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Se casser la gueule cet été en 328 étapes faciles

26 mai 2008

Vu que l'on me presse de questions sur les récents développements dans l'accomplissement du point #8 dans la liste des 1000 choses que je dois faire avant de mourir, c'est-à-dire « Avoir un scooter » (qui se place juste devant « Avoir un accident de scooter », en position #9), voici tous les détails... et une nouvelle preuve qu'il n'y a en ce bas-monde aucun défi tout simple que je ne puisse relever autrement qu'après maintes grimaces et contorsions. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, disait un grand philosophe, dont le nom m'échappe, mais je l'ai lu déjà, et c'est donc vous dire si j'ai de l'érudisme.

Petit rappel « historique » pour faire une belle histoire : pour avoir un scooter, ce que tu as à faire mon ami est d'aller t'en acheter un. Si tu as un permis de conduire « régulier », celui qu'on dit être pour un « véhicule de promenade », tu es amplement qualifié pour conduire dans le respect des lois de notre nation cet engin de la muerte.
Or, à presque trente ans, je ne possède pas de permis de conduire. Cela ne fait pas de moi un paria. Je n'ai jamais eu de cancel colorectal non plus, et je ne m'en porte pas plus mal, surtout que j'habite en ville et que ce n'est pas une nécessité (un permis).

Il faut donc, pour le scooter, aller passer un simple examen théorique, question de prouver que l'on sait distinguer une lumière rouge d'une lumière verte, un piéton d'un dromadaire, et un permis de conduire des symptômes du cancer colorectal, et voilà le travail, tu ressors de la SAAQ avec un permis de classe 6D, et tu cours t'acheter ton bolide. Vroum vroum vroum. Tu es fin prêt à attaquer les voies publiques et à faire sacrer les automobilistes.

Mardi dernier, je m'installe donc devant les ordinateurs archaïques de la Société de l'assurance auto, pour passer un examen que je réussis avec panache (ce n'était sur le chemin du retour que confettis et pamoison), je retourne au guichet pour me laisser collecter 40 dollars pour la délivrance du fameux bout de papier... mais aussi pour apprendre que l'on m'a fait passer le mauvais test ! Par chance, ce n'était pas le test du cancer colorectal, imaginez le quiproquo, mais enfin, passons... La conversation entre l'employé z'affable alla t'à peu près (liaisons dangereuses ici) comme suit :

— C'est pas de ma faute, moi monsieur.
— Je sais bien, mais quand j'ai téléphoné la première fois pour prendre rendez-vous, ce n'est pas ce que j'avais demandé
— Oui mais c'est bon ça, tu as un permis de conduire !!! Tu as réussi l'examen !
— Ce n'est pas ce que je voulais ! Je veux juste avoir un scooter. Avec un permis de conduire « normal », je peux avoir un scooter, non ?
— Oui.
— Alors maintenant je l'ai !
— Ah mais non ! Ça, c'est juste un permis temporaire ! Dans un an, tu vas avoir le « vrai » permis si tu réussis un examen pratique.
— Et il va falloir que je paie, encore !
— Ah ben oui... C'est pas gratuit, hein !
— Est-ce que je peux juste sortir d'ici et m'acheter un scooter, et le conduire ?
— Pour ça il faut que tu passes un autre examen.
— Et il va falloir que j'attende encore un mois et demi...
— Qui te dit que tu vas attendre un mois et demi ?

J'ai tellement rouspété qu'on m'a donné un rendez-vous pour deux jours plus tard, alors qu'en temps normal on vous fait attendre un mois et demi. Comme je travaillais jeudi dernier, on s'est entendu pour lundi de la semaine suivante, c'est-à-dire aujourd'hui. Ce qui va quand même m'occasionner de traverser la ville jusqu'au métro Henri-Bourassa, cette terre hostile, et prendre un bus, puis aller passer trois heures encore dans les bureaux de la Société de l'assurance automobile du Québec, situés sur une terre hostile, à quelques mètres de la prison pour femmes Tanguay (véridique), à poireauter dans une salle pleine à craquer, surpeuplée. Ne la surnomme-t-on pas, d'ailleurs « le Darfour du Nord » (moins véridique) ?

La SAAQ, c'est un triomphe pour notre démocratie. Tout le monde qu'il veut un permis de conduire, il doit y passer. Pas de passe-droit. Même les connus doivent y aller. À la SAAQ, tout le monde il est égo, même Richard Martineau.
Sauf que puisqu'il y a beaucoup de monde qui sont égo là-dedans, parfois, même souvent, on attend longtemps... La prison est à côté, on aurait le temps d'y purger une sentence dans l'intervalle. D'ailleurs il y a de la place, puisque deux détenues s'en sont évadées le jour même (encore véridique).

Chose amusante mardi dernier, il y a cette femme qui est venue s'assoir dans la même rangée que celle où je patientais depuis un moment déjà. Vous savez quand vous avez la certitude d'avoir déjà vue la personne, mais êtes incapable de vous rappeler en quelles circonstances vous l'avez croisée. J'ai trouvé le lendemain. C'était cette dame vue dans le métro, il y a deux ans. On l'aperçoit aussi à la seizième seconde de ce petit clip :


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