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Ça sent la croûte coupe (à Pittsburgh)

29 avril 2008

« Ce que je fais ? Je suis après m'enculotter. Ça fait 15 minutes que j'attends après toi en regardant la moustache à Larry Robinson sur les portraits. À un moment donné, un gars a envie de pisser. »
(Conversation au cellulaire entendue dans les toilettes du Forum, l'ancien temple du hockey).

Est-ce que j'ai mentionné que j'aimais mon nouvel horaire au travail ? Non, j'adore mon nouvel horaire. Je travaille moins, gagne plus, et suis en congé du lundi au jeudi. Ça donne une moitié de semaine à être occupé à gagner sa croûte, et l'autre à la boire. Combinez ça à l'action du printemps, et les astres sont alignés pour nous promettre une beuverie en plein lundi après-midi avec ma meilleure meilleure amie, au square John-Cabot, dans les autobus de la STM, en face de la place Alexis-Nihon, dans les marches du restaurant Amir, autour de l'ancien Forum, devant la face des gens qui bouffent dans les restos de la rue Duluth, bref partout où c'est qu'on peut, particulièrement au soleil.

Dans le but de m'assurer toutes les chances de non-élection le jour où je briguerai la chefferie (ou la chaufferie, ou la cookerie) du Parti libéral du Canada (côtoyer Denis Coderre hors-facebook et poker sa bedaine font partie de mes rêves), nous avons une semaine plus tard des photos compromettantes à la pluie à l'appui.

Quand je suis saoul, je pense à être riche un jour, je pense à donner tout mon argent de mon vivant, ou de mon mort-vivant si je me tue dans un accident de la route. Je le pensais, je le pense encore.

Ces jours-ci je me frotte le crâne, moins par indécision que par souci de chouchouter une blessure à la tête causée par deux accidents de poteaux, le premier en débarquant de l'autobus sur des Pins, le second sur la rue Joliette en rentrant dans mon coin. Comme il était assez tard, je blâme le manque d'éclairage et compte exposer mes plaies, une fois pansées, et mes doléances, une fois réfléchies, au conseil municipal, où je critiquerai avec véhémence l'incompétence des réverbères.

Mardi matin, la déshydratation et la soif de vaincre m'ont tiré du lit vers les six heures. C'est que j'avais rendez-vous à 8h30 au métro Her Urban Oasis pour mon examen de conduite. J'ai failli rester couché, mais puisque j'avais la chance de dépasser les autres candidats et ne pas attendre six semaines pour passer le test, j'ai rassemblé mes énergies et mon odeur de Mick Jagger. Pendant la route, je me suis perdu deux fois à travers les autobus. J'ai trouvé les bureaux, j'ai trouvé l'examen.

Je l'ai échoué, évidemment.

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