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Aujourd'hui, je me trouve en villégiature à Hull, à la frontière du Québec et de l'Ontario, et c'est d'ici que je relance ce blogue, version revue, corrigée, améliorée, requinquée. C'est un peu comme la frontière entre le Mexique et la Californie, mais différent. Sans un tunnel qui mène à Tijuana. Sans des spectacles de femmes et de mulets.
Il y a de la neige à Hull aujourd'hui. Il y en aura à Ottawa demain. Il y en avait à Montréal à mon départ ce matin et forts sont les risques qu'il y en ait toujours lorsque je reviendrai dans ma ville plus tard cette semaine. Éventuellement, il fera froid, gris, venteux et neigeant, pendant plusieurs années, possiblement même jusqu'à la fin de vos jours. Le réchauffement climatique ne fera rien à l'affaire. Souvenez-vous de ce qui se cache sous la calotte polaire.
Je me suis endormi hier soir vers les trois heures du matin, après trois bières en cacanne, une soupe Ramen arrosée de sauce piquante provenant d'une des trois bouteilles volées au restaurant Odessa, à New York, et vivant désormais dans mon garde-manger en une commuanuté autarcique et contemplative, dedans Hochelaga-Maisonneuve, un quartier en voie de développement. Un quartier d'avenir. Un quartier qui n'est pas dans le passé, mais dans l'Avenir. Un quartier qui est comme Barack Obama endormi vers les trois heures. C'est une vie passée entre la cuisine et l'Internet, parfois les deux en même temps. Une existence en html, à scruter des virgules, des guillements, des perluettes, à surchauffer un salon, à assécher des cactus, à humidifier des plantes grasses, une alimentation presque exemplaire, qui le serait en fait si elle n'était pas si rare, un nombril pas vraiment creux. Je ne suis plus gros. Je surveille mon apparence. Et les virgules chantent la liberté.
Je vous voudrais tous saouls. Je vous voudrais tous en train de me lire. Je voudrais que vous soyez tous mes amis pour la vie.
