Brigitte Bardo Thödol et le grand vide rose
Grand vide rose dans la cuisine rose. On a perdu l'Internet à la maison parce que le « modem s'en retourne » et il ne devrait pas revenir avant l'arrivée du nouveau, « vendredi si on est chanceux ». Qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne sais pas, j'ignore comment toutes ces choses fonctionnent, c'est la coloc qui s'occupe de tout, brancher le net, réparer le net, les factures et les gros bills aussi, dis-moi combien ça coûte, voici l'argent... elle pourrait m'arnaquer de cent piastres chaque mois que je ne le saurais jamais, c'est le risque à prendre pour avoir la tranquilité d'esprit et ne pas devoir compter. Les maths n'ont jamais été ma matière forte à l'école, et j'ai pris le chemin le plus rapide pour terminer mon secondaire cinq (ce qui se résumait à l'équation suivante : français + anglais + morale(!) = 12 crédits = un diplôme = salut bonsoir, school's out forever), donc les cours d'économie inscrits au programme ont glissé sur moi comme la pluie sur le dos d'un cougar.
D'ici là, pour m'occuper et survivre à ce sevrage, j'ai quelques heures de travail prévues à l'horaire. Sinon, les activités habituelles : hyperventilation, sueurs, arythmie, tremblements, hallucinations probables, trépanation possible, sensation d'arête de poisson prise dans la gorge et lecture à voix haute du Livre des morts tibétain.
