a mari usque ad mare
J'ai r'su mon pass'port c'matin. Kossé que j'fa ak ça, à c't'heure ?
Ayant déménagé il y a moins d'un mois, et n'ayant toujours pas reçu un seul compte ou une seule facture à ma nouvelle adresse, il a été un peu compliqué d'accuser réception du document envoyé par courrier recommandé. À mon bureau de poste, y fuckent pas avec la malle...
Il a fallu du verbiage insistant et une attaque aux effluves de dessous de bras et de crème solaire d'intensité 45 et de marque Life pour qu'on finisse par finir de me remettre l'enlevoppe.
Mettre la main sur le nouveau passeport s'est avéré au final plus difficile que de rentrer dans un autre pays pour y poser des bombes (cet extrait a été censuré pour le FBI).
Il reste que ça ne m'avance pas à grand chose pour le moment, de m'être fait renouveler le passeport jusqu'en juillet 2012. La seule utilité que j'y vois à court terme aura été de me convaincre de me raser la maudite barbe, pour la photo que je me suis fait prendre au début du mois. Maintenant, mon visage blême, pur et inoffensif apparait dans le livret avec une feuille d'érable, (em)blème de Notre Nation, sournoisement cachée dans le portrait afin d'empêcher les contre-façons; et mes deux oreilles sont longues, chenues, et architectoniquement discutables.
Comment faire bon usage du document précieux délivré par Sa Majesté la Reine Jean-Paul II, sa représentante sur Terre, la gouvernante-générale, et toute son armée de fonctionnaires fédéraux et de mandarins de la Souveraine ? J'essaie de mettre des sous de côté, mais ils retombent du côté face. J'essaie de mettre des dollars de côté, mais j'en suis incapable : ils partent au vent.
Cependant, la dame qui tire aux cartes et qui « voit des choses que les autres ne voient pas » m'a dit hier après-midi sur la « terrasse » de La Pataterie que tout se règlerait de belle façon d'ici un mois et demi. J'attends la manne, man.
