I'm half twice the man I used to be (ou comment j'admets publiquement la déchéance aux enfers de mon apparence physique)
La voilà désormais révolue l'époque bénie où le dodu du coin était appelé « le dodu du coin », puisqu'il est maintenant rendu gros gras, comme un voleur. Dans le quartier ils ont ri, ils se sont moqués de lui. Ils ont pointé le gras en riant aux éclats.
Parmi les coupables de mon embonpoint, il faut pointer du doigt :
- Huit heures de travail par jour assis sur mon derrière.
- La vilaine habitude d'abuser les chaises et les autres instruments destinés à s'asseoir dès que je rentre à la maison.
- Un genou en mauvais état qui m'empêche de pratiquer des sports que, du reste, je me plais bien à ne pas pratiquer.
- Du pad thai trop huileux acheté dans des fast food, en plein après-midi.
- Le goût des jeunes filles grosses pintes.
- Une attirance pour la patate, orgueil du Pérou.
- Ce que Le Flambeau Mercier-Hochelaga-Maisonneuve déplorait dans son édition de la semaine dernière, c'est-à-dire le réflexe bien de chez nous de se précipiter au dépanneur le plus proche (ce qui n'est guère compliqué puisqu'il y en a un à tous les cent pas dans ce quartier) pour acheter de la nourriture de dépanneur, donc des cannages de bouffe en canne très peu excellente pour la santé (et qui donnent, qui plus est, le scorbut), au lieu d'acheter des aliments sains et gentils pour nous.
- La société (dans son ensemble).
- Richard Martineau (juste pour le fun).
Organisons une battue pour débusquer les responsables ! Allons à Tout le monde en parle, intimons à Claude Poirier de venir danser autour des cadavres encore chauds ! Tuons-les ! Tuons-les ! Tuons-les ! Avant que le coq ne chante, tu auras voté ADQ trois fois (mais je m'égare).
De plus, mon corps enflé est une prison de souffrance et de douleur. Je me sens comme si je m'étais fait passer dessus par trois trucks, ainsi que Luce Dufault. Samedi soir dernier, je me suis blessé à un dos en ne faisant strictement rien sur le sofa du salon. La barrure que ça me cause dans ma chute de riens, jusse en-haut du cul, me fait bomber le bedon par en avant quand je déambule, ce qui ne fait qu'exposer davantage mon gros ventre.
Je ne marche donc pas très vite, profitez-en si vous voulez m'agresser sauvagement dans la rue et me déposséder de mes biens, de mes vêtements, mes bottes et ma moto, c'est le temps. (Pis les animaux le savent !)
En rentrant du travail et en me traînant du métro jusqu'à chez moi, je me suis dit : « Ça y est, c'en est trop ! Je n'en puis plus, la couche est pleine. » Je pris la ferme résolution d'interrompre dans l'immédiat toute consommation d'alcool à base de céréales. De ne me nourrir que de fruits, comme dans le film du gars qui ne se nourrit que de fruits. De faire des épiceries. De visiter le supermarché pour remplir mon panier de denrées aux souvenirs impérissables, en croisant dans les allées tous ces gens que je vois tout le temps leurs faces sur Fecesbook.
Deux heures après, les résolutions avaient déjà pris le bord. Quand même : j'ai dédaigné le dépanneur du coin (mais je ne garantis rien quand il fera moins 30) et j'ai marché, en me tenant le bas du dos telle une otarie enceinte, jusqu'à l'épicerie... pour en revenir avec deux grosses cannes de raviolis. Bref, ce que l'Italie nous a légué de plus beau.
Envoie la Ghislaine, épile ta moustache pis viens souper, y'a rien de trop beau, le Chef Boyardee crie ton nom partout ! À soir, on fait bombance !

