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Le jour où Omar Vizquel fut tué par une balle en flèche

02 septembre 2007

Je crois bien que très bientôt les homards vont nous attaquer et, ultimement, nous asservir. Je respire leur odeur fétide, au loin.

Moi, je reste dans un bloc tranquille. No bloc party ici.

Il y a depuis une demi-heure une odeur de cigarette qui me vient aux narines. Ou en tout cas une odeur de quelque chose qui brûle. Probablement une cigarette.
Depuis mon emménagement, le premier juillet, cette odeur-là me venait de la salle de bains.
J'explique : il y a, dans chaque salle de bain de notre immeuble, une fenêtre qui s'ouvre sur un mur blanc, jauni et bruni de traces d'humidité. Un puits de lumière qui ne donne sur rien, mais qui a pour effet de faire circuler les odeurs d'un appartement à l'autre, sur les trois étages.
De la salle de bains me venait auparavant une odeur de tabac. Ma voisine du dessous, fumeuse jusqu'à la fin, en faisait circuler les volutes en beaux ronds gris, qui montaient comme autant d'auréoles vaporeuses jusqu'à mes pièces. Elle est morte il y a deux semaines.

Ce week-end, la fenêtre est fermée, afin de m'épargner l'odeur de pieds des couches de peinture que le propriétaire, fier travailleur dominical, étend successivement sur les murs de l'appartement déserté.

Penses-tu que c'est parce que sa fille m'a donné ses meubles que la défunte se manifeste chez moi via un fumet de Mark Ten cheaps, de Players filtres, ou d'Export-A vertes ?

Il y a une sorte du cancer, du cerveau je pense (il faudrait le wikipédier pour en être certain), qui compte parmi ses symptômes le dérangement du sens olfalctif. L'affecté du cerveau sent des odeurs que les autres ne sentent pas.

Je suis un peu sur la brosse. Quatre Heineken et demi, et je travaille sur un manuscrit à remettre à l'éditeur lundi soir. Et j'ai mangé deux pogos dans ma journée. Avec de la moutarde.
Douce.
Je sens l'odeur d'un bataillon d'homards, crustacés belliqueux, cigarette à la bouche, remontant du Fleuve jusqu'à Hochelaga-Maisonneuve. Pour nous asservir.

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