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Ma position favorite

09 mai 2008

Tant qu'à parler de sport... Aussi bien continuer.
J'ai investi début avril la somme astronautique de 10 dollars (quand même ! le prix de deux pintes !) pour m'inscrire au pool de hockey des séries organisé par mon débit de boisson préféré. Je dois dire que je m'en tire plutôt bien (quatrième jusqu'ici, à quelques tout petits points du meneur), surtout si l'on considère que je suis le hockey à distance, jamais directement, par la bande, c'est-à-dire via les manchettes sur internet et les quelques lignes publiées dans le journal Métro.

Je ne suis pas un amateur de sport professionnel, mais pourtant il me fascine. En fait, je ne suis pas fasciné par le sport en tant que tel, ni par les exploits sportifs. Je me demande si je l'ai seulement déjà été, et si ce fut le cas je crois que mon enthousiasme initial a été tué à l'adolescence par le fait de n'avoir excellé dans aucun sport (quoique je me débrouillais au baseball, mais en défensive seulement, et quand on me laissait jouer à ma position favorite, l'arrêt-court, plutôt que de me faire moisir au champ, à faire la vache). J'étais un enfant assez solitaire aussi, même pas mal, alors le baseball se pratiquait souvent moins en équipe que tout seul dans le stationnement du centre commercial, après la fermeture, avec un gant, une balle et un mur de briques comme adversaire. Ça développe les réflexes, et c'est comme ça qu'on en vient à être capable de tourner un double-jeu. Quand on se présente au bâton cependant, c'est une autre paire de manches...
(Baseball, manches, la comprenez-vous ? Oubliez ça...)

Non, je suis surtout fasciné par le vocabulaire sportif, qui est une source de richesses et d'amusement sans fin; par l'hystérie collective l'emballement collectif (les matchs qui vont en deux ou trois périodes de prolongation, la conquête de 1993, les hautes espérances de cette saison après douze années d'équipes poches), et par le côté esthétique et/ou historique qui accompagne le sport professionnel. Je me rappelle que ma grand-mère avait un grand livre, écrit par feu Claude Mouton, rempli des photographies de Denis Brodeur. Et je ne me lassais pas d'entendre ma grand-mère parler des « exploits » d'un Serge Savard vieillissant que mon défunt grand-père, apparemment, prenait plaisir à injurier de son salon pendant la Soirée du hockey.

Bref, pour une raison que j'ignore, je suis incapable de donner raison à ceux de mes amis qui ont une haine viscérale du sport professionel et qui le considèrent comme une abrutisserie sans nom. Pas plus que je ne peux me résoudre à regarder un match à la télévision. Mais inlassablement, je lis les comptes-rendus des matchs; je zyeute avec un intérêt à peine dissumulé les vains débats de gérants d'estrades sur la pertinence de liquéfier tous les Russes, les Slovaques, les Suédois, les Finlandais, les Tchèques, les Suisses, les le Français, les Biélorusses, les Américains et les Canadiens s'alignant avec le Bleu-Blanc-Rouge, pour mieux les remplacer tous par des Pakistanais; et je visionne les bêtisiers fantastiques montés par l'équipe du génial Sportnographe (LA référence) en quête de nouvelles manières de massacrer la langue française.

Tout ça pour dire que, revenons à nos Claude Moutons : ça va plutôt bien dans mon pool. Permettez-moi de flagorner, j'ai visé juste 4 fois sur 4 lors de la deuxième ronde des séries, merci bien aux Flyers de Philadelphie grâce à qui j'ai non seulement inscrit plusieurs points mais aussi connu le bonheur d'être considéré, brièvement, comme un traître à la nation, pour les avoir vus vainqueurs contre Montréal.

J'avais prédit à l'issue de la saison régulière une finale Penguins-Red Wings pour la fin mai, série qui sera remportée par les Penguins. Facile à dire une fois rendu ici, avec quatre clubs encore en lice. J'aurais dû l'écrire quand c'était le temps, mais bon c'est vrai quand même, gens de peu de foi. Donc allons-y avec audace dans les prédictions pour la ronde numéro trois : Detroit en 5, Pittsburgh en 4.

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