1) Zoobombs @ El Salon (1er octobre, Pop Montréal)
2) Arcade Fire @ Théâtre Corona (24 avril)
3) The Dears @ Spectrum (19 juillet)
4) The Exchanges @ El Mocambo (12 juin, Toronto / NXNE)
5) The Kills @ Café Campus (8 avril)

Pour faire suite à la liste annuelle de mes albums préférés de l'année, mise en ligne hier, voici pour vous quelques présents du nouvélan. Une sélection de dix mélodies gracieuses et illégales qui ont marqué mon 2005. Voici ma trame sonore des douze derniers mois, bloguée pour vous:
Beck - Earthquake Weather
Album: Guero(Interscope)
Spoon - I Summon You
Album: Gimme Fiction (Merge)
Final Fantasy - This is the Dream of Win and Regine
Album: Has A Good Home (Blocks)
Architectures in Helsinki - Do The Whirlwind
Album: In Case We Die (Bar)
Wolf Parade - Shine A Light
Album: Apologies to the Queen Mary (Sub Pop)
Against Me! - From Her Lips To God's Ear
Album: Searching For A Former Clarity (Fat Wreck Chords)
...and you will know us by the Trail of Dead - Will You Smile Again?
Album: Worlds Apart (Interscope)
Clap Your Hands Say Yeah - The Skin of My Yellow Country Teeth
Album: Clap Your Hands Say Yeah
Tricky Woo - Living In The Danger Zone
Album: First Blush (Last Gang)
Dirtbombs - I Started a Joke
Album: If You Don't Already Have A Look (In The Red)
15) Turbonegro - Party Animals (Burning Heart)

14) Final Fantasy - Has A Good Home (Blocks)

13) Deerhoof - The Runners Four (Kill Rock Stars)

12) Sufjan Stevens - Illinois (Asthmatic Kitty)

11) Spoon - Gimme Fiction (Merge)

10) Architecture in Helsinki - In Case We Die (Bar)

9) The Ponys - Celebration Castle (In The Red)

8) The Kills - No Wow (Rough Trade)

7) Black Mountain - Black Mountain (Jagjaguwar)

6) Yesterday's Ring - El Rancho (Dare To Care)
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5) Louis XIV - The Best Little Secrets Are Kept (Pineapple/Atlantic)

4) My Morning Jacket -Z (Badman)

3) Deadly Snakes - Porcella (In The Red)

2) Bloc Party - Silent Alarm (Vice)

1) Tricky Woo - First Blush (Last Gang)

Liens
Le meilleur de 2004: albums et rockshows.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Alexandre Savard a des rêves de grandeur, mais il ne sait pas lesquels. Immobile devant les hautes grilles du chantier, il tergiverse sur la trace qu'il aimerait -ou n'aimerait pas- laisser sur le monde.
Parfois, lorsqu'il est couché sur le dos, tard le soir, Alexandre Savard essaie de percer l'obscurité et de distinguer le plafond qui le regarde de haut. Alors ses yeux voient son nom, écrit en lettres dorées. Chaque lettre est haute de trois mètres, chaque lettre est lumineuse, éclairée, allumée, et tout d'un trait il lit: « alexandresavard ».
Mais peut-être après tout ne veut-il pas laisser d'empreinte dans le monde ? Savard ne comprend pas pourquoi le monde devrait être marqué; et il ne sait d’ailleurs pas -pas plus que quiconque- pour combien de temps ce monde en a.
Il veut connaître la terre entière et ne se faire aucun ennemi, jamais. Car il transcende la solitude, la perçoit à travers le derme de chaque être humain, et lui-même, aussi seul que tous les autres, cherche à éviter la peine, le chagrin. Il ne veut pas faire de bruit, ne souhaite pas faire le mal.
L'univers est une boutique de porcelaine, un magasin à rayons rempli d'animaux sculptés dans de fragiles coquillages; un terrain de jeu, un toys'r'us géant où l'on aurait enlevé tout ce qu'il y a d'amusant, tout, sauf les dominos.
À chaque fois que Alexandre Savard remue, il remue les dominos qui constituent l'existence de chaque vie, qui composent l'univers entier. Il ne peut faire un pas de côté ou déglutir discrètement sans écraser une fleur, sans bousculer l'ordre des choses, sans déployer un arsenal de conséquences.
Face aux grilles et face au chantier, tout en caressant ses épaules endolories par le poids du monde, Alexandre Savard se demande s'il ne devrait pas simplement rester là, sur place, immobile. Prendre racine, ne plus jamais lever un doigt, pour être certain qu'autour de lui plus rien ne remue par sa faute.
Alexandre Savard sera de retour en 2006 pour la suite de ses aventures. Avez-vous des suggestions ou des projets pour lui ?
Liens vers les autres épisodes
Les Savardises: épisodes un, deux, trois, quatre, cinq et six.
Cette semaine...
DUB = débauché(e) urbain(e) branché(e).
Soda Poplinski.

Une carte de Noël parfumée qui sent plus fort qu'un mâle en wifebeater.

Un morceau de robot à celui ou celle qui sait d'où provient cette idée.

« Je ne crois pas que le livre t'instruira. Il te désinstruira, ce qui est beaucoup mieux. Il te donnera aussi peut-être le goût de dropper des downers. »

Y'a comme un problème avec son nez, mais ça vient remplacer ma vieille cravate d'Elvis égarée dans un déménagement, il y a environ six ans, et que je pleurais depuis.

Centre-Suderies... jereprezent !

Carnavaleries... pour ceux qui aiment le caribou.
De la part de l'équipe de rappaz.net, joyeuses fesses-tivités, à vous tous ainsi qu'à vos croches!
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Lorsque Alexandre Savard descend la rue, son lunch à la main, sa condensation suit le rythme de ses pas. Il marche vite, d’un air courbé, sans regarder devant lui.
C’est le presque hiver. Encore quelques semaines et tous les trottoirs seront à jamais disparus, pour des mois disparus, sous une glace noire.
Il arrive devant un chantier. Il s’arrête, et debout devant les larges grilles, il observe à travers les interstices tous ces bons travailleurs. Planté devant eux, il les regarde s’activer dans leur trou, leur très gros trou; et la clôture est pour Savard un rideau de fer. Alexandre Savard est peut-être un communiste, un communiste lesbien, un beatnik. Alexandre Savard peut être ce qu’il veut, et même ce que les autres veulent qu’il soit.
Souvent, il n’en a pas conscience, mais parfois il devient tellement lucide qu’il voit à travers les murs, voit à travers les vêtements. Voit à travers les barbes et les mensonges.
L’hiver s’entame et les hommes de la cité, ceux qui entourent Savard, se laissent pousser au menton un poil dru, abondant, désordonné, qui frise. Et lui, tout en tirant entre le pouce et l’index un des légers fils blonds qui lui pendent au menton, il se caresse l’importance en observant des grues mécaniques gratter un sol gelé, concasser le bitume, massacrer la rue.
Les hommes et les machines font du bruit, beaucoup de bruit; Alexandre Savard debout devant les hautes grilles, entouré par un très large écho, essaie de calfeutrer ses tympans, mais c'est le bruit dans sa tête qui l'empêche de se reposer.
« C’est comme Beyrouth ces jours-ci » se dit Savard en regardant le chantier et les tuyaux qui pointent hors du sol. Tout n’est que trous, fissures et douleur. Ses tympans brûlent à cause des martaux-piqueurs et les images des douze mois à venir rebondissent et cognent dur contre les parois de son crâne.
Savard voudrait être un Tonka. L'an prochain, il voudrait devenir un camion qui roule fort en grognant fort. Il veut faire du bruit et rouler des mécaniques.
Alexandre Savard voudrait être une mine anti-personnel, anéantir tout ce qui lui marche dessus.
Alexandre Savard cherche à vivre et a besoin de vous. Avez-vous des suggestions pour ses prochaines aventures?
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Les Savardises: épisodes un, deux, trois, quatre et cinq.
Ce matin, il est très tôt.
« Mais pour plein de gens, il est encore plus tôt ».
Depuis longtemps déjà, depuis avant Savard, les travailleurs sont descendus au trou et se sont mis à massacrer le bitume avec leurs gros engins. Avant de partir de la maison, Alexandre Savard a ouvert la porte du frigo, constaté que la température en était trop froide et qu'un frimas se créait sur le large des grilles; mais il n’a pas voulu repousser la margarine pour atteindre la roulette, puis ajuster le degré de fraîcheur. Il a simplement saisi sa boîte à lunch, légèrement décalée de l'endroit où il l’avait posé la veille. Il la place devant lui sans trop cogner le fer blanc contre le brun du comptoir. Il relève une par une les attaches métalliques, relève la moitié supérieure de la boîte pour vérifier si à l'intérieur tout y est.
D'abord le thermos orange, plein de soupe à l'orge. Quelques biscuits secs. Des morceaux de céleri, bien coupés, bien astiqués, d'un beau vert pâle exempt de terre, ont été ajoutés à son repas, à son insu. Il ne mange pas suffisamment de légumes; il le sait mais s’en fiche.
On se préoccupe de lui, de sa santé, de son air de jeunesse, de la pâleur de son teint, du rose que prennent ses joues lors des moments de grande gêne ou des matinées de grand froid; mais lui-même est le premier -et bien le seul- à n'y accorder aucune importance. Ou alors il feint, parce qu'il est touché.
Dans la maison tout le monde dort. On se couche tard.
Sauf Savard, qui hier encore était au lit dès les sept heures du soir.
Dans sa poche, il a trouvé un stylo bleu bille, érodé par ses traces de dents. Il l’a jeté sur une table et l’a laissé rouler.
Alexandre Savard ne prend pas de notes. Alexandre Savard mémorise tout, pense tout, garde tout sous sa tête froide. Alexandre Savard ne fait pas les mots croisés dans le journal. Sa tête est déjà pleine de mots, il n’a pas besoin de davantage de confusion et de cases noires.
Un fond d’air frais lui vivifie les sangs lorsqu’il passe sa porte, descend ses escaliers tournants, et s’engage sur sa route. Partout on s’active sans frénésie. Le lourd mugissement des travaux et des réfections se ménage un écho, au loin dans la stratosphère urbaine de sept AM.
Les voitures circulent sans klaxon; leurs pneus balaient une boue grisâtre qui gicle en cadence de chaque côté des véhicules, deux par deux.
Aujourd’hui, Savard veut marcher. Il ne veut plus d’obligations, sauf celle de se promener, d’aller à la rencontre de son destin. Mais il fait froid dehors -c’est la saison- et le destin marche vite en cachant son nez dans une écharpe, en ne regardant personne.
Alexandre Savard cherche à vivre et a besoin de vous. Avez-vous des suggestions pour ses prochaines aventures?
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Les Savardises: épisodes un, deux, trois et quatre.
Un nouvel acronyme chaque lundi ! (En tout cas... on va essayer).
Cette semaine...
PDA: Public Display of Alexandresavard.
(Les Canadien(ne)s retourneront aux urinoirs le 23 janvier prochain. D'ici là, l'équipe de rappaz.net vous présente sa couverture spéciale de la campagne électorale fédérale).
Encore la semaine dernière, dans Outremont, se côtoyaient sur les lampadaires les pancartes des différents candidats aux élections fédérales du 23 janvier, et celles des candidats de l'élection partielle provinciale, qui a eu lieu le 12 décembre. On pouvait encore y apercevoir, ici et là, quelques affiches électorales de Pierre Bourque, le nain de jardin déchu, candidat au scrutin municipal de novembre dernier. Ça fait beaucoup de pancartes et beaucoup de couleurs. Y'a des petits vieux dans Outremont qui doivent être mêlés dans l'exercice de leur démocratie.
Les archives de la campagne électorale:
- Duceppe au Village, 1er décembre 2005.
- Harper à l'hôpital, 2 décembre 2005.
Chaque semaine, nous laisserons choir négligemment sur ce site le nom d'une personnalité de jadis, parfois obscure, parfois très connue à son époque, dans le but de commémorer son souvenir et de le ramener à la mémoire collective, même si ce n'est pas toujours mérité. Cette semaine:
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Debout devant des portes closes, debout dans un tunnel, Alexandre Savard se fait sillonner la ligne deux, seize mètres sous terre.
Son air ahuri se reflète dans les portes closes, noires, du métro bleu, et il se fixe dans les yeux, s’enfonce dans ses pupilles. Ce qui compte, ce n’est pas d’où l’on vient, mais bien où l’on va. Alexandre Savard se répète un mantra qu’il est le seul à connaître.
Le train freine brusquement, projetant les passagers dans tous les sens. La main osseuse d’Alexandre Savard resserre son emprise sur la barre d’appui verticale. En un instant, les projectiles se déploient, prennent les airs. Dans le wagon, les corps s’empilent. Qui perd la page de son livre, qui voit son sudoku voler en éclats, les cases et les nombres s’éclatent. Alexandre Savard voit une jambe, puis une vieille dame voler derrière sa tête. Sur ses côtes, quelque chose cogne violemment. Cependant, sa main glacée s’agrippe à la barre d’appui : sa pogne est ferme et le reste de son corps ne remue pas. À peine un hochement de nuque, à peine s’italique t-il un peu pendant le freinement.
Immobilisé au centre du tunnel, le train a cessé de vibrer. Une odeur d’arachide monte aux nez. Le métro s’est immobilisé tout à fait; qui récupère sa jambe de bois, qui son sudoku, ses fausses dents, son signet, sa menue monnaie, son missel, son scapulaire, ses lunettes, son monocle, son iPod, sa vertu, son code da vinci.
Savard ayant senti une piqûre double dans son côté droit, regarde la dame en noir à sa droite, et s’excuse auprès d’elle pour avoir commis l’impair de heurter son flanc, durant le freinage brusque, contre les pointes de ses seins.
« Je m’excuse » rougit-il.
« Non non, c’est de ma faute, c’est moi »
« Ce n’est pas grave... »
« Le métro a freiné brusquement et... »
« Euh oui, j’ai vu... »
« Pardonnez-moi... c’est ma faute... »
« Non, non, j’étais dans votre chemin... »
« Pas du tout... »
« Mais si... »
« En fait... euh, j’veux dire, oui... vous l’étiez... mais... »
« Je m’en excuse mademoiselle... »
« ...vous m’avez empêchez de tomber... »
« euh... »
« ...et moi je vous fonce dedans »
« Ce n’est pas grave »
L’inconnue s’interrompt. De la paume de sa main droite elle tapote son vêtement, en essuie la poussière de sudoku. Toute cette poussière qui retombe tranquillement sur les passagers secoués... Elle étire le bras, l’avance vers la veste d’Alexandre Savard, mais elle bloque son mouvement et lève les yeux vers lui. Son bras retombe.
« Je m’excuse » dit-elle encore
« Oui oui. C’est correct.»
Alexandre Savard reviendra régulièrement, pour vous, sur rappaz.net, dans de nouvelles aventures.
Que lui arrivera-t-il ? Des suggestions?
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Les Savardises: épisodes un, deux et trois.
J'étais sur le point de relâcher dans le grand monde de nouvelles Savardises, mais je m'aperçois que j'ai perdu, inexplicablement, les deux ou trois prochaines aventures. Ça reviendra pas ces mots là...
Serait-ce Alexandre Savard qui hacke mon ordinateur ?
Homme austère, sérieux, fort peu replet, Alexandre Savard contemplait ses valeurs traditionnelles à l’approche du temps des Fêtes. Dans les rues brunes de son quartier, il testait méthodiquement les limites de son regard par toutes les fenêtres des rez-de-chaussée qu’il enjambait, jusqu’à la station de métro prochaine. Alexandre Savard est un homme pragmatique, cartésien, organisé. Du moins il aime à le penser. Il ne roule pas en SUV, mais possède son laissez-passer pour les transports en commun. Il regrette les étés perdus, il regrette les jours de grande chaleur où les camisoles défilent dans les wagons et les bus de ville; où la sueur règne en reine et où tous ces corps, dont le sien, se glissent dessus les uns les autres dans l’espoir de s’extirper du véhicule et ne point rater son arrêt.
Mais aujourd’hui Alexandre Savard, homme austère mais parfois aussi boudeur, refuse de grimper dans les transports de masse. Il rature sa feuille de route. Il déchire sa tout-doux-liste et refuse d’abattre les labeurs qu’il devrait, en temps normal, accomplir. L’année tire à sa faim, et une sourde angoisse lui grignote l'estomac.
Alexandre Savard reviendra régulièrement, pour vous, sur rappaz.net, dans de nouvelles aventures.
Que lui arrivera-t-il ? Des suggestions?
J'avais un léger mal de tête et un léger mal à l'aise. Était-ce la conséquence d'un refroidissement des températures moyennes saisonnières, ou simplement un sérieux problème d'alcool ?
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?« Je m’excuse »
« Oui oui. C’est correct.»
Une paire de seins pointus se plante dans les flancs d'Alexandre Savard. On vient de le bousculer.
« Oui, mais... je m’excuse. Vraiment! »
« Euh… »
Alexandre Savard s’embarrasse et rouspète bassement. Son son s’étouffe dans le roulement du wagon. Une dame en noir, une dame pointue, l’observe toujours, à bonne distance, en lui décochant du revers des sourires empathiques et des jets d’œil remplis de bonté. Mais Savard, qui a présent observe sa réflexion propre, sa réflexion jamais interrompue, son cerveau qui tourne à cent à l’heure, Savard vire les coins de son esprits comme la ligne orange qui prend une courbe après Lionel-Groulx.
Il sait qu’elle l’observe encore, mais sa cervelle observe ailleurs.
Alexandre Savard rate son arrêt. À la Place Saint-Henri, il se laisse monter dans les longs escaliers roulants, prend le métro dans l’autre direction, et revient vers Lionel-Groux.
Lorsqu’il s’extirpe enfin de la ligne orange, sa tête dépasse une tribu de Chinoises discrètes. Sa tête s’emplit de sons stridents. Au loin, il aperçoit un pas dansant, insûr, qu’il évite soigneusement: un musicien de ville, un hippie en échasses, en flûte traversière. Le grand homme joue d’une seule flûte, un amateur comme on dit; et ses échasses louvoient de part et d’autre du pavé, enjambent les quais et les passants.
Savard les évite, gracieusement traverse le quai et se plante, un peu bourru et ruminant, pour attendre le train en sens inverse. Les yeux nonchalamment versés vers les rails, il voit la raie verte et réalise son erreur. En grande vitesse, il hisse ses jambes minces et agiles jusqu’aux escaliers, passe sous les échasses, contourne deux Chinoises, pivote sur lui-même, il tricote en zone neutre et monte au filet en compagnie de Steve et Pierre. Savard remonte les escaliers, et se plante sur le quai de la ligne deux, en direction nord.
Il use efficacement des dernières minutes qu’il lui reste avant l’arrêt du prochain train en détaillant du regard les saletés incrustées depuis un quart de siècle dans les interstices du sol, autour des cercles oranges criards qui ornent le plancher de la station, deuxième palier, à quelques minutes d’un autre métro. Il regarde ses ongles rongés et se trouve décidément bien nerveux. Il pense à sa maison, loin dans l’est, embrouille ses points cardinaux, se demande où il va. Avec nostalgie il rallume ampoules qu’il a dévissé dans le plafond, toutes ces lumières éteintes qu’il lui faut remplacer; tous les fade out à jamais, les cent watts cassées qu’il a laissé tomber.
Le corps d’Alexandre Savard glisse entre les passagers qui suent, qui s’usent, entre les usagés du transport en commun.
Alexandre Savard sort du wagon, le regard en feu. Il ne regarde pas derrière, ne se préoccupe pas.
Image reproduite avec la sympathique permission de Matt McLauchlin, (metrodemontreal.com).
Alexandre Savard sera bientôt de retour dans de nouvelles aventures. Que lui arrivera-t-il ? Des suggestions?
noemi > c'est sur le passage de l'exode, quand Moïse descend du mont Sinaï avec les tables de la foi écrites par Yahvé... je dois dire les implications sur l'émergence d'une tradition littéraire
noemi > il me reste une demie heure pour finir ça...
Fred. > il en a dégénéré une battaille comme à la WWF ou Moïse a sacré un coup de table de loi sur la tête d'un rival, sur le mont Sinusite
noemi > ahahahaha d'où le nom: the Rock
nika > i need a shrink
Flying Saucers and Rock'n'Roll > non
Flying Saucers and Rock'n'Roll > you need a shrimp
paix et amour > c'est quoi une allitération ?
noémi > une suite de mots qui renferment une même consonne, créant ainsi un effort sonore
paix et amour > je vais te faire à l'instant un effort sonore
« Rappaz.net, they bring all their equipment on the bus... and you can't fuck with rappaz.net! You CAN NOT fuck with this blog! »
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S'il est élu premier ministre, le chef con servateur Stephen Harper promet que tous les malades du pays attendront le maximum de temps qu'il est possible d'attendre dans un hopîtal. Enfin, les ressources du pays utilisées à pleine capacité, le potentiel de patience de chacun exploité au max.

Les archives de la campagne électorale:
- Duceppe au Village, 1er décembre 2005.
(Les Canadien(ne)s retourneront aux urinoirs le 23 janvier prochain. D'ici là, l'équipe de rappaz.net vous présente sa couverture spéciale de la campagne électorale fédérale).
Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe commence la campagne du bon pied. Ayant appris que Frederic Rappaz prévoyait brûler son bulletin de vote le 23 janvier prochain, Monsieur Duceppe entreprit de visiter celui-ci dans son luxueux manoir du Centre-Sud; mais le principal désintéressé était toujours au lit, vomissant force gerbes sur son oreiller entre deux lampées de Jack Daniels, cependant que se rhabillaient les deux danseuses qu'il ne se rappelait pas avoir rencontré la nuit précédente.
Ennuyé par ce revers, Monsieur Duceppe descendit donc dans le Village, afin de courtiser l'électorat gay de sa circonscription, celle de Laurier-Sainte-Marie. On l'aperçoit ici au sortir d'une visite au peep show sis au coin des rues Sainte-Catherine et Saint-Timothée.

(Image: Journal Métro, Montréal, 1er décembre 2005).
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