Clous de girofle, ail et gingembre
Nouveau bulletin de vacances : l'un des deux clous sensé être posé au mur ne l’est toujours pas. Par contre, nous sommes à présent greillés d’un store en bambou qu'il est possible de monter ou descendre en vertu d'un jeu de cordes habile. La nouvelle acquisition m’a permis de balancer dans la cour arrière l’horrible (et affreusement sale) store vénitien, une des 10 abominations du vingtième siècle qui a su traverser dans l'actuel, de la même manière, sans doute, que la sandale « Crocs », abomination de l'ère moderne, passera dans le vingt-deuxième siècle (si on se rend là).
Reste quatre jours de vacances, qui seront particulièrement utiles pour ramasser les traîneries des cinq premiers jours.
Toujours habillé pareil : même bermuda (je n’en ai qu’un seul), même wifebeater (ça, j’en ai plusieurs, toujours blancs (parfois même blancs foncé) sauf pour les taches de moutardes, de sauce à spaghetti ou de sauce à poutine, qui diffèrent selon ce qu'il y a au menu du réfectoire). Même canicule, même soleil imperturbable, même sueur, même ventilateur. De sieste en sieste et de sortie brève en sortie brève, chaque journée ressemble à s’y méprendre à celle qui l’a précédée. Il fait si chaud que ça enlève le goût de s'abreuver. La cuisine est torride comme celle d’un restaurant un samedi de juillet, et ça sent l’ail depuis les patates que j’ai cuisinées mardi soir. Le sofa pique et donne des éruptions.
Il y a toujours tant de monde et tant de marde au Dolloramarde que ça vous décourage d’acheter à prix modique les biens essentiels comme les brosses à toilettes. On y est entré, en éclaireur, pour s’acheter une petite liqueur à faire chauffer dans le soleil de la Promenade Ontario, puis découragé devant la foule on s’est rabattu sur un soda au « gingembre relevé » (spicy ginger taste) de marque Stewart’s, acheté à l’épicerie de marque Métro.
Il s'agit d'une petite liqueur en bouteille brune qui donne aux passants l’impression durable que l’on s’enivre à la bonne p’tite Wildcat sur la voie publique, mais zil nanérien. C’est du gingembre qui goûte les bonbons au gingembre du marché des frères Sakaris, et qui pique la gorge.
Quand la boisson chauffe au soleil, c’est pire.

