriez les verbes de manières erronées, puis vous vous amuseriez du menu, pauvrement traduit en français comme dans tout resto chinois qui se respecte.
Mes préférés sont «okra avec grande mixture», les trois «genres» de légumes, les nouilles «Har Moon» qui me paraissent une contraction de «Harvest Moon» comme la chanson de Neil Young, et vous penseriez aux plaines de la Saskatchewan ou au Manitoba de Neil tout en fixant les caractères chinois du menu; ou alors vous ne le feriez pas.

J’aime bien lire au sujet des «combinaisons» de viandes, des «abalone» qui semblent justifier le prix exorbitant de la soupe aux ailerons de requin; mais le meilleur, c'est en haut de la première page de ce menu, la description française, pissante, de tous ces drinks exotiques, potions magiques et alcoolisées que vous ne commanderez pas. Un jour, parce que je leur devais bien ça, je me suis essayé. Ils n'avaient aucun des alcools nécessaires pour préparer ces breuvages. J'ai pris le saké chaud, au lieu... pas très Chinois. Vous prévoiriez revenir avec huit de vos amis pour avoir une de ces grandes tables rondes, dont le centre rotationne, de manière à ce que n’importe quel plat se ramène devant n’importe quel des convives.

Vous constateriez que chaque serveur porte des lunettes, que l’un d’entre eux ressemble à une version orientale d’Henry Kissinger.
Ensuite vous rencontreriez Tong. Tong m’a souhaité joyeux anniversaire il y a deux ans et demi, juste avant le show des Eels au Club Soda. Tong est un pince sans rire. Tong vient vous déranger pendant le repas et courtise votre invitée. Il vous refilera son email si vous prenez des photos, vous demandera quel est le meilleur album d’Interpol et fera peut-être même une caricature de vous sur votre addition. Tong veut dire «sweet» en chinois, enfin c’est ce qu’il dit, et je ne lui ai pas demandé de quel dialecte il s’agissait.

J’entre chez Ming Wah Hong avec le berger allemand. Il fait la largeur de l’espace réservé aux clients, il en rentre deux comme lui à peine dans la boutique neuve. Heureusement, les pots contenant les thés sont placés haut sur les comptoirs et sur les tablettes des étagères.
« Votre enseigne a viré de bord, Monsieur Ming ».
Il fait tempête et il ventre. L’enseigne du yin et du yang a viré, s’est enroulée autour de la tige de métal à laquelle est elle accrochée.
« No, no, someone will get hit »
« ... »
Il l’a enroulé lui-même, l’enseigne est trop basse et il vente.
« I have to do this. Or someone... »
Le vent ventre dehors, fort, et je me tiens dans le cadre de porte, le chien au bout de la laisse, enneigé de la tuque aux pieds. Monsieur Ming se donne une claque en plein front avec la paume de sa main : « Or someone... will get hit! In the face! ».

Je passe le VIP, la Place Sun Yat-sen, le Palais des Congrès plus au sud. Dans le Vieux-Montréal nous dépassons Notre-Dame; à une intersection la lumière vire à l’orange entre deux rafales de neige, je fais courir le chien et me laisse déraper derrière lui. La rue St-Sulpice est en pente descendante. Le chien gambade sur le trottoir disparu, la langue pendante, la condensation qui s’échappe entre ses crocs qui rient, un berger allemand plus grand que nature, roux, et c’est de voir la tête des gens de voir un chien si gros foncer vers eux, sans conscience qu’il y a un monde, un vieux quartier autour, sans conscience d’être plus gros qu’eux. Dans sa tête, le Bon est un caniche et les gens l’aiment tellement qu’il n’a même pas besoin d’aboyer pour se faire aimer. C’est de voir les gens s’écarter du chemin quand ils voient la bête à la course; et moi, emmitoufflé jusqu’aux dents, qui glisse derrière, sur les talons, en embrassant chaque dénivellation dans le terrain et dans la neige nouvelle, en essayant de contrôler chaque dérapage, chaque bosse de neige, précédé d’un animal courant, incontrôlable, le nez froid, qui déchire les vieux quartiers, déchire les temps, et les saisons.

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Loveshack

février 27, 2006

Quelqu'un a remarqué le coeur sur la photo qui accompagnait le plus récent épisode des Savardises ? C'est de l'amour, ça...

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Le name dropping de la semaine

février 26, 2006

Chaque semaine (ou presque) nous laisserons choir négligemment sur ce site le nom d'une personnalité, d'un concept, d'un événement, d'un souvenir bon ou mauvais, sans aucun but précis si ce n'est de le ramener à la mémoire populaire et de voir si quelqu'un, quelque part, s'en souvient. Cette semaine:

« Pépin la bulle».

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Pensées Vagabondes #13

février 23, 2006

Les oiseaux se cachent pour nourrir.
Prendre les choses en nain.
Mettre un corbeau, sur son arbre perché.
Happy alcoholidays.
Tromper son nouvéllennui.
Jusqu'à ce que remords s'ensuivent.
Crucifiction.
Être une brebis égarée écartée.
Molson salue l'ivraie!

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Rappazland: quelques précisions

février 22, 2006

Au sujet de Rappazland, ce nouveau site de villégiature dont nous vous parlions la semaine dernière:

Dear Frederic,

This place sounds amazing, especially the section about beer, but I have a few concerns, I am a crack addicted homeless person that lives in a sewer.

First of all, does that make me eligible to enter rappazland? Secondly, should i be eligible to enter rappazland, would there be lots of promiscuous sex without condoms, since there would be no legislation against abortion?

Hopefully my needs are fulfilled, thank you for your time.

-Davey The Explorer.


Cette lettre m'amène à préciser quelques détails omis la dernière fois: à Rappazland, il n'existe pas de homeless person, de sans-abri. Tous les espaces sont habitables, y compris les égouts, de sorte que personne ne se retrouvera sans foyer. Notre réseau d'aqueduc est moderne, efficace, et nos égouts sentent la lavande et le melon de miel. Mais pour ceux qui, comme Davey The Explorer, préfèrent leurs égouts bien old-school, ils seront disponibles en une variété d'odeurs nauséabondes.

De plus, les craques de trottoir de Rappazland regorgent de drogues de toute sorte, et tout sera mis en oeuvre pour que les addictés ne se sentent pas trop dépaysés. De toute façon, Rappazland est en soi une très puissante drogue, ce qui rendrait obsolète plusieurs substances habituellement consommées par nos futurs citoyens.
Dernier détail, et non le moindre: les seringues et les individus seront stérilisés dès leur arrivée à Rappazland.

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Les Savardises, épisode 9

février 20, 2006

Alexandre Savard est enfin de retour pour la suite de ses populaires aventures. Que lui est-il arrivé depuis un mois ? Où était-il passé ? Maintenant qu'il est de retour, quels périls l'attendent dans ce monde hostile qui, paradoxalement, n'existe que pour lui ? Vos idées et suggestions sont toujours les bienvenues, elles prendront forme dans les prochains épisodes des Savardises.

*****

« Les aliments périmés n’ont jamais tué personne! » s’exclame Alexandre Savard en désaranwrappisant un paquet de boeuf haché mi-maigre acheté deux semaines plus tôt au dépanneur Brière.

Savard combat le mal par le mal. Sa voix s’enroue dangereusement ces jours-ci. L’air frais du nord le confine à son lit. Son célèbre «loveshack», certes confortable, mais minuscule, confine entre ses murs un air mauvais qui aggrave son mal. Rien ne circule bien, ni l'oxygène ni les hommes (ni les femmes, quoique jamais elles ne parurent ennuyées de ce léger contretemps) et l’unique fenêtre, givrée par le verglas, n'ouvre plus.
Alexandre Savard baigne donc dans son propre smog, celui dégagé par sa respiration, sa toux incessante, sa sueur, son unique présence, son épidémie qu’il tente sans succès de lancer de son lit.

On ne rejoint pas le monde entier en restant dans son lit. Surtout si on s’appelle Alexandre Savard et que notre voix ne porte jamais assez loin, jamais assez fort. Surtout si on s’appelle Alexandre Savard et qu’on enchaîne les rhumes comme d’autres enchaînent les succès, les victoires, les jeux de mots, les millions, les conquêtes, les victimes.

Mais Savard garde le moral! Ses genoux fragiles l’ont supporté, à sa grande surprise, alors qu’il descendait barreau par barreau l’échelle qui le mène de son lit aérien, suspendu, jusqu’au sol de son loveshack. Ils l’ont traîné jusqu’à la cuisine et ses membres faibles, incertains après ces quelques jours d’atrophie musculaire, confinés au matelas et à l’édredon, ont réussi, pas très vigoureusement il est vrai, mais quand même, à entrouvrir la porte du réfrigérateur pour qu’il puisse y glisser à l’intérieur sa main, y tâtonner vite pour ne pas prendre froid davantage, et enfin récupérer le paquet de viande acheté à l’extérieur lors de meilleurs jours, de jours de moins-froid, de jours moins microbiens.

Notre héros, même face au danger et à la mort imminente, la mort par microbes, par asphyxie, par culture bactérienne, garde un air joyeux et confiant, qu’il camoufle par pudeur à un entourage qui, lui semble-t-il en ces jours de maladie, le délaisse un peu et ne se soucie guère de sa survivance.

« Les aliments périmés n’ont jamais tué personne! »
Une odeur de sang et de chair molle se répand dans la cuisine alors que la viande rouge et grise se pointe hors du paquet. Le chien de la maison, attiré par les chairs mortes, vient rôder près du comptoir, nez en l’air, dressé vers le steak. Alexandre Savard baisse les yeux, le toise d’un air supérieur en éloignant sa nourriture. Mais en condescendant le berger allemand curieux, ce sont les vautours, qui déjà déploient leurs ailes et pointent leurs becs pointus au-dessus de son crâne, que Savard ne voit pas.

*****

Liens vers les épisodes déjà en ligne

Les Savardises: épisodes un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit.

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Conversations inutiles #0032
Spécial très brèves

février 19, 2006

P'tain! > c'est une chaise en cuir qui a une fente dedans, mais on s'en fout, elle est confortable
el Fredo > une chaise avec une fente, comme c'est commode!

Living Dead Girl > Comment ca va par chez vous?
Happy AlcoHolidays > ça va fort tranquille, mais je viens de retrouver le reste du bourbon de Noël
Happy AlcoHolidays > ça promet donc de ne pas le rester

=v= > yeah, toi tu parles!
Fred. fear satan > je marche aussi!

gab > c'est tu ça que ton sang y s'infecte, devient noir et tu t'en vides par tous tes orifices ?
Fred > euh non je pense pas... ça, ça doit être la peste bubonique
gab > tu en sais long sur le bubon

Annabelle > au fait, tu connais pas quelqu'un qui se cherche une coloc ?
Fwed > oui, un gars qui a un gros 6 et demi, métro Pie-IX
Annabelle > relis ta phrase, elle est extrêmement douteuse

ra > elle as-tu une fente, elle ?
fred > je sais pas, veux tu que je vérifie ?

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Docteur

février 18, 2006

J'ai un problème de dépendance à la touche F9.

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Bienvenue chez vous

février 17, 2006

I can't live in a country where an anti-abortion redneck homophobic neo-con asshole is elected prime minister. I'm leaving Canada. Fuir Stephen Harper et les cons-servateurs. Vous aussi, n'est-ce pas ?
Mais voilà: pour aller où ? Dans les contrées progressistes des États-Unis d'Amérique ? Peut-être pas. Il y a peut-être mieux.

I'm moving to Rappazland. Vous êtes invités d'ailleurs.
Rappazland, un pays merveilleux construit sur les ruines de nos ambitions...

À Rappazland, il y a de tout, en abondance, et personne ne manque jamais de rien. Les chiens jappent, parfois même à l'envers, juste parce qu'ils aiment ça. Même les gens jappent. Rappazland, c'est Tom Sawyer et Peter Pan en un. C'est Renoir qui buttfucke Norman Rockwell en plein milieu d'un déjeuner sur l'herbe.

Chaque matin vous vous réveillerez au son de l'aurore boréale, et un harfang des neiges vous (éjac)ululera gaiement dans un rai de bonheur et de clarté aubépine.

Rappazland est peuplé de gens de toutes les formes et de toutes les couleurs, au milieu duquel tu évolues dans un bonheur parfait, et toutes ces têtes hochent dans ta direction, et tous les sourires te sourissent. Partout où tu vas, se trouvent des êtres merveilleux qui te lancent:
« Bonjour chez vous! Bonjour chez vous! »
Partout où tu vas ce n'est que splendeur, splendosité, et bonjour-chez-vous.

Quand tu viens au monde à Rappazland, tu reçois la visite de trois créatures fantasmagoriques qui te guideront dans la voie à suivre et te fournirons les réponses à toutes les questions: l'alexandresavard du passé, l'alexandresavard du présent, et l'alexandresavard de l'avenir.

À Rappazland, la bière rafraîchit en t'attendant dans des contenants d'eau de source virés à l'envers dans chaque corridor.

À Rappazland, ya rien qui pue. Tu peux fumer des pelures de bénanes pi ça pupa.

À Rappazland, les filles chizent des étoiles.

À Rappazland, tu peux faire des tours de pélican.

À Rappazland, quand tu te coupes un doigt, c'est du schnaps aux mûres qui coule.

À Rappazland, tu peux te marier avec une chèvre, juste poulefonne.

Rappazland change de couleur quand tu veux, c'est comme un View Master devant tes yeux.

À Rappazland, tu peux faire ça en arrière du rocher.

À Rappazland, tout le monde à un p'tit singe capucin pour faire le ménage.

À Rappazland, toutes tes cicatrices d'acné disparaissent instantanement, garanti ou argent remis.

À Rappazland, Black et Decker sont pu en chicane, pi le Clan Panneton est revenu ensemble comme une grande famille.

À Rappazland, tu peux pêcher des poissons d'argent, des dorés dorés, des achigans magiques, des perchaudes enchantées, des barbus tout nus, des crappaz soleil, des raies. Pis les poissons se font jamais faire mal. Les poissons ont des jambes, mais cachées en dessous d'eux, pis toi y te pousse des branchies.

Who needs Canaduh when you've got Rappazland !
Joignez-nous maintenant, à grands coups de bonjour-chez-vous.

Quand tu arrives à Rappazland, ils te donnent une montre !!!

À Rappazland, ya même du monde qui ont l'air de ça:

Sans oublier les ballounes:

Rappazland est accessible via taxi. Lorsque celui-ci atteint les 88 miles à l'heure, tu te retrouves chaussé de Nike futuro-cagilifrigilistiques genre 2015, tu vois la face de Apu Nahasapeemapetilon et aussi celle de Flea, qui te souffle de l'air chaud à la vitesse du son pi d'l'avoine à travers la fente entre ses deux dents d'en avant; et là tu te ramasses BANG dans Rappazland, ou t'entends un gros gros écho qui te dit et te re-dit: « BONJOUR CHEZ VOUS, BONJOUR CHEZ VOUS, BONJOUR CHEZ VOUUUUUUUUUUS ».

Pour aller à Rappazland, peu importe d'où tu pars, LE TAXI COÛTE TOUJOURS 7.70$ !
$7.70

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En haut de l'usine

février 13, 2006

Et au troisième étage, un couple fait courir sa progéniture de long en large du loyer. Est-ce un enfant qu'ils ont, ou bien est-ce un poney ?

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Lettre à Memphis #056
«Travaux»

février 13, 2006

Chère correspondante, bonjour chez vous.

Ma maison n'est que ruines et débris, que poussières, et mon proprio un arrogant qui se permet de nous donner de l'attitude, bien que ce jeune suffisant, tout bourru soit-il, n'habite quand bien même que le Centre-Sud. Je ne m'en laisse pas imposer même s'il possède le toit au-dessus de ma tête; je ne lui suis point subordonné, et si, il est vrai, qu'un taudis en vaut bien un autre, je défendrai néanmoins jusqu'à la mort le droit inaliénable d'habiter, en cette époque unique de ma vie, en ce very special place in time, au-dessous des quartiers généraux de Kim St-Pierre, partie depuis peu sous des cieux inconnus (de moi), avec pour bagage sous son bras son génie inconnu (des autres).

Je me réfugie où je peux bien le faire, squatte les ordinateurs d'autrui pour ma ration quasi-quotidienne de virtuel essentiel, source des éléments nutritifs qui permettent à mon givrage créatif et sucré de ne point s'atrophier à jamais.
Je patiente tant bien que mal, attendant le retour de Woody Guthrie III, le laptop blanc, le tueur de fascistes, dont le cancer est au cerveau et les pièces de rechange, coincées dans un blizzard étasunien, n'arrivent pas jusqu'à nous.
J'essaie d'éviter l'atrophie, le sang me coule par les oreilles et je tente de colmater les fuites. J'en profite pour voir. Loin de l'agitation de mon appartement, de mon étage que les ouvriers charcutent et réduisent en cendres, je vois et je visionne, surveillé par le Très-Haut, le grand berger allemand du monde, qui me regarde de son fauteuil; et son crâne est très chaud.


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Agenda diplomatique

février 11, 2006

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Des lendemains de poutine

février 11, 2006

L'expert en poutine doit pouvoir identifier la provenance exacte de son dernier festin, visualiser les grands chefs qui l'ont concoté dans leurs cuisines, en se fiant uniquement aux rapports tonitruants que le plat béni lui procure au réveil, bref aux réminiscences que le gourmet éructe lors des lendemains difficiles.

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L'acronyme de la semaine
Un nouvel acronyme chaque semaine!

février 11, 2006

BYOB = Bring Your Own Beer Boobs.

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Le name dropping de la semaine

février 11, 2006

Chaque semaine (ou presque) nous laisserons choir négligemment sur ce site le nom d'une personnalité, d'un concept, d'un événement ou d'un mauvais souvenir, sans aucun but précis si ce n'est de le ramener à la mémoire populaire, que ce soit mérité ou non. Cette semaine:

Roger Joubert, digitalement ramené à la mémoire populaire il y a quelques temps.

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Vacances

février 03, 2006

Ordinateur brisé. Je reviens en milieu de semaine prochaine, en moins de temps qu'il n'en faut pour crier «alexandresavard». D'ici notre prochaine rencontre, Fred (qui pense toujours à vous) vous propose de:

a) lire le très long texte divisé en cinq chapitres que je vous offre aujourd'hui grâce à un ordi de fortune.
b) m'écrire ce que vous en pensez.
c) visiter le Rappaz Horror Picture Show, une collection d'images parfois facétieuses, toujours divertissantes. En temps normal (et d'ordi en santé) il se passe rarement trois jours sans que j'y ajoute de nouvelles photos.
d) corriger vos signets et/ou les liens sur votre site, de manière à ce que l'adresse soit bien rappaz.net, et non l'ancienne, qui sera éliminée un jour ou l'autre.
e) vous impliquer dans une foule d'activités qui vous procureront plaisir, bonheur, joie de vivre, allégresse et légèreté de l'âme. À très bientôt!

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My name is Jonas

février 03, 2006

I

J'ai amèné Woody Guthrie the Third avec moi, dans son sac. Il est cassé; après le travail, l'amener chez le docteur du Mac. Un homme ouvre sa porte, après cinq heures de sommeil abrutissant, improductif, pas trop récupérateur. Tu te réveilles comme une éponge dégorgée, qui crie pour qu'on l'hydrate. En panique que le cadran n'ait pas sonné, qu'il soit l'après-midi. Je me lève, amène ma myopie jusqu'à deux millimètres du numérique: c'est bien le matin, quatre minutes avant la sonnerie. Je sors voler un verre d'eau, revient dans la chambre chaude et rajoute quinze minutes au cadran. Dort mal. Peur de manquer la seconde sonnerie. Je me lève, encore soif. Reste trois minutes. Je reste debout.
Un homme ouvre sa porte, les cheveux laborieux, et l'eau dégoutte sur le pavé, sur la glace qui est sur le pavé. Devant ma maison. J'ai téléphoné le taxi.

Deux ou trois minutes s'écoulent que je n'ai pas une, mais deux voitures de Taxi Hochelaga devant ma porte.

II

Il pleut et je ne garde pas de parapluie, ayant l'habitude en pareille situation d'urgence de grimper à l'étage au-dessus pour en emprunter un à Alexandre Savard.
Pour être exact, ça s'est produit une fois. Je l'avais informé au préalable que j'allais perdre-slash-briser-slash-oublier quelque part le parapluie en question, mais Alexandre Savard n'avait alors montré qu'indifférence et haussements d'épaules.
Éventuellement, j'ai égaré le parapluie.

Je ne peux pas cogner ce matin chez les voisins d'en haut pour en emprunter un autre, parce qu'il est trop tôt. Enfin... non, il n'est pas si tôt... mais ça ne se lève pas de bonne heure ces gens là. Ça mène de mauvaises vies.
D'ailleurs je doute fort qu'ils possédassent (passé simple, ici) d'autres parapluies. Ils sont plutôt du genre casanier en haut. Enfin... pas Alexandre Savard, qui lui, à défaut d'être un visionnaire, est néanmoins une extraordinary machine, foulée de projets, et dont les multiples activités sociales-slash-sentimentales le portent aux quatre coins de sa ville.
Savard, il reste actif. Il n'arrête pas. Il produit. C'est un Rappaz version édulcorée, mais plein de rigueur et de discipline; version édulcorée mais oh combien plus attachante.
Sans gras trans.

Je me suis donc résolu à sacrifier une heure de travail en payant un taxi. À contrecoeur mais sans grand bougonnement, parce que quand même, je n'ai aucune intention de marcher -déjà que je suis en retard à la poissonnerie- ou de glisser sur les trottoirs, de mettre les pieds dans des flaques froides. À tremper d'eau de pluie une chevelure précaire. À humidifier un ordinateur déjà kaputt.

« Bonjour jeune homme! »
Le chauffeur tonitrue beaucoup. Sa voix a des points d'exclamation et dans sa barbe, drue, désordonnée mais sympathique, il reste un peu de foncé en travers du gris.
« Coin de St-Denis et Ontario, s'il vous plaît ».

III

Alors qu'on négocie le pâté de maisons pour joindre la Ontario, il ne parle pas. Je le redoute ennuyeux, mais dans le fond il se concentre, il se prépare à remettre dans le monde tout ce qu'il a macéré dans les heures précedentes.

« Vous commencez votre journée? »
« Elle est bien commencée! Travaille jusqu'à deux heures. Commencé le taxi vers quatre heures ce matin ». On tourne sur Ontario. « Par cette belle température printanière » ajoute-t-il songeur.

« Ouais, il pleut, si ça continue de même, ça sera pas beau tt'a l'heure »
Les chauffeurs aiment les conversations de mègne. Ça occupe trois secondes ou quatre, ensuite c'est silence jusqu'à destination. Mais lui passe le test, outrepasse le test:

- « Il pleut alors c'est le printemps, et si plus tard il neige alors ce sera l'automne »
- « Aaaah... ces temps-ci, c'est plein de surprises »
- « C'est plein de surprises et je vais vous dire quelque chose...» Il lève sa tête et me regarde via le rétroviseur. «...les gaz à effet de serre font bien leur travail dans les pays nordiques. Attendez de voir dans 25 ans, mon cher monsieur! »

Il dit tout ça le sourire aux lèvres, en déclamant beaucoup.
Via le miroir, il voit mon ordinateur, dans son sac en bandoulière.
« Vous par exemple, qu'est-ce que vous faites dans la vie? Vous travaillez dans un bureau? Vous faites du multimédia?»

Je lui énumère rapidement, en peu de mots, le panorama de mes activités, qui sont diverses et dont les couleurs jurent.

« Bon alors voilà... Quand je parle de ça, vous savez, je réfère souvent à la fameuse histoire de Jonas »
« Jonas ? »
« Jonas et sa baleine. Dans ans 25 ans d'ici, tout ce que vous voyez ici...»
On traverse Papineau, Champlain. Il me pointe le Pub Jacques-Cartier, les quartiers généraux de chez Pops. «...va être submergé par une bonne quantité d'eau. On a atteint le point de non-retour. Tous ces gens, les politiciens... mais pas seulement les politiciens! Les grands chefs d'entreprise, de multinationales, ceux qui font rouler l'économie mondiale. Les experts aussi... »
Il lâche le volant, tape dans sa paume « Ces gens-là n'ont pas la sagesse...»
Marque une pause. «...nécessaire pour prendre les choses en main ».

Il a dit: « sagesse ». Je n'acquiesce rien, ne décquiesce rien. Je regarde le compteur, l'heure, pense bref à la poissonnerie que je m'en vais ouvrir et au panorama de mes activités.

IV

- Vous savez les Américains ont besoin de pétrole. Alors ils cherchent du pétrole en Alaska. Et dans toutes ces îles, dans l'Arctique. Ils passent sans demander à personne, ni au Canada, ni au Danemark qui possède aussi des îles dans ce coin là, sans le demander parce qu'ils sont rendus au stade, dans leur décadence, où ils ne demandent plus rien à ceux qui sont plus petits. Au lieu de dire: « on va s'asseoir, on va négocier de façon, disons... honorable ».

À ce point, je n'écoute plus vraiment. On est à l'ouest d'Amherst, mon ancien home au troisième étage, et dans cet habitacle-ci, le taxi, c'est un monologue que j'entends. La pluie roule sur le pare-brise, déboule le capot et j'imagine l'eau qui monte, le long des fenêtres du cab. Ma Ontario, le monde, comme un grand lave-auto. L'heure est venue du carwash de l'humanité...

Traverse St-Hubert. Je regarde l'heure, le compteur, l'heure, le compteur. Je me mets à gigoter pour déchaîner mon porte-monnaie dans ma poche arrière. Le taxi se range au coin St-Denis.

«...Paul Martin, lui, avec ses bateaux de la Steamship Lines, avant il les faisait passer dans le canal de Panama, mais maintenant il les fait passer dans les eaux arctiques, parce que ça coûte moins cher... Si je vous laisse ici, ça vous va?»
« Oui oui »
« Juste ici, derrière cette voiture ? »

Je paye, et puis merci beaucoup monsieur, bonne journée!

J'en suis à me déplier hors de la voiture.
- Mais moi j'ai la solution. Je fais comme Jonas!
- Vous allez trouvez une baleine?
- Maaaaaais oui !!! Ça vit longtemps ses animaux là! Ça peut vivre... quoi ? Cent ans, deux-cent ans ?
- Peut-être un peu moins...
- Et les tortues! Ils ont trouvé des tortues marines qui vivent cinq cent, six cent ans!!
- Euh...
- Imaginez comme on est bien dans une tortue. Alors nous on entre dans nos baleines, et on ressort six cent ans plus tard, avec une grosse barbe...

Il met la main à son menton et touche sa barbe grise, moins longue que celle de Jonas...

- ...et alors à ce moment là, on recommence le monde!
- Exactement!
- ...en enseignant des valeurs de partage et d'humanisme !
- Et wala ! Votre histoire finit bien!

V

Effectivement, elle finit bien. Elle finit bien dans six-cents ans, mais elle finit bien. Woody Guthrie III et moi, on n'aime pas les gens qui se plaignent, on aime les gens qui se plaignent avec le sourire et qui, dans le fond, comme leurs histoires, finissent bien. Je remets mon porte-monnaie dans ma poche arrière:

- Merci monsieur, bonne journée !
- Mais bonne journée à vous aussi, mon cher monsieur. Et j'espère bien vous lire.

Je sors de l'automobile et met le pied dans une flaque énorme.
Certains matins, j'essaie d'être un visionnaire dans une poissonnerie, et honnêtement je crois que les deux activités ne sont pas incompatibles. Il y en a bien d'autres qui sont visionnaires dans une voiture taxi.

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Le cassé

février 03, 2006

Je suis un cyber-squatteur qui squatte les ordis d'autrui. Le laptop a cassé hier. Son écran est bêtement devenu gris.
J'ai fait promettre aux gars d'Apple que ça ne me coûterait rien, ensuite j'ai bu ma douleur au Korova en même temps que l'argent du loyer. Puis aujourd'hui j'ai apporté mon ordinateur aux réparateurs, dans le Vieux-Montréal, là où ils ont fait un arbre de Noël avec des vieux Mac carrés, ceux des années 1980.
J'espère un retour prompt de la machine qui tue, et j'ai pleine confiance en ces réparateurs expérimentés... mais ça m'embarasse un peu quand même de confier mon laptop, avec toute cette pornographie infantile qu'ils vont voir dans mon ordi, mes brouillons de hate-mail, ma liste de personnes à éliminer.
Sans compter le désagrément de voir son iPod se décharger en fin de semaine, pendant qu'ailleurs dans le monde des gens crèvent de faim et qu'il y a la guerre, la misère, la pestilence et Céline Dion.

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Du visionnarisme (suite)

février 02, 2006

Défintions de «visionnaire»:

- Celui, celle qui a ou qui croit avoir des visions surnaturelles.
- Celui, celle qui a des idées extravagantes, farfelues
- Celui, celle qui perçoit ou qui croit percevoir la réalité profonde des choses, au delà du visible, de l'immédiat.
- Celui, celle qui a la prescience de l'avenir.

Un animal peut-il être visionnaire ?

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Ambition: visionnaire

février 02, 2006

J'ai décidé qu'à présent je serais un visionnaire.
(Ça gagne combien par année un visionnaire ?)

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Frederic Rappaz © 2002-2008
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