rappaz.net : depuis 2002
à propos de... | contact | archives | photos | vidéos | entendu à montréal | le bêtisier | gargouillis | rappaz.net, les livres
« juillet 2004 | Accueil | septembre 2004 »

Useless Conversations #0013

août 27, 2004

< noemi > tu devrais être en train de célébrer le retour de la déesse des bois...moi!
< Fred. > hahahahaha la b.s. des doigts
< Fred. > c'est une contrepèterie
< noemi > ahahaha
< noemi > je sais

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Farfadet estival

août 25, 2004

Les plus beaux jours de l'été sont au mois doute.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Pour en finir avec le vieux barbu du premier Zelda

août 25, 2004

Un nouvel ajout inutile à ma section "Liens inutiles": les jeux de la première console Nintendo -le vieux Nintendo 8-bits, celui sorti en 1986- revus, corrigés et saccagés d'hilarante façon sur I-Mockery.

Il y a deux ou trois ans que je connais ce site, et il est étonnant que je n'aie pas partagé ce lien avec vous avant. Depuis, de nouvelles parodies s'ajoutent sans cesse, et vous serez fin prêts pour le revival du NES, qui approche à grands pas.

Mes parodies préférées: le camelot de Paperboy devient Knife Boy, et lance des poignards à travers la ville plutôt que ses traditionnels journaux.
Nude Punch Out!!, version naturiste du célèbre jeu de boxe.
Super Mario Bros.2 offert en édition spéciale de Noël puis en version... disco ?
Et la parodie du second (et ennuyeux) Legend of Zelda, où Link devient The pimpdaddy Link.

Enfin, pour les nostalgiques du Zelda original qui gardent de vieilles rancunes (j'en fais partie!) envers le vieux barbu qui donnait de pseudo-conseils, voici un lien pour régler vos comptes une bonne fois pour toutes.


Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Se plaindre est-il un sport olympique ?

août 24, 2004

«Le Canada crie au vol», titre le distingué Journal de Montréal ce matin, après que le gymnaste canadien Kyle Shewfelt ait raté un podium aux Jeux Olympiques d'Athènes.
Shewfelt aurait brillamment réussi les deux sauts qu'il devait accomplir à la compétition du cheval-sautoir, mais Marian Dragulescu, un Roumain qui est tombé en pleine face à son deuxième saut, a quand même obtenu de meilleurs notes des juges, qui lui permirent de se classer troisième, reléguant Shewfelt en quatrième position et le privant d'une médaille de bronze.
Je ne regarde pas les Olympiques, n'ai pas vu la compétition qui défraie les manchettes ce matin, et m'abstiendrai par conséquent de la commenter. Néanmoins, je me permets quelques observations, que je vous jette en vrac. Faites-en ce que vous voulez. Libre à vous de me dire que je suis de mauvaise foi, si vous estimez que je le suis effectivement.

À chaque olympiade, le Canada ne remporte presque pas de médailles, ou moins que prévu. Les médias -qui pourtant n'ont pratiquement pas accordé d'intérêt aux athlètes canadiens dans les quatre années précédentes- s'offusquent, s'insurgent devant la honte qui ne manquera pas de rejaillir sur chacun de nous, puis critiquent le gouvernement pour un financement du sport amateur jugé insuffisant.

Puis, comme pour s'échapper de ces sempiternels sujets, le Canada, se trouve mêlé dans une controverse ou un scandale quelconque, sur lequel les médias locaux s'empressent de se jeter. J'ignore d'ailleurs si à l'étranger on porte un quelconque intérêt à nos histoires, comme celle du gymnaste Shewfelt cette semaine.

En 1992, aux Jeux d'été de Barcelone, Sylvie Fréchette se fait voler sa médaille par une juge brésilienne confuse qui enfonce les mauvaises touches de son clavier lorsque vient le temps de noter la nageuse. À Salt Lake City, en 2002, les patineurs artistiques Jamie Sale et David Pelletier sont victimes de magouille et de collusion. Ils n'obtiennent pas la médaille d'Or qu'ils semblaient mériter.
Et bien sûr, en 1988 à Séoul, le sprinter Ben Johnson, «l'homme le plus rapide du monde», est disqualifié pour dopage après avoir remporté l'Or aux 100 mètres, et fracassé le record mondial.

Dernière observation: aucun soupçon de dopage ne pèse jamais sur aucun athlète canadien. Jamais on n'oserait douter de Bruny Surin ou Nicolas Macrozonaris, qu'ils gagnent ou qu'ils perdent. Et si par malheur l'un des nôtres se fait prendre, on s'empresse de clamer que, si Carl Lewis avait été Canadien et Ben Johnson américain, c'est Lewis qui aurait été disqualifié...

Au lieu d'être chiants à l'année longue comme les Français et les Italiens, le chauvinisme canadian ne ressort-il donc qu'à tous les quatre ans, pour les Jeux Olympiques ?
Ailleurs, si l'on est pas Russe, Américain ou Chinois, si l'on appartient à un pays qui, comme le Canaduh, ne domine pas outrageusement le tableau des médaillés, faire scandale des titres ratés est-il aussi une habitude ?

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Take me out to the "ball" game

août 20, 2004

J'ai joué au chat et à la souris avec eux pendant un bon moment, ne leur donnant des nouvelles que timidement, question de leur faire comprendre que je ne les oubliais pas, mais maintenant mes créanciers me rattrappent. Mon relevé bancaire me montre un découvert de 260 dollars; de nouveaux états de comptes sont venus s'empiler sur les factures d'électricité que je n'avais pu payer lorsque j'habitais seul, le printemps dernier. À présent, je leur dois 350 dollars.
Le loyer de septembre approche à grands pas. Et mon prêt étudiant, faute de liquidités, ne se rembourse plus depuis deux mois.
Pour acquitter une partie de la somme dûe, j'ai expédié pour cent dollars de disques au pawn shop. J'aime mieux devoir au prêteur sur gages, malgré les intérêts abusifs qu'il me réclame, plutôt qu'à Hydro-Québec.

Le prochain mois risque d'être tranquille. Je ne me permettrai rien jusqu'à ce que mes dettes soient acquittées, sauf une beuverie (que je me promets depuis quatre ans!) lors d'un match Expos-Cubs.
Les créanciers peuvent bien aller me chercher jusque sous le ciel jaune-orange du Stade Olympique s'ils le désirent, moi je resterai assis avec dans les estrades populaires à dix dollars, à regarder le baseball qui se joue au loin, les deux pieds sur le banc devant moi, ma grosse bière tiède entre les mains, et le regard plus attiré par Youppi! que par le coup de bâton de Sammy Sosa.

Quelqu'un parmi vous me subventionne si je m'élance flambant nu sur le terrain pour aller serrer la pince à Sammy dans le champ droit ?

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Paradis sur Terre

août 20, 2004

Il faut toujours faire confiance aux gens. Les gens n'ont pas besoin d'aide, n'ont pas besoin qu'on leur indique la voie. Ils sont les artisans de leurs propres malheurs. Oui, on peut leur faire confiance lorsqu'il s'agit de se tourmenter, de se ruiner, se gaspiller et se trouver des problèmes.

Un jour, je ne sais comment, l'Humain est apparu sur cette Terre, puis s'est mis à copuler à la va-comme-j'te-pousse, à se reproduire frénétiquemment. Depuis, partie de rien, ou presque, cette Terre a vu apparaître Athènes, la pyramide de Khéops, le Sphinx, Téotihuacan, les chemins qui mènent à Rome, l'écriture, l'imprimerie, Lao-Tseu, les haut-de-formes et les moustaches en guidon de vélo, le porte-plume, le chemin des écoliers, le romantisme, le chauffage électrique, Goya, Montparnasse, le son d'un arbre qui tombe dans une forêt solitaire, Hitchcock promenant ses chiens, le transport en commun, la pénicilline, la fellation, le Chrysler Building, la guitare électrique, le four micro-ondes, les biscuits fortune, Elvis Presley, le rock and roll, internet, ainsi de suite.

S'Il (ou Elle ?) existe et s'Il permet la haine, la maladie, l'injustice et la méchanceté, Il a aussi laissé le champ libre pour un orgie de création qui n'a jamais de fin. Il nous donne chaque jour la possibilité de créer.
Que Dieu existe ou non, cela ne change rien à l'affaire. L'Humain est une machine à créer.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Psittacose

août 20, 2004

tintin06.jpgDans mon enfance, Tintin au Congo ne m'a pas beaucoup marqué... mais je n'avais jamais réalisé, jusqu'à ce que je me procure récemment la bédé chez un libraire d'occasion, à quel point cet album était ennuyeux.
J'ai l'impression d'avoir été dupé. On a abusé de ma jeunesse et de mon innocence pour me passer en douce ce freluquet insignifiant, qui tire sur toutes les créatures vivantes qu'il rencontre, et fait froidement, sans la moindre émotion, péter un rhinocéros avec de la dynamite.
J'espère ne pas être aussi désilusionné lors de ma relecture de mes deux albums préférés, Tintin au Tibet et, surtout, Le Lotus Bleu, qui m'avait fait, à l'époque, grosse impression, et que j'ai bien du re-parcourir cent fois.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

L'homme à la moto

août 16, 2004

Six mois plus tard, je trouve l'incident du motocycliste de Cuernavaca aussi stupide que je le considérais vingt-quatre heures après qu'il se soit produit. Mais cependant il m'arrive quand même, ici chez moi, lorsque je suis seul dans ma chambre ou au détour d'une rue, de sursauter une moitié de seconde au son d'une mobylette vieillotte ou d'un scooter enroué.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

...apporter maillot et fusil à l'eau ou tout autre objet encombrant pouvant servir à assommer un chevreuil...

août 11, 2004

«J'suis v'nu un soir
À ta surboum
Avec 23 d'mes potes
On a piétiné tes loukoums
Avec nos bottes
»

(Renaud, 1977)

Samedi prochain, je prends la route de St-Jean, ville du rock, pour ensuite me téléporter à un endroit pittoresque nommé Venise-en-Québec (established 1810) pour une sauterie sympathique qui commencera à 20 heures 51 précisément.
Bien que l'on nous cache les raisons précises ayant motivées le choix de cette heure en particulier, je présume que la fête, prévue pour 20h50, sera précédée d'une minute de silence pour la mémoire de nos disparus tout neufs: Marlon Brando, Sacha Distel, le gars qui faisait les marionnettes de l'émission Passe-Partout et qui s'est fait poignarder dans le dos chez lui l'aut' jour, ainsi que le gros Farhat, l'opticien égyptien qu'on voyait danser en rond avec une bonne femme dans ses annonces à la télé.

Par la suite, nous pourrons, l'esprit tranquille et la conscience altérée, saccager la faune et la flore.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Useless Conversations #0012

août 11, 2004

Moi: Passe une excellente journée dans notre merveilleux quartier.
Elle: Oh oui, tellement merveilleux... les junkies, les alcooliques, les seringues dans les parcs où y'a des enfants !
Moi: Juste à se débarasser des enfants, ça va régler le problème !

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

L'avis facile

août 10, 2004

À quoi bon élaborer de complexes suppositions, lorsque la doctrine que l'on essaie savamment d'élaborer pourrait, tout compte fait, se résumer en grande partie -et le souvenir m'en est apparu ce matin au réveil- par ces deux simples phrases prononcées, il y a deux ans, par quelque esprit supérieur...

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Nagasaki ne profite jamais

août 10, 2004

Si tous ces gens qui se plongent chaque matin, au café ou au resto du coin, au dépanneur, ou au bureau, dans la lecture rapide et distraite du Journal de Montréal, sacrifiaient ne serait-ce qu'un matin, deux minutes de leur lecture de ce quotidien pour deux minutes de lecture d'un livre pertinent, le quotient intellectuel collectif de la nation québécoise connaîtrait instanténément un tel soubresaut que la province en subirait, je crois, l'équivalent d'un Nagasaki local. Le sol de ma terre natale en serait secoué au point que le majestueux Saint-Laurent en perdrait ses eaux; nous serions alors submergés, tous autant que nous sommes (ainsi que les territoires de chasse ancestraux des Micmacs, des Algonquis et des Cris) par le gigantisme de l'intellect collectif inexploité de cette nation, toutes races et toutes origines confondues (de même que par les eaux sus-mentionnées). Il convient donc de ne pas courir de risque, et de s'assurer que demain notre journal nous sera livré comme prévu.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Éphéméride du jour

août 10, 2004

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de naissance du comédien Rémy Girard, vedette des Invasions Barbares de Minibus.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Drinking in H.M. (pour: Hochelaga-Maisonneuve)

août 08, 2004

--C'était pas un camion qui avait foncé dans une fenêtre d'auto ?
--Non, c'était un gars qui s'était fait frapper sur De Lorimier.
--Oui je m'en souviens !... Y'en arrivait tellement des accidents là-bas...

Tu as lu l'épisode du 3 juillet des Chroniques d'été, et tu cherches en vain l'ex-employée du Bar 2113 (à Jojo), sur le Plateau Mont-Royal, vedette de notre histoire.
Fred. a retrouvé Nathalie derrière un nouveau comptoir, la nuit dernière, lors d'une séance de juke box et de karaoké chaudement disputée dans Hochelaga-Maisonneuve.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

La vie facile

août 07, 2004

Je ne m'interdis aucune nouvelle rencontre dans le but de trouver un jour la bonne personne.
Ce serait le constat qu'il me faudrait tirer si je n'usais tant de mon désabusement et de mon incapacité à aimer comme moteur de mes vagabondages quotidiens, comme fondement de ma doctrine, essence de mon credo.

Pour simplifier, disons que je me préserve de l'erreur. Je poursuis ma route en tâtonnant et en manipulant ce que la vie place à ma portée, à la recherche de l'Unique. Et si je ne devais trouver, comme mon désabusement m'ordonne de le penser, j'aurai toujours, dans l'intervalle qui sépare mon début de ma fin, tâtonné et manipulé autrui. D'une manière ou d'une autre, on en sort gagnant pendant son existence.
Manipulations ou pas, j'aurai surtout été entouré de personnes extraordinaires. D'une manière ou d'une autre, on finit par mourir de toute façon.

Restons donc disponibles. Pour chaque nouvelle rencontre.
Cela réussira peut-être un jour ou l'autre. Et si ultimement je ne déniche pas l'Unique, je pourrai toujours me dire que je ne cherchais pas réellement, que dans le fond je n'y croyais pas.
Ce qui, par conséquent, me préserve de l'erreur, me garde de l'échec.

Je m'étends en hypothèses, mais je ne crois pas en fait chercher qui que ce soit. Je ne crois pas chercher l'Unique et attendre de la reconnaître à son passage, pas plus que je ne souhaite aujourd'hui reconnaître l'Unique qui est déjà passée et que j'ai retenue il y a longtemps. Déjà tellement longtemps que j'en ai oublié comment c'était. J'oublie beaucoup. Je cherchais à l'époque et j'ai cru avoir trouvé. Cru avoir trouvé l'occasion de mettre un terme aux recherches harassantes ?
Disons que pendant que plusieurs cherchent, mes disciples et moi oublions de chercher. J'oublie beaucoup. J'ai l'oubli facile, l'oubli commode.

Oubli facile pour une vie facile.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

La guerre annulée

août 06, 2004

Mercredi, je déclarais une guerre de cent ans à mon Chinois de propriétaire, en réaction à la démesure dont il fit récemment preuve à mon égard.
Au début juillet, j'avais pourtant pris soin d'avertir l'agent d'immeubles (avec qui nous communiquons habituellement, puisque le propriétaire ne parle que l'anglais... et le chinois) d'attendre deux journées supplémentaires avant d'encaisser mon chèque de loyer, le temps de déposer ma paie dans mon compte bancaire. Malgré tout, le lendemain, le Chinois tentait de retirer l'argent, et le chèque était retourné par ma banque.

J'étais fort mécontent, cela va sans dire. Lorsque j'appris l'incident, j'avais reçu ma paie; après avoir retiré l'argent, je me rendis aux bureaux de l'agent d'immeuble, pour lui remettre cash le montant que je devais. Je n'obtins pas de réponse.
Les jours passèrent et le propriétaire, quant à lui, ne se pointait pas chez moi pour réclamer son dû, et ne daignait même pas donner un coup de fil pour s'informer de la situation.
Je finis par me décider d'attendre la fin du mois, afin de remettre l'argent au proprio en même temps que son chèque pour le loyer d'août.

Le 28 juillet, un huissier se pointe à ma porte, et me remet un document qui stipule la chose suivante: le Chinois demande officiellement une résiliation de mon bail. Cause: non paiement du loyer de juillet.
Je suis furieux, téléphone derechef aux bureaux, m'y pointe avec la note du huissier et, bien entendu, la somme d'argent non réclamée, qui depuis trois semaines attendait dans ma chambre que l'on vint la chercher.
Le lendemain, je recevrai, par courrier recommandé, une lettre, en anglais seulement -ce qui eut l'heur de me rendre mille fois plus furieux- dans laquelle le propriétaire mentionne qu'il prendra des mesures légales s'il n'obtient pas sa saloperie d'argent.
Le comble, c'est que les deux documents sont datés du même jour. Il n'aura pas perdu de temps pour demander mon expulsion.

La colère de Fred. est déclenchée: je prépare soigneusement ma revanche. Voilà un certain temps déjà que je déplorais l'état général de mon appartement (tuyau qui coule sous l'évier, sonnette défectueuse depuis deux mois, fenêtres tout croches qui devaient être changées en mai et qui ne le sont toujours pas). Je rédige donc une mise en demeure de deux pages, qui ressemble davantage à un ultimatum des Nations Unies, où j'énumère les travaux que je souhaite voir effectuer dans les dix jours, sinon je lui fous la bombe atomique sur la gueule.

La lettre est postée, par courrier recommandé elle aussi, dans l'après-midi du 4 août.
Mais voilà qu'en soirée, ma frustration apaisée, et un peu inquiété quand même par les menaces que faisait peser sur moi, quelques jours plus tôt, mon Chinois de proprio, je décide de lui téléphoner chez lui.

«I want to know what's happening with you... I think we misunderstood each other », lui dis-je calmement.
Je lui explique que l'argent avait traîné chez moi pendant trois semaines, et que j'attendais de ses nouvelles. Il me répond que je n'avais qu'à lui téléphoner si je manquais d'argent... Ainsi, c'est de cette manière que j'appris que le message fait à l'agent d'immeubles ne s'était jamais rendu jusqu'au proprio.
Ce dernier m'informe qu'il a annulé les procédures d'expulsion qu'il avait lancées contre moi, et que je n'avais pas à être inquiété par l'avis de convocation que reçu dans ma boîte aux lettres le matin même.

Je raccroche le combiné... et je me sens un peu coupable.
La mise en demeure a été postée. Il la mérite de toute manière, puisque de nombreuses réparations n'ont jamais été effectuées chez moi, et que depuis cinq mois j'ai été d'une patience exemplaire à son endroit, ne le harcelant jamais pour quoi que ce soit, me contentant de lui glisser quelques mots, au sujet de la sonnette notamment, lors de sa visite mensuelle.
Mais le ton de la lettre était cinglant, et, surtout, son envoi a été motivé par la colère, alors qu'un simple coup de téléphone, une courte discussion calme et détendue a suffit pour régler le différent en moins de trois minutes.

Je réalise que moi, qui me targue depuis quelques mois de devenir (ou du moins d'essayer très, très fort de devenir) un être calme et paisible, qui n'explose plus à la moindre contrariété, je réalise que je me suis mis en colère contre cet homme, non pas parce qu'il avait agi avec démesure ou parce qu'il me menaçait de m'enlever mon logement, mais plutôt parce qu'il avait réussi à ébranler ce calme nouveau qui m'est si cher.
De constater que cet homme m'avait mis en colère n'avait que décuplé cette fureur. D'où la lettre vitriolique que je lui envoyai, et la guerre de cent ans que je déclarai.

Mais le papier suit son chemin et, comme chacun le sait, le service postal de ce beau et grand pays englué de sirop d'érable poisseux est d'une efficacité légendaire, d'une efficacité redoutable.
Jeudi, le proprio a reçu la mise en demeure. Je m'attendais à le voir exulter à son tour; je me préparais presque à lui expliquer que ma missive, bien que justifiée, était motivée par une colère abusive et disproportionnée; je me préparais à expliciter tout ça, calmement et paisiblement, comme nous l'indique la sagesse millénaire de ces Chinois débarqués chez nous, en Amérique française, pour nous parler en anglais seulement.

La guerre de cent ans semble toutefois en voie de se conclure d'une heureuse manière, puisque qu'à ma grande surprise, le propriétaire de mon immeuble a semblé bien prendre la chose.
Et de toute évidence, il a aussi pris à la bonne place le coup de botte à caps que je lui balançait: à midi aujourd'hui, le bonhomme était sous mon évier à réparer les tuyaux qui dégouttaient. Lorsque je suis rentré du travail, nous avions une sonnette fonctionnelle, et demain il me sortira de l'appartement le réfrigérateur qui réfrigie approximativement pour le remplacer par un neuf.

Et pi de toute façon, la déclaration de guerre de deux pages n'aurait pas eu d'effet. Il ne comprend pas le français...

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Alerte Orange

août 05, 2004

Trio_de_criminels. De haut en bas: John Allen Muhammad, Darryl Strawberry, Claude RaymondDans le cadre de la chronique mondaine de ce carnet web, j'en profite pour souligner les exploits d'une de nos plus fidèles lectrices, qui signe ici ses commentaires sous le pseudonyme original de "Pat".
Je décerne à cette dernière un premier "Purple heart" (seulement deux de moins que John Kerry, et elle n'a même pas fait le Vietnam !) pour être maintenant capable d'inclure elle-même des liens hypertextes dans les commentaires dont elle nous gratifie.
Pat, maîtrises ton nouveau savoir, utilises le à bon escient. Et ne sombres pas du côté obscur.

Je ne suis cependant pas inquiet, puisque notre amie, déjà aujourd'hui s'est servie de ses nouveaux pouvoirs pour nous ramener en mémoire, dans un commentaire publié sur ce sittoueb, une ancienne conspiration oubliée, au sujet du sniper John Allen Muhammad et son alter ego, Darryl Strawberry, l'homme en orange.

Orange comme dans Alerte Orange.
Comme dans l'Alerte Orange lancée cette semaine par le gouvernement américain, qui craint (ou veux faire craindre) que des terroristes soient sur le point de frapper une nouvelle fois New York et Washington.

Deux ans après ces anciennes conspirations oubliées, Saddam Hussein est incarcéré, mais Claude Raymond est toujours en liberté, dans les grottes de l'Afghanistan ou ailleurs, et notre triste monde tragique n'est certes pas un endroit plus sûr.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Fred. declare guerre nucléaire

août 04, 2004

J'ai croisé ce matin une des filles qui travaille au bureau de poste. Je lui demande :

-- Hey, ça coûte combien envoyer une lettre enregistrée ?
-- Pour envoyer au Québec ? Environ six dollars
-- Six dollars ! Fuck !
-- T'as des problèmes avec ton propriétaire !!
-- Ouais, j'ai des problèmes avec lui
-- C'est toujours pour ça que les gens envoient des lettres enregistrées
-- Je lui déclare une guerre de cent ans...
-- hehe
-- ...et c'est long, cent ans !
-- Moi j'en ai eu assez de mon propriétaire, et je suis déménagée !
-- Oui, mais moi j'étais là avant lui !

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

La revue de presse inutile

août 04, 2004

Le «pyromane de Centre-Sud», qui a allumé deux incendies en moins de 36 heures dans les derniers jours de juillet, s'est muté, gracieuseté d'un porte-parole du service des incendies de la Ville de Montréal, en «pyromane du Plateau».
Pendant que le poste de quartier 21 m'envoie des avis dans ma boîte aux lettres, me sommant de vérifier mes avertisseurs de fumée, de ne pas laisser de déchets traîner dans la cour arrière et de me renseigner sur le plan d'évacuation de mon immeuble, le Plateau Mont-Royal me surprend par derrière et me vole mes pyromanes !
Laissez nous nos rôdeurs ! Laissez nous nos incendiaires de ruelles ! Laissez nous nos allumeurs d'ordures !

Le Journal de Montréal aurait bien voulu imputer au so-called «pyromane de Centre-Sud et/ou Plateau» la responsabilité des quelques autres incendies criminels survenus, par exemple, à Verdun. C'était presque avec dépit que l'on mentionnait qu'il n'y avait pas de lien entre ce brasier et ceux des nuits précédentes.
Même La Presse s'en est mêlee. Pendant que Pointe-Saint-Charles flambait à bouche que veux-tu (on devait apprendre plus tard que les flammes avaient été provoquées non pas par un pyromane machiavélique mais par un enfant de quatre ans qui jouait avec des allumettes !), elle titrait à sa une de mardi: «Vague d'incendies».
Faute de mieux, notre bon gros journal épais du mercredi a cru bon de nous informer, le 4 août, que Montréal venait de vivre une nuit sans incendie criminel. Incroyable !

Vague d'incendies ou pas, suis-je donc le seul à remarquer -et c'est là que je voulais vous amener avec ce pénible préambule- que tous ces feux se produisent à peine quelques jours après l'inhumation du regretté Sacha Distel, flamboyant interprète de L'incendie à Rio.
Coïncidence ?

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

La phrase imbécile du jour

août 04, 2004

Je me couche à l'heure des poules (de luxe).

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

...but I still won three purple hearts !

août 04, 2004

Je ne fais habituellement pas de liens vers d'autres sittouebs, mais cette fois, les gens de chez JibJab.com mérite que l'on fasse pour eux une exception.
This Land s'annonce pour être le plus beau succès du net depuis le bombardement de Talibans sur l'air de Banana Boat Song d'Harry Belafonte, en 2002.

Visionnez le clip. Écoutez la chanson. Aimez-la, gardez la coincée dans votre cerveau (vous ne pourrez y échapper de toute façon) et chantez la jusqu'aux présidentielles américaines de l'automne.

Surveillez l'apparition (ou la disparition ?) de deux Vietnamiens et de leur vache, d'un docteur Howard Dean plus criard que jamais, et de Monsieur L'Indien (presque) seul dans sa prairie.
Et rappelez vous surtout que beaucoup de gens in this land n'iront probablement même pas voter en novembre...

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Frederic Rappaz © 2002-2008
Tous droits réservés. Photos : © Frederic Rappaz (sauf avis contraire)