Moi ??? Malade ????
...Tel que l'a déclaré jadis notre grand oncle spirituel Joey: « Just put me in a wheelchair and get me to the show ! »
Je vais peut-être réussir à sauver cet été de la dérive finalement.
Je ne me suis jamais senti aussi bien et aussi calme depuis trois semaines, je semble déjà récupérer de ma pseudo-maladie non-identifiée, et la bosse dans mon cou est, à mon grand, mais alors là très grand soulagement, disparue.
Mon tatouage est terminé depuis quelques heures, et je recommence même à boire de la Guinness.
Que demandez de plus, à part la realisation de ces quelques astuces qui devraient me permettre de vivre autrement le prochain hiver ?
En 5 heures 15 minutes d'attente à l'urgence d'un grand hôpital, nous devenons témoin d'une multitude de situations, auquel il n'y a d'autres choix que de s'attarder une fois terminé le livre pour lequel on essayait tant bien que mal de se concentrer.
J'ai observé: un vieillard avec une seule jambe -artificielle, le sosie de Tom Sawyer, d'un roux éclatant, un handicapé mental dodu qui s'était précipité à l'urgence apres avoir "craché une clam", 3 punks, un itinérant barbu coiffé d'une casquette de camionneur qui est sorti fumer 28 fois en amenant avec lui son soluté, ainsi qu'une Chinoise d'au moins 300 ans qui s'est mis à éructer violemment et a répétition.
Pour se distraire, on peut essayer de mettre fin aux jours d'une des nombreuses mouches qui voltigent dans la salle, et se faire remarquer de tous en abattant bruyamment un magazine sur le dossier d'une chaise ou l'un de ces insectes se pose.
La télé est une source de distraction médiocre: pour ajouter à mon calvaire, j'ai du regarder, malgré moi, La semaine verte, Évangélisation 2000, et les infopubs d'africains affamés (plein de mouches eux aussi).
Essayer de déchiffrer les codes des agents de sécurité peut être intéressant dans les circonstances: "p3-p4" semble être le code lorsqu'il y a trop de visiteurs dans le corridor, comme lorsque le petit-fils de la Chinoise de 400 ans qui rotait est revenu avec quatre générations de Chinois (qui ne rotaient pas)...
J'ai volé quelques masques anti-SRAS (on ne sait jamais), mais laissé là les tests de dépistage de la chlamydia.
Certain de vivre mes dernières heures de vagabond en santé, je tremblais comme une saloperie de feuille lorsqu'on a prélevé des échantillons de mon sang.
L'infirmier a peut-être pensé que j'avais peur des aiguilles, mais je n'ai pas élaboré sur ce sujet avec lui, ça n'aurait pas ete crédible. Il m'a dit « Rock and roll ! », mais je n'étais pas dans un état mental convenable pour lui demander ce qu'il entendait par là.
Arrive ensuite, apres les prises de sang, les 90 minutes supplémentaires d'attente, les pires de toutes. Entre temps, j'avais été chercher du renfort, et je suis revenu dans le cabinet du docteur fin prêt a connaitre l'annonce officielle de ma mort prématurée. L'annonce n'est jamais venue...
Alors j'ai soit un virus dans ma gorge, soit une forme mystérieusement paresseuse de mononucléose, qui me laisse en pleine forme et avec une rate imaculée.
Dans un cas comme dans l'autre, il n'y a pas grand chose à faire en attendant que les symptômes s'atténuent, mais je ne mourrai pas et sincèrement, j'en suis assez satisfait.
Maintenant j'ai mal au bras qu'il m'ont piqué.
Maintenant, je ne crois pas me sentir un jour aussi nerveux qu'hier soir.
S'il arrive un jour dans notre vie que l'on croise certaine(s) personne(s) aussi freak(s) que soi ou du moins freak(s) un peu beaucoup de la même façon, alors on fait quoi ?
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Il pleuvait. Je ne pouvais décemment sortir sans porter mon habit gris et noir, celui qui date des années 1970, celui que j'avais trouvé dans cette friperie de la rue Saint-Laurent -c'était l'automne dernier je crois, avant ma réclusion.
Je suis passé, pour la première fois depuis assez longtemps je dois avouer, devant le 4084 rue Saint-Hubert.
Il y avait la lumière qui etait allumée. Ces gens (et ces chats) ne dorment donc jamais ? Ce qui se trouve derrière les carreaux de cette fenêtre au cadre vert n'est probablement qu'une saloperie de corridor.
Sur la rue Rivard, entre Roy et Duluth, j'ai croisé sur le trottoir un écureuil venant en sens inverse. Un écureuil vivant, pas mort cette fois, même que j'en ai pour preuve qu'il a accéléré en passant à ma droite.
L'écureuil est un animal nerveux.
Moi aussi.
Il m'avait paru inconcevable, alors que je nettoyais le plancher en ébauchant mes plans pour les heures suivantes, de marcher dans les rues de cette ville sans mon habit noir et gris.
Dehors, les rues sont mouillées. Dedans, il y a moi, qui respire l'odeur de vieille laine humide qui se dégage de mon veston.

Glorieuse nouvelle: je n'ai pas de cancer, mais plutot une infection bénigne a la gorge, que je traiterai en gobant des aspirines à bouche que veux-tu.
Puisque je vais survivre, j'en profite pour vous informer que je recherche une jeune femme pour former ce groupe hommage à Haisy Fantazee.
Et en ce qui concerne cet arbre que je voulais planter, après réflexion je me suis souvenu que j'en avais déjà planté un. C'était à l'école primaire. Un noyer si ma mémoire est fidèle. Il est probablement mort depuis le temps.
Le jour est maintenant obscur et cela me sied bien.
Après toutes ces années à me tâter la gorge en redoutant d'y trouver, un matin, l'excroissance qui annoncerait ma mort prochaine, maintenant que je ressens certains symptomes indésirés, je n'ai tout simplement pas l'impression que mon existence touche a sa fin.
D'ailleurs je ne suis pas le seul a souffrir de ces maux de gorges, et puis il y a mon oreille droite qui m'embarasse et qui a établi un périmètre douloureux autour d'elle.
Ce serait illogique d'en finir maintenant, alors même que j'ai extirpé ma tête des mers de houblons dans lesquelles elle flottait, et qu'aux lendemains de quelques détestables gueules de bois, je reprenais conscience des buts à atteindre. Ces buts dont je me sentais malheureusement de moins en moins habité depuis quelques semaines...Who wants honey as long as there is some money ?
Il y a tant de choses que je n'ai pas encore eu le temps de faire, comme visiter le Mexique, apprendre l'espagnol, connaitre le rituel du thé, planter un arbre, me faire tatouer le bras gauche, fonder un groupe hommage à Haysi Fantayzee ou acheter un camion de lait comme celui dans le clip des Smashing Pumpkins.
Je passerai cette nuit de congé à errer sans but précis, comme il y a dix ans.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Je me demande si le quadrilatère dans lequel j'évolue me convient.
Il y a des jours où tout le monde a l'air maigre, et chétif, et fatigué, et malsain.
Ou gelé, ce qui ne leur donne guère meilleure mine.
De mon côté, il y a des jours où je transporte peut-être sur ma langue l'adn de trop de gens. Comme il y a du positif dans toutes les occasions, j'eus récemment la joie de conclure, après une séance intensive d'auto-manipulation, que je n'avais pas le cancer de la gorge ou quelque chose de ce genre.



Savourant d'un air vaguement maussade ma sobriété retrouvée, je me suis esquivé vite fait de mon premier boulot, pour aller tenter de m'échapper du deuxième.
C'est là que je fus le témoin impuissant -et fort amusé- du déferlement chaotique des metalheads rentrant chancelant du Summer Sanitarium de Metallicass (auquel je me suis évidemment bien gardé d'assister).
Ces bruyants débris humains, imbibés d'alcool et de coke en poudre, vinrent s'ajouter au chaos urbain déjà existant, et particulièrement agité la nuit dernière.
Moi, grand adepte de la franche ventilation dans le fondement, moi, qui me refuse tout net a porter le sous-vêtement, je fus obligé (!) d'observer, et par deux reprises, les dessous d'autrui !
D'abord ceux de cette jeune nymphette de 17 ans, involontairement observée alors qu'elle se camoufait, fort mal, dans un coin sombre, où se camouflait tout aussi mal une autre jeune femme devant elle agenouillée.
Puis ce string rose qui sut se montrer, au plaisir des quidams réunis.
Ce string dont la propriétaire, apres avoir regagnée son balcon, juste au-dessus de nos têtes, partagea avec nous sa fierté d'avoir passé de bons moments avec le chanteur des Deftones, quelques heures plus tot, dans leur bus de tournée.
Enfin arrive l'aube sur la ville apaisée, debarassée de ses débris humains.
La nymphette, ayant recouvrée certaines parties de sa tenue vestimentaire, avait depuis longtemps quitté, raccompagnée hors des coins sombres par les gendarmes et leur auto-patrouille.
Puis arrivent à notre porte les journaux du matin, qui font de cette même voisine du dessus, avec ou sans strings roses, la vedette de la journée.
Et ensuite on ne me croit pas lorsque que je jure que, peu importe où je me trouve, il se passe des choses bizarres et inhabituelles...



Ainsi donc le Mirror vous envoie ici hein ?
Moi je vous renvoie à la page d'accueil de LETTERS TO MEMPHIS.
I don't fucking know why The Montreal Mirror gave you this link! Click here for LETTERS TO MEMPHIS homepage.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Pour ceux et celles qui se demandaient pourquoi je me faisais discret au cours de la dernière semaine, eh bien j'étais sur la brosse votre honneur.
C'est pathétique mais c'est ça.
Maintenant je suis un homme neuf qui a des ambitions et des conflits internes.
Des crampes également, rapport à la pauvreté de la nourriture que l'on trouve à quatre heures du matin.
J'ai encore rêvé aux métros, et au saccage éhonté d'un extincteur dans un escalier roulant. Une catherine m'est apparue en rêve, dans un wagon, pour mettre fin au saccage de la matière vivante sur cette planète.
Au beau milieu de cet été trop court, je réalise que la présente saison n'était pas censée etre constituée uniquement de sandwichs au thon, de petit vin cheap et de maux de gorge.
Il est en train de devenir ce qu'il ne fallait pas qu'il devienne. Je dois mettre fin au saccage, et c'est dans ce but précis que je passerai l'entière journée de demain debout, afin de replacer chaque chose dans son droit chemin.
La farce a assez duré.
Ensuite nous pourrons sans remords menacer les pauvres gens et faire la tournée des restaurants chinois une fois la nuit tombée, ou avant si je ne dors plus.
«It's okay to eat fish cause it don't have any feelings»Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?
(Kurt Cobain, 1991.)
IN REAL LIFE
Trop de gens que je connais IRL sont au courant de l'existence de ce sittoueb. Je ne dois plus ajouter qui que ce soit à ce club maintenant select. Ce blog doit devenir de plus en plus secret.
L'AGE INGRAT
L'ingratitude peut-être une très bonne chose, lorsqu'elle est pratiquée sur les bonnes personnes, au moment opportun.
PROTECTION
Mes serments de protection ne sont possiblement rien d'autre que les permissions que je m'accorde pour être le plus apte à détruire quelqu'un.
FIGHT CLUBS ET CAETERA
Je m'interroge sur ce qui pousse certaines personnes à poser de "mauvaises" actions, à bousculer l'ordre établi dans une série de gestes gratuits.
A BIEN Y PENSER...
Le paragraphe intitulé "In Real Life" est fort pertinent.
DANS UN DERNIER TEMPS...
Je suis désuet.
Je désespère de n'avoir qu'une seule vie. J'aimerais mener de front plusieurs existences parrallèles, incarner mon esprit dans plusieurs enveloppes charnelles, simultanément.
Je m'ennuie. Pas de quelqu'un. Pas de quelque chose.
Je me sens excessivement seul, ce qui n'est pas dans mes habitudes. Et il m'est impossible d'en placer un mot.
Genre de désepoir existentiel qui nous ramène aux existences parallelès, à la finalité d'une vie humaine, ainsi de suite.
Je ne suis pas repassé devant le 4084, rue Saint-Hubert... pour l'instant...
Les nuits sont fraiches de toute façon, et il averse sporadiquement; les autochtones closent leurs fenêtres.
Cela vaut mieux pour eux...
Dans la très improbable éventualité ou quelqu'un parmi vous se soit demandé, ces derniers jours, ce que je pouvais bien faire au lieu de mettre à jour ce sittoueb importun, soyez informés sans plus attendre que je m'appliquais, votre honneur, à semer la terreur aux quatre vents, en compagnie de complice judicieusement choisie.
Il s'agit maintenant de terroriser le quartier et ses habitant(e)s qui, écrasé(e)s par la canicule et autre calamité climatique saisonnière, commettent l'imprudence de sommeiller toutes fenêtres ouvertes alors que des personnages douteux séjournent aux environs.
Les citadins insouciants s'exposent donc depuis trois jours à recevoir, dans leur sommeil, ou plus tot -ou plus tard- pièces de monnaie, cailloux, journaux fraichement livrés, et autres projectiles que le hasard place sur ma folle route vagabonde.
Et moi de me procurer, au Dollarama le plus proche, divers instruments plus utiles encore.
Je compte maintenant me faire la main sur des cibles humaines.
Au 4084 Saint-Hubert, dimanche matin, il y avait encore de la lumière dans le couloir. Les portes du balcon fleuri étaient ouvertes. Les nuits sont très chaudes ces temps-ci.
Mais pas de fille aux fleurs, ni de chat dormant sur le rebord de la fenêtre. Et pas de lumière derrière le chat qui n'était pas là. Et pas de porte-manteaux dans la lumière qui n'était pas là non plus.
Au 4084 Saint-Hubert, mardi, la lumière s'est éteinte vers une heure trente,
au moment exact où je passais sous les fenêtres. Je n'ai pas eu le temps d'apercevoir le porte-manteaux.
C'est amusant de parler des gens qui ne savent pas qu'on parle d'eux. On peut souvent vivre cette expérience dans l'autre sens.
Ces jours-ci, j'aime apparaitre aux endroits ou, habituellement, je n'apparais pas. On peut dire que je traverse ma phase "Ou est Charlie?".
C'est dans cette veine, et peut-être aussi parce que, malgré tout ce que je peux bien raconter, l'instinct grégaire nous rattrape quand même à l'occasion, que je me suis pointé sur le Mont-Royal cet après-midi, meme si la bruyance des tam-tams m'insupporte. Il y a déjà suffisament de bruit dans nos têtes toute la journée...
Pour ce vagabondage dominical, j'avais omis de porter des sous-vêtements. D'abord parce qu'il ne m'en restait plus de propre. Ensuite parce qu'il fait très chaud, qu'il est toujours désagréable de sentir son entre-jambes s'humidifier, et que, tout compte fait, rien n'égale une bonne ventilation dans le fondement.
Le cerveau en ébullition, les aines beaucoup moins (rapport à l'absence de dessous), j'ai cherché sur la montagne une personne qu'hélas je ne trouvai pas.
Comme rien n'est jamais imparfait cependant, j'ai su éviter d'être atteint par un freesbee, et cela est heureux car j'aurais pu m'en trouver lourdement handicapé.
Devant le 4084 Saint-Hubert, j'ai surpris -ou peut-être pas- une jeune femme qui sur son balcon arrosait ses fleurs. Quelques centimètres à sa droite, son chat blanc se trouvait assis, immobile, sur le rebord de l'immense fenêtre au cadre vert. Il était plus de quatre heures du matin.
Je cours et je me demande, à quatre heures du matin, si j'arrêterai de courir, si je trouverai ce qui me permettra de respirer plus longuement la chaleur étouffante de la ville.
Je me demandais, en regardant ces grands et vastes appartements, avec de jolis balcons, de grands escaliers aux très larges marches, des fenêtres parfois immenses, des chats blancs et des porte-manteaux qu'on peut voir de la rue, si un jour j'y serais finalement installé, avec une personne, ou bien seul chez moi avec cette personne elle aussi dans ses vastes appartements tout près.
Je me demandais si j'aurais le repos, si je pourrais arrêter de courir pour un moment.
Si je n'aurais plus de saloperie de "dépot de sécurité" à donner pour un service de téléphone. Si je n'aurais plus de tablier noir ou de tablier rouge à porter, ou de sinistres célébrités bouffonesques à croiser dans un corridor chaque après-midi pendant deux ans pour gagner ma vie et ainsi obtenir le droit de ne pas squatter les trottoirs ou les bancs de parc quand l'envie me prend de vouloir dormir.
Nous sommes le 5 juillet; je l'ai déjà dit, le mois de juin 2003 a été gaspillé. Beaucoup de vagabondage, du type dont on ne retire aucun plaisir. Peu de sommeil. Beaucoup, beaucoup de stress. Peu d'amis, pas d'ami(e)s même -à part une peut-etre, un après-midi-. Pas envie de sortir, et pas plus d'argent dans mes poches au bout du compte.
Je cherche un sens à cet été... ça m'apparait évident.
Voilà donc ce qui m'attendait, maintenant que je me suis assuré un toit au-dessus de ma tête et autre chose que des planches de bois sales en dessous de mes fesses.
Pour ceux et celles que ça intéresserait, Caméléon va très bien, à ce qu'il parait.
Son oeil gauche est completement guéri à présent.
Pour ceux et celles que ça n'intéresserait pas: Barry White (1944-2003) est mort hier.
J'ai songé à prendre un verre dans un bar-karaoké pour honorer sa mémoire, puis ensuite témoigner de mon respect pour le célèbre crooner en poussant la chansonnette.
Mais je n'ai pas mis ce plan à exécution, préservant ainsi la dignité du défunt, et surtout la mienne.

A un déménagement récent succède l'incontournable visite au Dollarama le plus proche.
C'est à cet endroit que, survivant à l'épreuve consistant à slalomer entre les vieillards odorants et les beaufs en sueur, vous répondrez au criant besoin de posséder des trucs aussi utiles qu'un crochet adhésif sensé coller au plafond, un débouchoir pour toilette, ou une râpe à fromage.
C'est aussi le lieu idéal pour se procurer pour pas-cher-pas-cher tous les produits récurants qu'il faut pour estomper ces vilaines coulisses brunes et jaunes qui ornent les murs de votre nouvelle salle de bains.
J'ai participé à cette tradition inscrite dans l'inconscient collectif de tout Québécois vagabond, et sortant du Dollorama, je suis rentré à la maison le sac-à-dos plein de cochonneries, en brandissant un manche de vadrouille en plastique noir.
Je me suis dit que, tant qu'à être armé, aussi bien fracasser quelques vitrines pendant la promenade, pour connaitre le plaisir tout simple d'inaugurer un irrésistible mouvement de foule.
Mais cet après-midi j'étais tout seul, et faire la révolution est une lourde tâche pour un seul homme.
Eventuellement, je suis rentré chez moi et j'ai torché le plancher.
Louer un rabot dans une shop du Centre-Sud, avec une fausse adresse.
Je suis heureux de constater que j'ai survécu à un autre déménagement, mon quatorzième depuis mes dix-huit ans (à moins que j'en oublie).
Il aura fallu six bras, quatre voyages de Ford Faux-cul, un greatest hits des Cure, et un concierge me harcelant pour que je lui rende les clés de l'immeuble, pour que mes effets personnels et moi-même accomplissions sans anicroche le trajet du point A au point B.
Caméléon a quant à elle pris la route de Québec; nous nous sommes en effet separés après plus de 2 ans et demi de vie commune.
Bref, tout s'est bien déroulé; j'en suis d'ailleurs le premier surpris.
Apres le déménagement, on a bouffé dans un Thai. Je me suis étouffé avec la soupe trop épicée, et en soirée j'ai épongé mon stress en allant boire dans ce bar cool, le Missy, que personne ne sait trop qu'il est cool -à part moi.
Maintenant, mon principal objet de préoccupation est de rendre habitable my brand new taudis.
Une tache à laquelle je me consacre, tout en refoulant ma honte d'avoir gaspillé complétement mon mois de juin 2003 à grands coups de quarts de travail de 13 heures et d'interminables journées sans sommeil.