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Le monde a besoin de plus de parenthèses

01 août 2007

Au coin Ailwyn, un gaillard parle trop indistinctement au goût de ses concitoyens puisque que ces derniers, curieux et écornifleurs, l’observent avec insistance, mais de trop loin. Il converse avec un conservateur et se dandine. Lorsqu’un téméraire passant passe près de lui, il s’aperçoit que le bougre empeste. Il sent. Non pas l’alcool, mais bien la bière.
Il sent. Non pas la bière, mais bien la biée.
La maudite biée. Je bouée de la biée. De la bonne biée. Comme dans le dire populaire : « prendre une bonne biée ». À souèrre, on va s’assouère; à souée on va prendre une biée. Une bonne p’tite biée. Viens prendre une biée. Une biée, mon Marcel ? Débouche toi donc une biée pi viens t’assoué.

Je m'en vais engraisser sur mon balcon.

Il y a une délicieuse ironie dans ce que nous conviendrons d’appeler « l’Affaire The Police », (en totale opposition à l’Affaire Dumoutier), une affaire unique pour un concert unique. Les trois musiciens qui mettaient en pratique le don’t stand to close to me. L’impensable réunion de la légende (au nom de laquelle on excuse bien trop de choses) enfin faite chair. Roxanne les seins à terre (les seins à tée), Roxanne avec de la culotte de cheval. Pendant que depuis des mois les rockeurs nostalgiques et les hipsters d’autrefois aux devant de crânes dégarnis, quittant à peine une jeunesse qu’ils considéraient encore prime, jeunesse s’étirant comme un élastique un soir d’humidité, s’anxiétaient d’assister à la reformation, un soir seulement, pour un temps limité comme les Bébés Muppets avec chaque Joyeux Festin (pa la pa paaa paaaaa I’m lovin’ it), ils convergent vers le Centre pour se faire boucher les oreilles, c’était sans doute merveilleux I Caaaaan’t Stand Lovin’ Youuu-wooouuu. Je n'en doute point. Mais...
Et puis voilà qu’au retour d’un spectacle au Centre Bell, le bon diable rentre à la maison avec son talon de billet unique pour un concert unique, payé dans les deux cent balles, le colon n’apprend-t-il pas que le trio terrible se ratepera le temple du hockey local en novembre, et que les billets se remettront en vente dans la dizaine de jours qui suivra.
Les quarantenaires ne sont décidément pas plus bright que les baby-boomers, et ils sont tout aussi pathétiques dans leur compulsion de se procurer au gros prix, au scandaleux gros prix, des billets pour voir dans un mauvais amphithéâtre avec un gros son un groupe de vieilles affaires multi-millionnaires tantristes amazonistes.
U2 revient quand, by the way ? E-LE-VA-TION. It’s alright, it’s alright, baby.

Le monde a désespérément besoin de loi et d’ordre. Ça fera. Le monde nécessite davantage de vieilles plottes sèches et d’indigné(e)s des deux sexes. De plus de Jocelyne Robert. De plus de MC Gilles Taillon. De plus d’adéquistans. De plus de mad scientists et de psychiatres fous. De plus d’interventions. De plus de libations. De plus de fesses à l’air. De plus de fesse-mathieux. Le monde a besoin d’une Promenade Ontario incandescente. Le monde a besoin que le village gai reste aux limites du village gai, et que l’appellait village ne soit plus qu’un moyen de ghettoïsation massive, calomniant nos institutions extra-maritales comme la « Charcuterie du Village » et la « Buanderie du Village » et les Mairesses du Village. Et les jumelles Villagos. De ville à gosses, de vie ta vie la gosse. Le monde a besoin de condoms plus serrés, plus confortables, moins dispendieux, sans nervures parce qu’entre toi et moi (parce qu’en touée pi mouée), ça ne fait pas vraiment de différence. Le monde a besoin qu’on le soulage de son lumbago. Le monde a besoin de moins de presse et de plus de papier de toilettes. Le monde a besoin de Tintin au Tibet et de Barbe à Papa. Le monde a surtout besoin de produits derma-to-lo-gi-ques. De crème à mains en hiver. Le monde a besoin de plus de t-shirts qui disent : SEXIEST MAN ALIVE. De mini-magnéto-cassettes. De piles alcalines et de gants de crin aussi doux que du vrai coton. De mélanges de couleurs. De bébés bicolores. De bébés napolitains. La monde a besoin d’engendrer de la joie. Le monde a besoin de moins de bigots et de la résurrection du seul et unique Roi Wilson Pickett. Le monde a besoin que la piquette soit autant considérée que le grand cru. Le monde a besoin de tout millésimer, jusqu’à la moindre craque de trottoir. Le monde a besoin de loi et d’ordre, de la L.A.Law, de la loi du plus fort, de l’oraison du plus con, le monde a besoin de ton sourire et mon sourire et ton sourire et mon sourire et ton sourire et mon sourire, le monde doit savoir que mon corps ce n’est pas le tien, le monde a besoin de rengaines enfantines abrutissantes et de DVD chèrement payés par une jeunesse qui est passée date, et pour une jeunesse que la précédente a engendré et qui ne montrera pas, devant les facéties enregistrées, l’intérêt escompté.
Le monde a besoin de plus de parenthèse(s) crusse de crusse, de par(enth)èse(s) n’im(p)ort(e) où même a(u milie)u des mots ! Et surtout pas d’émoticons. Moins de pollution, et plus de potirons.

« Je t'ai acheté une soupe Ramen pour remplacer celle que je t'ai piquée hier. »

Rachète-moi pas des Ramen ! Des Ramen c’est 33 cents. Des Ramen c’est des Ramen.
On devrait mettre tous les Ramen de la Terre en commun et manger des nouilles.

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