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Du satin, de la rayonne, et du polystyrène expansé à ses pieds

08 avril 2008


Ouais ben on a décidé de déménager. De garder le chien que j'ai adopté, de renoncer aux guerres de quartier, de sacrer le camp.

Lundi, une semaine jour pour jour après que nous ayons trouvé le prochain appartement, ma coloc a trouvé une croix blanche, tracée à la craie sur la porte de l'immeuble. Elle a pensé à des gangs de rues, du repérage. Incendier l'immeuble est dans les plans. Nos jours sont comptés. Et... Moretto... comme ta bouche est immense quand tu souris.

On a trouvé, apparemment, un nouvel appartement pour juillet. Je retourne dans Centre-sud, avec Mathilda Arizona (ou whatever whatchamacallit). Ce sera un troisième appartement pour elle et moi, ensemble. C'est comme ma soeur maintenant, petite soeur parce qu'elle est plus jeune, grande soeur puisqu'elle tient les comptes et tolère ma gérance approximative et mes sautes d'humeur bi-annuelles. Soeur inutérine, même si la réserve m'empêche de le lui dire, parce que faut pas y aller trop fort dans l'impudeur. Et aussi parce qu'après des mois, voire des années, consacrés à avoir les meilleures intentions du monde mais à me faire traiter de pire être humain, les circonstances, l'habitude et le conditionnement m'empêchent de vouloir dire quoi que ce soit à qui que ce soit, vu que, vraisemblablement, ça ne donne rien.

D'ici là, je garde le chien des chiens, le boston terrier qui ronfle sur mon prélart, ou sur mes couvertures, sous ses couvertures; qui ronfle avec elle jusqu'à six heures du matin, et qui vient ronfler avec moi quand je me couche aux aurores, qui ronfle jusque dans l'après-midi. Et qui ronfle toute la journée tandis que je dors la porte ouverte, en boxers et wifebeater, presque tout nu, avec du poil, le chauffage à off, avec moins de couvertes, en ne rêvant non plus d'anciennes flammes nues, mais en rêvant de chiens, de chats, de chameaux, en cauchemardant que je perds mon emploi, en rêvant de symboles de toutes parts. Il y a bientôt trois semaines que je n'ai pas fourré et rien ne me tente moins que les fourrages d'antan.

Rien d'autre à faire que de tomber en amour avec des barmaids, ce qui est, dans le plus grand des secrets, déjà fait. Et se poursuit la recherche du simple contact physique sur les divans du Miami Bar ou ailleurs, avant d'être réduit « en cendres en cendres ». Parce que les contacts physiques d'antan sont rendus dégueulasses, rendus indésirables. La seule idée des contacts physiques d'antan me dégoûte un peu, me font venir au nez une odeur de vieille dèche de gens que je ne connais pas. L'idée de cinq minutes passées avec des gens avec qui, jadis, j'aurais voulu passer cinquante années, m'apparait trop lourde et trop épuisante pour que j'aie la moindre envie de tenter l'expérience. Ça sent le vieux kleenex et le condom usé partout où je vais. Je fouille dans mon sac et je vois des capotes toutes neuves, dans leurs belles enveloppes vertes, et quand elle rit, je ris aussi, tu aimes tellement la vie...

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