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Le running gag de Pâques

mars 30, 2005

Pour terminer en beauté le congé pascal, rien de mieux qu'une bonne vieille blague de crucifixion.

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Les «Jackson 12»: réponse

mars 30, 2005

La réponse à notre énigme d"hier!
Question: un des douze jurés a besoin qu'on lui donne de l'eau plus souvent. Lequel ?

Réponse: le sourd-muet aveugle, évidemment ! Le malheureux n'a pas de bras !

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Les «Jackson 12»: question

mars 29, 2005

Au sujet des «Jackson 12», le jury au procès de Michael Jackson...
Question: un des douze jurés a besoin qu'on lui donne de l'eau plus souvent. Lequel ?

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J'ai retrouvé...

mars 29, 2005

...le courrier de l'Oncle Claude.

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Conversation inutile #0018

mars 29, 2005

— Je suis déçu.
— Moi aussi. J'avais tellement hâte.
— Quand on a hâte à quelque chose et que ça n'arrive pas, c'est toujours plus décevant.
— Oui. C'est un peu comme quand t'es jeune. Tu te lèves super tôt le matin, t'as super hâte d'écouter les dessins animés. T'ouvres la télé... et là, tout ce qui joue, c'est «Le vent dans les saules».

Le dessin animé 'Le vent dans les saules', que feu Canal Famille nous diffusait de bon matin, n'avait apparemment pas plus à tous

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L'identité des «Jackson 12» dévoilée!

mars 28, 2005

Pour le procès de Michael Jackson, en cours actuellement, il importait de choisir douze jurés impartiaux, connaissant le moins possible l'accusé et n'ayant, malgré la personnalité singulière de l'artiste et les allégations de pédophilie portées contre lui en 1993, aucune préconception quant à sa culpabilité ou son innocence. Bref, des jurés qui connaissaient le chanteur le moins possible.
Après maintes tergiversations et des procédures scrupuleusement respectées, un jury a finalement été constitué. Sa composition: huit Papous, deux pygmées, un sourd-muet aveugle, et un géranium.

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De la physique quantique

mars 28, 2005

«Elles avaient compris et moi aussi j’avais, de mon côté, compris aussi. Tu vois que ce n’est pas si mal. Même rapide, une évoulution humaine n'est jamais si rapide que ça et il faut du temps pour devenir ce que l’on doit devenir. Parfois, on nous promet sans nous le dire à des choses pour lesquelles nous ne sommes pas promis. On nous classifie comme génie, alors que tout ce que nous savons faire, c’est la lecture. Et nous n’avons que trois ans! C’est fort jeune pour des promesses non-tenues.
Nous avons 3 ans et nous ignorons tout de la physique quantique, de la chimie moléculaire. Nous ne nous y intéressons pas, ne nous y intéresserons jamais; ne deviendrons jamais des génies et des Nobel… mais garderont, en contre-partie et contre-nature, l’urgence de devenir, le fardeau de devoir être un génie, et la cuisance d’un échec quotidien, prolongé, interminable et permanent».

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Toponymie

mars 27, 2005

Règle du rock numéro 335: le nom de votre groupe ne doit jamais être un nom de ville ou de lieu. Ceci vous condamnerait inévitablement à la médiocrité.
Des exemples ?
Boston, Chicago, Kansas, America, Texas, Europe, Asia...

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103 millions... un cent à la fois

mars 27, 2005

Mardi dernier, dans une tentative symbolique d'amasser 103 millions de dollars en sous noirs, un grand seau avait été placé en plein milieu d'un des pavillons de l'UQÀM. Les étudiant(e)s étaient invités à y déposer leur monnaie. Le seau devait être amené devant le Parlement de Québec lors des manifestations du jeudi suivant.
Évidemment, comme j'ai pu le constater, 103 millions de sous noirs, c'est susceptible d'intéresser beaucoup de monde. Et pas seulement des étudiants.

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Archives

mars 24, 2005

Il ne faut pas uniquement des gens qui agissent, sur cette terre. Il faut aussi des gens qui observent, témoignent, et archivent l'humanité, en tout ou en partie, miette par miette, afin de la conserver précieusement pour le jour où quelqu'un aura besoin de se rappeler quelque chose.
Bref, archiver le monde, le conserver en attendant l'astéroïde finale. Le coup de grisou ultime.

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Le bonheur est Saint-Jean-sur-Richelieu
(extrait 2)

mars 24, 2005

«Pourquoi le bonheur est Saint-Jean-sur-Richelieu ? Je ne sais pas moi.
C'est une partie du bonheur, quelques bribes de bonheur. Le bonheur n'est jamais que fragmentaire; et divisible. Tu ne peux accéder qu'à des morceaux de bonheur, les empiler. Essayer de réduire les interstices entre chacun de tes morceaux.

Sinon, ce serait le bonheur tout le temps. Et à ce moment là, ce ne serait plus le bonheur. Ce serait la plénitude. Ça existe probablement. Mais plutôt loin. Quelque part en Chine, un coin de la Chine où il y a des montagnes, je dirais.
Il se pourrait que le bonheur complet ait déjà existé, il y a deux mille ans, sous la dynastie des Qin, mais les individus qui le connaissaient étaient plutôt discrets à ce sujet, et leurs témoignages, à supposer qu'ils aient existé, ont aujourd'hui disparu.

Sinon, le bonheur brille en bas du trottoir, avec les vieux mégots. Le bonheur ce sont les grains de sable et de poussière qui se baladent avec la neige fondue et qui descendent le cours du ruisseau que tu vois, quand tu sors de ta maison.
Le bonheur est un législateur qui n'a pas le temps, ou pas envie, de faire son travail, et d'ordonner que l'on soit toujours heureux.

Le bonheur, ce sont des Converse tout neufs qui débrillent au soleil. C'est passer sa langue contre une aisselle sucrée. C'est regarder un banc et voir une terrasse. Regarder un pantalon et voir une jupe. Regarder un genou, et voir deux seins. Regarder passer une fourmi, et voir l'humanité au complet se dérouler sous ses yeux. Regarder une termitière et voir une pyramide. Regarder sa main et voir un tableau. Regarder son pouce droit et voir chaque aéroport dans chaque pays du monde, même ceux où les gens sont supposément pas fins, supposément nos ennemis or something like that, la Corée du Nord, l'Iran, le Pays-Roux, l'Alberta, je sais pas. Ouvrir son porte-feuille, chercher en vain un gros billet, puis lever les yeux, s'aveugler avec le soleil et s'apercevoir que tout le monde est en train de rire, et toi le premier.»

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Hier encore

mars 23, 2005

Je lisais, mais j'ai arrêté.

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La tentative de blague du siècle sur la grève étudiante (une tentative par semaine de grève !)

mars 23, 2005

Les étudiants sont en grève génitale illimitée.

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Caféinopathes (extrait)

mars 23, 2005

Aux environs du millénaire et aux environs d'une pièce remplie de fils, de cables, d’écrans, de rubans et d’ordinateurs géants, habitait une photocopieuse. J’avais insinué que cette machine était l’invention du Malin, qui la contrôlait, mais personne, incluant moi-même, ne m’avait cru.

Aujourd'hui, je réalise comme tous ces gens, autrefois, étaient méchants, comment leur oeuvre était (et est encore aujourd'hui, à ce qu'il parait) oeuvre de méchanceté. Je m'en veux d'y avoir participé et j'aimerais encore mieux aujourd'hui n'y avoir jamais participé. Même si cela aurait signifié pour moi le perpétuel transfert, tasse après tasses, d'un liquide bouillant à un récipient de carton, liquides brun dans une paper cup; même si cela aurait signifié l'inexistance de certaines amitiés que j’ai rencontré au long de cette route, certaines oasis, certains ravitaillements dans le champ de bataille hostile sur lequel j’évoluais.
Je m'en veux d'avoir participé à cette oeuvre vaine, cette oeuvre inutile de méchanceté, même si je n'y ai pris part qu'à titre eXpérimental, à titre d'eXpériment dans ma propre vie. Mais j’étais un maillon, même mineur, de cette chaîne. J'ai fait rejaillir l'oeuvre de méchanceté sur autrui. Autrui, alors, continue l'oeuvre de méchanceté et le cours suit son cycle, vice-versa, puis autrui viole mes amies dans des chambres d'hôtel.
Près d'une pièce verrouillée, remplie de machines énormes, d'engrenages, d'ordinateurs, de filage et de bobines, dormait une photocopieuse. Et il m'arriva de tenter de convaincre mon entourage de l'époque que dans cette machine résidait l'oeuvre du malin. En vérité, le malin ne se trouvait pas dans la photocopieuse, circa 2000.

«I promise to commit no acts of violence
Be it physical or otherwise
If things come alive
»
(Interpol, Not Even Jail, 2004).
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Le bonheur est Saint-Jean-sur-Richelieu
(extrait 1)

mars 23, 2005

J’avais hâte de charlotte et j’avais hâte à l’alcool, pour dépetipodebeurriser mon cerveau brûlant. J’espèrais qu’elle s’amène seule, one woman army armée seulement de sa bière en sac. Alcoolos réduits en poudre à canon. Faire exploser ma tronche; dévisser sa face. Mais elle ne rentrera pas.

Je suis seul avec deux heures du matin. Seul avec mes livres, seul avec Théo Jasmin. Seul avec une plume, my lovely feather; seul avec mes point-virgules, mon papier à trois trous, mes boutons à quatre trous, mon papier à lettre (à Memphis).

J'aimerais bien dévisser sa face, pour avoir osé me laisser seul, à verser des larmes d’eau de Javel. Pour m’imposer parfois des gens que j’aime bien mais que je préférerais ne pas voir, puisque c’est elle que j’aimerais voir seule. Elle me laissera seul, avec des infidélités que je ne désire plus. Fidéliser. Je verse des larmes de méthane. De Demetan. D’éther. D’Esther.

Esthétique. Je compose sur commande des radotages robotisés, de savoureux radotages, qui ne mènent à rien et surrondent sans but. Mais je sais que de ce fouillis patraque patate nait les fleurs de lotus de l’esprit créateur de joyaux, les perles qui enrichirons les peuplades sensibles du demain.
Nous entre-croisions les calorifères chaleureux, encore quelques fois avant le passage vers une autre saison, des ustensiles maladroits grillant sur les ronds de notre poêle.
Je réminiscais la saison précédente en clopinant vers d’autres parcs, vers la rue Saint-Christophe, dans les recoins gardés secrets du quartier mal gardé; et mon esprit lentement quittait la pièce, malgré que je lui en veuille lorsqu’elle rompt ses promesses et essaie de m’acheter avec de la beer en cannette.

Tout cela n’est pas net. Moi qui suis clair comme de l’eau de saule pleureur, qui ne pleurniche point, mais laisse savoir aux gens qu’ils me déçoivent lorsqu'ils ne consentent qu’à contenter d’autres êtres humains; qu'ils supposent que je suputte, que je me dégerce, me dégerce les lèvres, les arcades en feu, je leur laisse connaître ma désolation de les savoir trop heureux pour s’occuper de moi.

Le bonheur est Saint-Jean-sur-Richelieu...

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Andréanne

mars 22, 2005

Je suis retourné au Café Noir, où j'ai vu Andréanne. Elle portait ses lunettes. Elle m'a demandé: « Tu ne travailles plus de nuit ou quoi? On ne te voyait plus! ».
Je lui ai répondu que j'avais vécu en ermite, mais que je venais de renoncer. Elle n'a pas semblé comprendre. Personne ne comprend jamais ce genre de trucs, mais c'est normal je crois.

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Du bonheur de revoir de vieux amis

mars 22, 2005

Dimanche matin, les mains pleines d’emplettes, j’attends au caisses de mon Pharmaprix. Ça crie quelque part dans le champ (de vision) gauche :
« Rappaz ! »
« … »
« Rappaz! »

J’entends. Je me retourne.
« Hey! Jeff! Ça va ? »
« Ouais ! Toi ? »
« Ouais, ça va ! »

Silences…

Lui: « Qu’est-ce tu fais de bon ? »
Moi, embêté: « …bin làààà… »
Je regarde les vingt-quatre rouleaux que j’ai dans les mains : « J’achète du papier de toilette! »

On se fixe. Jeff: « C’est sûr que ça peut toujours servir… »
J'acquiesce. Je crois que je suis demandé à la caisse.

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La tentative de blague du siècle sur la grève étudiante (une tentative par semaine de grève !)

mars 21, 2005

Les étudiants sont en crève générale illimitée.

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7:34 le matin, printemps.

mars 20, 2005

Ce matin, 7h34 précises, Poche Pilé Paul Piché se réveilla aux aurores, chercha sa barbe quelques instants, mais s'aperçut bien vite qu'elle était restée aux seventies. Il entonna néanmoins, de son trémolo sans pareil, son hymne ancien: «Heureux d'un printemps qui m'pète la cenne» ... ou quelque chose du genre. Aussitôt, mes écoutilles s'écartillèrent comme neige au soleil.

Étendu dans mon lit, à semi réveillé, j'oyais le glougloutement des gouttières, déversant la neige fondue, du haut des toits jusqu'à terre, et cet écoulement sans trêve me fichait une de ces envies de pisser. Je m'extirpai du paddock, me tint la vessie d'une main et écartai le rideau de l'autre. Les hirondelles volaient bas, et tous les cygnes étaient réunis; il n'y avait pas l'ombre d'un doute, le printemps était arrivé!

N'écoutant que mon instinct vagabond, je réunis illico l'intrépide équipe de Letters to Memphis, dont je demeure à ce jour le seul représentant, et l'entraînai toute entière au dehors, afin d'humer les arômes du nouveau printemps.

C'est la période du dégel, et, comme à chaque année, la Cité dégèle véritablement de bien drôles de choses.

Que ce soit dans nos parcs:

... ou nos cours arrières (la mienne en l'occurence!)

...partout, des rivières de déchets:

Vodka dans le ruisseau

...bière dans la ruelle

...schmu

...smorglob

...Raisan Bran (!!)

Les obstacles inévitables du Centre-Sud:

...mais aussi d'autres produits du latex:

Des ordinateurs (re-!!)
Press Any Key

...des produits du tiroir

...des éclats de freesbee de l'été dernier

...même des manuels de français de 3ème année !

De leur côté, nos itinérants dégèlent:
printemps_clochard3.jpg

...bien que certains demeurent ensevelis:
printemps_bottes2.jpg

printemps_bottes3.jpg

Mais pour Mario, l'herbe est bien verte toute l'année,

...il ne dégèlera jamais tout à fait

...et on est bien content pour lui !

Heureux printemps à toutes et à tous. Et faites gaffe à vos cennes !

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Radio

mars 18, 2005

«I was tuning in the shine on the light night dial
Doing anything my radio advised
With every one of those late night stations
Playing songs bringing tears to my eyes
I was seriously thinking about hiding the receiver
When the switch broke 'cause it's old
They're saying things that I can hardly believe.
They really think we're getting out of control.

Radio is a sound salvation
Radio is cleaning up the nation
They say you better listen to the voice of reason
But they don't give you any choice
'cause they think that it's treason.

So you had better do as you are told.
You better listen to the radio».

(Elvis Costello, Radio, Radio)

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L'amante religieuse

mars 16, 2005

Il avait allongé ses jambes, et ses pieds reposaient sur un gros coussin de toile rouge vin. Il était vêtu d'un ample pantalon bleu marin, qu'il portait sans ceinture et donc le bas, trop long, était replié. Il était pieds nus dans ses espadrilles, ce qui provoquait une odeur discrète, mais peu distinguée, lorsqu'il se déchaussait.
Face à lui, une nonne extatique, sur un fond rouge et noir, l'observait d'un regard troublant, les lèvres brillantes entrouvertes, un bras nu dégagé de l'habituel uniforme austère des religieuses; bras levé, replié et déposé sur sa tête. Il essayait de voir son aisselle, de savoir si elle l'avait ou non rasée, redoutant la perspective d'y apercevoir une touffe de poils foncés; mais en même temps excité par cette perspective peu banale qui, à bien y songer, ne serait pas étonnante vu la nature inorthodoxe de la rencontre érotique qu'il faisait.

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Pensées vagabondes #7

mars 16, 2005

Le seigneur est mon berger, je ne mange de rien.

Parler à travers son chapon.

Nettoyer les coulisses du pouvoir.

Napkins are people too.

Mon estomac crie faillite.

Manger des carottes et du sale riz.

«Seul sur le sabre
L'essieu dans l'eau
Mon rêve épais trop beau
L'été sur ma chèvre, tu partiras
Dans ton pays loin de moi».

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Le savon

mars 16, 2005

Elle regrettait chaque jour son absence, et lui regrettait aussi la sienne. Comme s'il y avait quelque chose, insaisissable, indéfinissable, au-dessus de nous tous, au-dessus du temps, de la distance, des changements, des mouvements. De l'absence. Quelque chose qui refuse de s'éteindre. Qui se borne, semble même se nourrir de pleurs, de solitude et d'angoisse.
Souvent, elle se posait la question à savoir s'il ne s'agissait pas d'un mirage. Une nostalgie mal placée qui lui lançait de la poudre dans les yeux, faisait en sorte qu'elle ne pouvait penser à cet autre sans en avoir mal au ventre.
De son côté, c'était le fait d'être seul, se disait-il, d'être seul chaque samedi et chaque dimanche (et il se levait tôt, toujours très tôt, car il lui était impossible de fermer l'oeil longtemps) qui faisait en sorte qu'il se mourrait maintenant de la revoir et de la serrer dans ses bras.

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Baroc

mars 15, 2005

Burroughs à Tanger,
jetant sur le sol étranger,
page après page,
un manuscrit sans faim,
sans héroïne.

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De la symbolique et des frais de scolarité

mars 15, 2005

Le symbole de la grève étudiante au Québec, édition 2005, est un petit carré de tissu rouge, que l'étudiant solidaire du mouvement épingle à ses vêtements ou sur son sac.
Ce carré rouge signifie que les étudiants endettés sont «carrément dans le rouge». J'avais une bien meilleure idée, comme toujours (insérer sarcasme ici) mais on m'a pas consulté. Moi, je me trouve du tissu, et je me découpe un rond brun.

Parlant de choses brunes, le gouvernement Charest serait sur le point de reculer (c'est son habitude, de toute façon) et d'annuler les décisions prises par l'ex-minsitre de l'Éducation, Pierre Reid, qui avait tranformé 103 millions de dollars de bourses en 103 millions de dollars de prêts, remboursables à la fin des études. La manoeuvre de Reid a de quoi révolter, puisque les Libéraux ne prennent même pas de l'argent dans les poches de personnes pauvres: ils préfèrent ne pas se servir dans le porte-feuille de l'étudiant pour mieux lui foutre une dette considérable au cul, pour lui coller un «moins quelques mille» à son dossier de crédit.

Mais il y a un autre aspect au problème: les frais de scolarité, que les étudiants grévistes refusent de voir augmenter. Est-ce si scandaleux de demander de payer cent ou deux cent dollars de plus par année ? Je connais des milliers de façons de dépenser 1500$ de mon revenu annuel; si je ne le dépense pas pour des études, je le dépenserai en cochonneries. Non, ce n'est jamais agréable de sortir quelque centaines de dollars de ses poches pour payer la facture de l'université; pas plus agréable que de sortir du guichet l'argent du loyer ou de régler sa facture d'électricité. Mais je dépenserais cet argent de toute façon. Et vous aussi. Qu'est-ce qui est le mieux comme investissement ?
Un dégel des frais de scolarité, pour autant que les étudiants soient vigilants et empêchent un dérapage qui rendraient les études supérieures inaccessibles aux moins fortunés de notre société, ne serait vraiment pas si terrible.

Si c'est ça le prix à payer pour que, collectivement, nous devions 103 millions de moins au gouvernement à la fin de nos études, alors dégelons ces saloperies de frais de scolarité.

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Le lendemain de la St.Patrick

mars 14, 2005

Jamais lendemain de brosse n'aura été aussi fructueux. Mais j'ai beaucoup de travail devant moi à présent.

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Un ami pourtant difficile à manquer

mars 14, 2005

Je n'ai malheureusement pas trouvé la mascotte officielle du défilé, le sémillant Paddy (he's your friend!), mais en revanche j'ai vu (et bu aussi) beaucoup, beaucoup de choses à l'occasion du 181ème défilé annuel de la St.Patrick, hier à Montréal. Je vous prépare pour jeudi prochain, jour de la Fête nationale de l'Irlande, un merveilleux petit montage photo.

Mon ami Paddy

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En attendant le Green Day

mars 12, 2005

Après avoir bêtement abandonné l'idée à la dernière minute, plusieurs années de suite, c'est demain matin sans faute que je mettrai mon projet à exécution: j'enfilerai mon plus bel habit vert et partirai me saouler joyeusement à grands lampées de bière verte varte avec nos potes Irlandais de l'ouest de la ville, en attendant le défilé de la St.Patrick prévue pour midi.
Je vous ramène des photos, promis, si je suis encore assez lucide pour tenir mon appareil.

Et Paddy, la mascotte officielle du défilé (he's your friend!) n'a qu'à bien se tenir... À suivre.

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Bush: immigration friendly!

mars 12, 2005

À la suite de la réélection de George W. Bush, le sittoueb d'Immigration Canada a reçu 179 mille visites en provenance des États-Unis, dans la seule journée du 3 novembre 2004, alors que la moyenne est de 20 mille visites quotidiennes d'internautes américains. Depuis, on a entendu plusieurs Américains, mécontents du résultat de l'élection et de la façon dont leur pays est dirigé, dire qu'ils déménageront au Canada.
Comme plusieurs, j'avais accueilli avec beaucoup de septicisme ces propos, attribuables à une frustation soudaine (et compréhensible) des partisans démocrates déçus. Pour la majorité, il ne s'agit sûrement que de paroles en l'air. Mais pas pour tous. J'ai moi-même, depuis le début de l'année, croisé à Montréal quelques Américains, qui étaient ici avec le projet de trouver un emploi et d'immigrer par la suite au Canada.
Et ceux que j'ai rencontré commençaient déjà à s'exprimer en français, ce qui m'incite à penser qu'ils sont très sérieux dans leurs démarches.
Honnêtement, je suis très étonné. De là à prédire une arrivée massive de citoyens américains en sol canadien, il y un pas que je ne franchirai pas, mais le mouvement est bien réel, et bien commencé. Salut voisins, et bienvenue dans the real land of the free!

(Quant à moi... je cherche toujours à émigrer dans un nouvel appartement).

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À tue-tête

mars 12, 2005

Lorsqu'ils étêtent leurs otages, les terroristes irakiens dansent-ils en chantant Stuck in the Middle (East) With You ?

Une scène classique du film culte de Quentin Tarantion, 'Reservoir Dogs', avec Michael Madsen dans le rôle du dangereux Mr.Blonde

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Appartement recherché

mars 11, 2005

Recherche 5 1/2 à Montréal. Quartier Centre-Sud, de préférence. Dog friendly. Avec deux chambres fermées. Pour le 1er juin ou le 1er juillet. Écrivez-moi.

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Conversation inutile #0017

mars 11, 2005

--As-tu vu dans le journal ? Ils viennent de séparer deux frères siamois.
--Et alors ?
--Je trouve ça triste. Ils vont peut-être se perdre de vue...

Les siamois zimbabwéens Tinashe et Tinotenga, soudés par le foie et séparés par des médecins de Toronto

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Conversation inutile #0016

mars 11, 2005

--As tu de l'eau ?
--Oui. J'ai l'électricité aussi.

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Non Stop je me contredis

mars 10, 2005

Non Stop je te plie en deux, le premier album de We Are Wolves, est un disque frais et original qui manque... d'originalité ??

La Presse, Montréal, 26 février 2005

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Faribole

mars 10, 2005

Le larron demanda à Jésus le barbu: «Jésus, y a-t-il des rasoirs aux cieux?».
Et Jésus le barbu, dans son infinie sagesse de lui répondre: «Les cieux? Jamais entendu parler de ça.»

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Une folle soirée

mars 10, 2005

Soirée shooters: tous les jeudis, un tireur fou ouvre le feu sur notre clientèle.

Image: 281.ca

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Des générations

mars 08, 2005

Les déficiences de notre système d'éducation, particulièrement en ce qui concerne les études post-secondaires, ainsi que la dévaluation de la formation générale, jugée presque inutile et, justement, trop générale, au profit d'une formation technique rapide et moins coûteuse assurant une main d'oeuvre compétente dans un domaine très précis, menacent, selon plusieurs, le développement de la culture générale et de la pensée critique des prochaines générations de Québécois.

Moi je vous réponds ceci: il n'y aura pas de prochaine génération.

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Un testament pour rien du tout

mars 08, 2005

Je m'ennuie moi-même. Je fais des jeux de mots que j'estime malhabiles. Comment considérer autrement que malhabile la bouillie qui est régurgitée ici chaque semaine ? Des exercices, voilà ce que je répète constamment, comme pour m'en excuser. Des terrains de pratique pour la grande oeuvre qui, peut-être, n'arrivera pas. Entre temps, je rature, tourne pages après pages et je bâtis un testament pour rien du tout. Les notes manuscrites, les paragraphes dignes (selon ma propre auto-critique, narcissique comme ça ne devrait pas être permis) d'intérêt, les carnets rouges qui ne se comptent plus, les chroniques (du smog ou autres), les textes de cent quarante pages que je ne me rappelle même plus avoir écrit (je devais être en train de me faire bringuebaler dans un bus, quelque part près d'un poste d'essence à Querétaro), les documents imprimés en petits caractères pour sauver du papier, brochés ensemble, parfois assortis de pages-titre, de dates pour mémoire ou de noms de lieux... J'aimerais être assis et écrire, ne faire que ça de toute la journée: écrire, écrire, écrire... N'est-ce pas pourtant ce que je fais, ce matin, à l'abri de la pseudo-tempête de neige, des individus qui dorment, ronflent et squattent chez moi ou dans le parc en face, à l'abri des téléphones, des sonnettes de porte, des interruptions et des déja-vus ? N'est-ce pas ce que je fais, les paupières lourdes d'un mauvais sommeil de trois heures, subséquent à une cuite rapide au désolant Peel Pub, à me faire photographier avec des alcooliques, let's go Yankees, socialiser avec Bloomberg (Pensylvannia) was in the motherfuckin' house; et Larry Robinson aussi.
Écrire. Il n'y a pas de grève ici; il n'y a pas de bon sommeil; il n'y a pas assez de temps, et il n'y a pas assez de talent peut-être, mais qu'importe, composons un testament pour personne.

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De retour dans 103 millions

mars 08, 2005

Georges Brassens (1921-1981) endisqua pour la première fois en 1953, alors qu'il était au début de la trentaine. Pourtant, il composait depuis plus d'une décénnie, inerprétant ses premiers essais en s'accompagnant à la guitare pour distraire ses collègues du service du travail obligatoire, durant la guerre. Il avait, au moment d'enregristrer La mauvaise réputation, terminé les chansons de ce disque depuis longtemps.

Brassens pouvait travailler des années sur une même chanson. Il entreprenait de la composer au piano, couchait sur papier les paroles, puis rangeait, souvent, la chanson embryonnaire dans quelque tiroir, pour ne l'en sortir que longtemps après et finalement la peaufiner, la conclure, en transposer les accords du piano à la guitare.
Tout au long de sa carrière, Brassens ne fut jamais dérangé par les maisons de disques. Lorsque celles-ci lui réclamaient de nouvelles pièces, il en sortait quelques unes d'un autre tiroir, celui des chansons terminées. Pendant ce temps, il était déjà loin devant dans son travail, occupé à travailler lentement ses nouveaux textes et à poser la touche finale à certains autres, écrits depuis longtemps.

J'ai lu il y a environ six ans quelques biographies de Georges Brassens, dont la plus intéressante, selon moi, fut celle de Louis-Jean Calvet. Insidieusement, les méthodes de travail de Brassens ont frappé mon imagination, mon admiration, et se sont logés dans mon esprit.

Ces jours-ci, pendant que d'autres sont occupés à grèvasser, moi je ne grêvasse pas. Je dépouille les dessus de mes fonds de tiroirs des dernières semaines, et je m'apprête à régurgiter, dans la même douteuse bouillie de mots qui a fait la trompette de la renommée de ce sittoueb, quelques textes et extraits de textes, quelques mots, lignes, dialogues brefs ou longs paragraphes.
La quantité avant la cohésion, donc. Je n'ai guère le temps de m'occuper de cohésion. La vie se vit vite et moi j'ai beaucoup à écrire.

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Hip update

mars 06, 2005

Comment ça se passe chez vous ? Et tu fais quoi ces temps-ci ? Beaucoup de choses! De toute évidence, négliger ce sittoueb est une de ces choses qui figurent à mon programme. Mais ces négligences sont de l'ancienne histoire. Memphis te pardonne, mon fils.
Fred tire de ses tiroirs virtuels, ses tiroirs sans fond qui réclament d'être dégorgés, quelques boutures pré-printanières, quelques textes (ou extraits de textes, quelle importance au fond ?), aujourd'hui mis en ligne quatre par quatre, à lire avec tes yeux, dans l'ordre, dans le désordre, ou quatre par quatre aussi, comme si tu montais un escalier. Les voici, clique sur chaque titre, ou descends cette parapage pleine de paragraphes:

Les vendredis de congé
Londres n'appelle pas
Le clone
Beep beep


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Beep beep

mars 06, 2005

Je suis au Starbucks tôt le matin de congé, et une panne de courant, dix minutes après mon arrivée, débranche un Français solitaire, qui se pianotait le laptop. Les lumières s'éteignent, les rares clients n'en font pas de cas, et à ma droite immédiate, le Français lance un «fuck!» ainsi que sa souris. Il soupire, regarde de tous côtés, cherchant l'approbation, mais personne n'approuve. Et personne ne désapprouve. En fait, nous nous en fichons tous, de lui, de son portable, de sa thèse de maîtrise, de la France en général, tous, sauf moi, qui ne me fiche pas de la France et qui ne me fiche pas des déboires universitaires de mon voisin, puisque j'en prends bonne note et que je l'épie de ma vision périphérique (et myope).

L'étudiant se déplie, se désankylose, se lève de tout son long, soupirant, engorgeant sa dernière gorgée de café. Il enjambe les trois marches, se dirige vers le comptoir et informe les deux employées de sa mésaventure. Elles sympathisent. Il ne tempête pas, ne se plaint pas, n'exige pas d'être remboursé où je ne sais quoi encore, ne menace pas de ne jamais plus revenir. Il demeure poli, malgré la catastrophe. Les Français se civilisent au contact de leurs colonies. L'étudiant quitte, déçu, avec son bras par dessus le portable.

Les deux employées verrouillent les portes sur nous. Il fait de plus en plus froid. La rue Saint-Denis serait plongée dans la noirceur si la journée neuve n'avait pas enclarté toute la rue. Les pompiers passent, Hydro-Québec aussi.

Il commence à faire froid à l'intérieur. Des camions fument à l'extérieur. Plus de chauffage dans le café, et Bob Marley qui réchauffait les enceintes à mon entrée, a été remplacé par cette alarme produisant un beep beep, en deux variétés de ton, depuis une heure.

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Le clone

mars 05, 2005

Je marchai donc, mais accompagné, jusqu'au 900, rue Fullum. Ça n'a pris que dix minutes, et dix étages, pour obtenir un relevé. C'était gratuit, encore heureux. La cafétéria trône au onzième de l'édifice. Ça vous digère un canneloni, mais il faut prendre les escaliers pour se descendre l'estomac après le dîner.
J'avais depuis longtemps effacé l'existence de l'école secondaire, mais nos ministères conservent précieusement nos permanents records. J'ai le papier devant moi, maintenant. Mon relevé de notes. Je ne lis pas les notes. Moi je lis les années: 1992, 1993... Ces années n'ont même pas existé.

Tous les documents sont réunis, tous les documents sont partis. Je n'ai pas voulu chercher mon certificat de naissance: l'appartement bordélique s'en préparait des belles, se préparait, pour être précis, à un changement salutaire de personnel. Pour que l'ancienne (coloc) quitte en paix et ne quitte pas par erreur avec des effets qui m'étaient personnels, j'avais transporté en ma Chambre tout ce m'appartenait et occupait le sale-long, c'est-à-dire DVD, vinyles, vidéos, et cetera.
Plan B donc, pour revenir dans le sujet du second papier à chercher. Je téléphone au registrariat, où un certain Monsieur Pérusse me répond d'un acoustique à l'autre, d'une voix graissante, mais cepandant avec beaucoup d'à-propos et de bonhommie, ce qui me permet d'employer ce mot.

-- Plutôt que de chercher l'original, je me demandais s'il n'était pas possible d'obtenir une copie du document qui se trouve déjà dans vos dossiers.
-- Mais ce serait plus rapide si vous utilisiez votre copie. Il est où votre original ?
-- C'est c'que j'me demande !

Bref silence. Puis l'homme laisse entendre un rire enroué de sincérité:
«Aaaaaaah ! J'comprends ! Vous avez pas l'ordre !»

Il m'offre de produire une copie du document, bien que ce ne soit pas une politique usuelle, et me dit de passer la chercher le lendemain.
L'endemain vient. Je trône sur le Plateau et, avant de rentrer à la maison, je détourne mon chemin de quelques rues, pour quérir le document demandé la veille.
J'investis les lieux, je me la présente au guichet; je saisis l'air de celui qui n'a pas d'amis dans la boîte, mais qui veut en donner l'air: «Bonjour, je viens chercher une enveloppe à mon nom, qui est censée avoir été laissée par Monsieur Pérusse...»

L'employée ne me laisse pas finir, m'interrompant d'un «Avez-vous une pièce d'identité ?».
Je lui présente une carte, qu'elle approuve. Elle quitte et rapplique dix secondes plus tard avec une enveloppe non-cachetée, sur laquelle figure mon nom. Elle me la tends mais, au moment où je vais saisir l'enveloppe, elle la ramène vers elle, l'entrouve et regarde à l'intérieur, comme si le contenu lui était destiné.

--C'est un certificat de naissance ?
--Oui.
--C'est Monsieur Pérusse qui vous a photocopié ça ? Yé pas supposé...

Je rétorque: «Il m'a dit au téléphone qu'il allait le faire», en lui pointant l'évidence.

-- Bin, y va se l'faire dire! J'me demande pourquoi il vous donne ça: c'est la copie d'une copie; ça n'a aucune valeur, personne n'acceptera ça nulle part!
-- C'est pour les bureaux à côté. On m'a dit qu'une copie comme celle là était suffisante, que je n'avais pas besoin de présenter le document original, ni de faire une copie certifiée
-- Ça m'étonnerait parce...

Je saisis mon tour, sourire devant, pour l'interrompre: «Je vais aller leur demander». Et je me barre.
Aux bureaux kissont à droite, je passe immédiatement. On me réitère qu'une copie de copie suffit, me pointant le paragraphe dans le guide où la chose est spécifiée.
Je rentre chez moi, rassemble tous les papiers au centre des débris de la chambre. Pendant ce temps, la Nouvelle n'arrive pas, elle ne se montre pas à l'heure pour emménager. Je lui colle un mot sur la boîte aux lettres, l'encourageant à aller chercher les clés ailleurs, où je les lui aurai déposé, puis, satisfait de pouvoir éviter d'offrir mon aide à l'emménageuse, je file au bureau de poste, faire la phil.

J'investis les lieux, enveloppe devant, et au guichet, kissont à droite, je me la présente. Tous les documents sont réunis, l'enveloppe cachetée. Tous les document sont partis. Qu'adviendra-t-il de ce bon Monsieur Pérusse et de sa bonhommie ?

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Londres n'appelle pas

mars 05, 2005

Derrière le nouveau sofa du salon, une causeuse très âgeuse dont la couleur (verte? brune? noire?) me parait incertaine, elle a empilé plusieurs boîtes temporairement. J'ai bu de la Grolsch en grolsch cannette, assis à la droite d'un collègue, tout en calembourgeant l'arrivée du printemps, que j'inspire à travers les vitres closes, le printemps, pas le collègue.
Aux pieds de ce dernier -le collègue, pas le printemps- assise sur deux coussins rouges moelleux, elle buvait et fumait aux nez des deux anti-fumeurs frenchkisseurs de cendriers. Tous nous nous regardions langoureusement le vaisselier blanc crème, sur lequel j'avions posé le téléphone à cadran, celui qui se répond mais ne sonne pas, au fil entortillé; le service à thé chinois; et le bambou en tige planté dans sa garnotte.
Et les grosses cannettes vides de s'aligner sur le rebord de la fenêtre.

Une lampe petite diffusait une lumière rouge, créait une ombre dentelée sur le plafond. Elle a posé dos au mur son affiche géante du bassiste des Clash déconcrissant son instrument et c'est dans la shadow des clash que la soirée s'est déroulée, désentortillée sans appel. Au matin, toute la rue a pu observer, à cette fenêtre du troisième étage, une collection toute neuve de bières vides. Et Paul Simonon n'en finissait plus d'exploser sa basse, en continuant de tourner le dos à la rue passante.

Je me couchai ce soir là vers les vingt deux heures trente. Au matin, le réveil dans la chambre voisine m'a tiré du sommeil, mais je m'en fichais. C'était le collègue qui partait travailler pour conserver son titre. Je me suis levé aux sept heures piles, au son des si d'ici, et j'ai calembourgeoisé ailleurs pour voir si j'y étais.


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Les vendredis de congé

mars 05, 2005

Je suis un homme. Super. Stitieux. Lorsque j'invoque à une discrète, en marchant vers la Place des Arts, les cent quarante dollars que je dois, pour loyer payé mais non vécu, à une ancienne (coloc), je me doute bien que je défie l'essor, je me doute bien que j'anverse l'avapeur.
Je ne m'étonne donc pas, à l'occase du retour au foyer, d'attraper sur mon répondeur des messages que je n'écoute pas en entier, auquel je réponds encore bien moins, dans lesquels on me réclame de donner la somme dûe. Elle me somme de payer, en somme.

Je suis un mercenaire, chercher ce mot dans le dictionnaire, amputé d'une oreille. Un mercenaire qui n'attentive pas, et n'écoute pas. Pas en entier.
Je ne m'en fais pas, ne m'en ronge pas les ongles et ne les crache pas dans les coins de ma chambre.

Ses lèvres gercées, embaumées, goûtent le sang et la menthe, et le bout de mes doigts goûte le savon, ou encore la monnaie canadienne mise en pièces.
Dans ses temps libres, libres de moi, je solitaire en bouffant des lasagnes et je bois des bières près de la fenêtre, tendant l'oreille, inattentive aux gens mais attentive aux guitares adverses, aux bruits du dedans. La grande clash. Lasagnes apprêtées. J'écoute le folk qu'elle m'a prêté.

Ton bambou te survivra-t-il, se demande le sage entre deux va-et-vient. Quel est le pluriel de va-et-vient ? Si va-et-vient se conjugue au singulier alors la masturbation est un verbe au pluriel et les albums (folk) sont solo(s). Fuck it, folk it ?

Viens te promener avec moi dans Saint-Henri en rentrant de Vancouver. Le vent souffle sur la Belle Province, et sur le Green Spot aussi. La grande clash sur la Greene rue.

Les vendredis de congé sont autant de cadeaux tombés du ciel. On saute d'une amitié à l'autre. On s'y économise de moyens, s'organise quelque arnaque à coups de correspondance, et on prend le bus gratuitement parfois. Je suis un homme. Super. Stitieux.

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Frederic Rappaz © 2002-2008
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