C’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’allergie au pollen.
Bout de texte décousu commencé le 2 mai, et jamais terminé...
C’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’allergie au pollen. Après plusieurs mois, cette saison mesquine et trompeuse, l’hiver, a finalement cédé la place au printemps, non sans une dernière tempête passée la mi-avril.
Au retour de « Monsieur Réactine », au taux de pollen annoncé sur Météo Média, à l’indice de smog et au plan vert-gris du ministre Baird, faisons fi des traditionnels qui est in qui est out.
Le printemps est la seule saison dans l’année que nous attendions véritablement. Elle sert, l’espace d’un instant, à nous imaginer que nous passerons un été en tous points semblable aux étés de notre enfance, que nous passerons à parcourir les prés dans une bucolique insouciance, à rouler dans la garnotte sur une bécane rouge achetée chez Canadian Tire (une bicyclette qui aurait la barre bien horizontale, pas comme les vélos des filles), à pogner l’herbe à poux en cheminant dans les fardoches, à dépenser notre allocation à la crèmerie, à se geler le front avec de la Slush Puppie bleue... ou plus vraisemblablement à profiter d’une maison vide (la nôtre ou celle d’un ami) à jouer au Nintendo.
Parce que, désolé de tracer ce triste constat si vite dans la saison : cet été, nous travaillerons. Et nous ne ferons en somme rien de bien différent de ce que nous avons fait l’hiver, passé à commenter dans l’ascenseur la météo réputée schizophrénique du Québec. Nous commenterons les épisodes pluvieux, nous plaindrons de ne pas avoir eu de vacances, et nous nous ennuierons des tribunes téléphoniques avec Ron Fourrien.
Messieurs, le look égorgeur d’enfants est maintenant à votre portée. Faites-vous pousser la barbe.
Entreposez vos vieux parents. Congelez-le pour l'été. Pour tout le temps.
Envoyez vos enfants au camp de jour : ils débarrasseront le plancher, pratiquerons de saines activités, marcheront sur des seringues, se blesseront grièvement de diverses manières, expérimenterons dans les toilettes publiques après avoir regardé faire les animaux (sur internet), auront des crushs sur des monitrices plus âgées, ce qui, avec un peu de chance, les mènera vers une vie de gigolo, un mariage précoce avec une vieille riche, vous assurant à la fois de n’avoir jamais besoin de pourvoir pour eux, et d’être pourvu par eux (ou par la vieille) lorsque vous serez malades et décrépits.
