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Every Blog Post is The End of The World For Me

16 mai 2008

JeffreyBrown - LittleThings - 2008

Je suis absolument positivement incroyablement incapable de travailler. Je tourne autour du pot, je m'amuse dans Photoshop avec des vieilles photos qui encombrent mon ordi depuis trop longtemps, avec mon scanner je numérise le tas de vieilleries qui s'empilent chez moi, je parle des heures pour ne rien dire sur MSN, je regarde de la porn... mais je ne travaille pas !
Quand je parle de travailler, je veux dire écrire. J'ai un paquet de nouvelles en chantier, certaines commencées il y a plus d'un an, et je les trouve nulles, nulles, nulles. Et je n'y touche pas, et n'essaie pas de les rendre moins nulles, n'essaie même pas d'ouvrir les documents Word pour vérifier si elles sont, objectivement, si nulles que ça. Je fais semblant qu'elles n'ont jamais existé. Je fais semblant d'être un type qui écrit dans la vie. J'ai abandonné sur ma lancée comme un chevreuil qui stâlle devant les phares d'une voiture. Je suis un imposteur. J'imposte.

En plus que je ne sais pas trop quoi faire maintenant. Je ne sais pas quelle direction je dois prendre.
Je viens de terminer cette semaine le plus récent Jeffrey Brown, Little Things, qui vient juste de paraître. Et j'ai été plutôt déçu de son nouveau bouquin, mais là n'est pas la question. Je me mets à m'interroger sur la nécessité de faire dans le biographique, l'auto-biographie, l'auto-fiction, ou whatever, appelez ça comme vous voulez. Parce que lui, Jeffrey Brown, c'est ce qu'il fait, d'où le questionnement, que j'avais déjà mais qui ne s'en trouve que plus lourd ces jours-ci.
Je me dis que c'est peut-être la voie à suivre, la seule façon de réellement communiquer quelque chose à autrui (et c'est bien pour ça qu'on écrit, ou qu'on blogue, n'est-ce pas?), et en même temps, je ne vois pas comment je pourrais y arriver.

D'abord, je pense avoir beaucoup trop de pudeur (aussi paradoxal que cela puisse paraître quand on tient compte du fait que j'entretiens ce blog depuis bientôt six ans, l'équivalent d'un millénaire dans le « domaine », sans compter tout le tas d'autres trucs que je fais sur le web) pour y aller à fond et raconter ma vie. Forcément, j'en saute des bouts plus intimes, d'autant plus que ma vie, je ne la vis pas seul mais entouré de gens, qui n'ont pas demandé à être impliqués dans mes internets. Habituellement, les gens que je rencontre (et j'en rencontre peu puisque je sors peu) sont déjà passés par ici, ou du moins chez Entendu à Montréal, et ont une bonne idée des jouets avec lesquels je m'amuse dans la vie. De temps à autre, je rencontre des gens qui n'en ont aucune idée, et là c'est bizarre... Mais bon... Que les gens soient au courant de mon wonderland virtuel ou pas, je me vois mal parler d'autrui sur ce site, puisque cet autrui, qui n'a rien demandé, n'aimerait probablement pas voir sa vie étalée au grand jour. Et je ne me sens pas à l'aise de le faire quand même, sans son consentement.

Ensuite, je ne crois pas faire quoi que ce soit de suffisamment palpitant dans mon existance pour oser avoir la prétention de croire que ça pourrait intéresser quelqu'un.
Je suis plus visible sur le web qu'en personne, merde, je sors à peine de la maison. J'ai slaqué les sorties au bar, où j'ai passé l'hiver entier à raison de cinq soirs par semaine, en moyenne. Je suis trop de bonne humeur ces temps-ci, il y a trop de bagarres dans la place (et autour) et j'ai besoin d'argent pour acheter ce fichu scooter que je veux m'acheter. Ce qui fait que je reste dans ma cuisine, ou carrément assis dans mon lit avec le laptop.

Sauf que l'auto-biographie, j'ai tendance à trouver ça faible. Parce que ce que j'aimerais vraiment, c'est inventer des histoires, pas raconter ce qui m'arrive quand je me perds en allant au dépanneur. Et je manque d'imagination, je n'ai pas d'histoires dans ma tête. Tout ce que j'ai, c'est des observations décousues sur à peu près n'importe quoi et la conscience aigue que c'est, justement, n'importe quoi.

Me voilà donc bien fourré. Je ne sais plus quoi écrire... avec le résultat que je n'écris plus. Les nouvelles restent inachevées dans leurs beaux documents Word; j'ai un truc commencé il y a deux étés auquel je n'ai plus touché depuis des mois; et un autre truc, commencé dans un carnet pendant la route entre New York et Montréal en février, que je ne me suis toujours pas donné la peine de recopier et de corriger...

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