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My brain is sitting on my desk, in a jar

08 juin 2007

Huit heures quinze. Je sens que ça va être du joli. Je dors debout et je suis encore Laure-less, parce qu'ils me l'ont envoyé à la réception, depuis que notre réceptionniste termine aujourd'hui et que quatre nouvelles ont abandonné dans les derniers 10 jours. Faut croire que la position fait peur.

On manque d'authenticité dans nos vies et il me semble clair que ce manque est criant, et fait crier. Les gens meurent en réclamant plus d'authenticité, ils se tuent à le hurler. J'en ai pour preuve tous ces débats stériles. Par exemple, une de mes collègues qui est du genre à pinailler me disputait sur le fait que les bagels du Treats, en-bas dans le centre commercial, ne sont pas de vrais bagels. Mais que ceux du Van Houtte (qui me semblent pourtant originer d'un beau sac de plastique bien ordinaire acheté à l'épicerie d'en face) sont de vrais bagels. I guess qui savent c'est quoi des vrais bagels dans le West Island.

Pourquoi le smoked-meat de chez Schwartz's serait meilleur juste parce que la place est tellement petite que les gens sont forcés d'attendre dehors ? Ou simplement parce que les touristes demandent c'est où ? Les touristes demandent-ils où Schwartz's est situé parce que Schwartz's a vraiment un meilleur smoked-meat, ou parce que par définition un touriste ne sait jamais où sont les choses ?

Depuis quand le touriste est-il le baromètre du bon goût ?

Pourquoi c'est toujours mieux avant ? Pourquoi le changement ? Sommes-nous des réactionnaires ? Quel est le but de faire un film sur Polytechnique dix-huit ans après le massacre, comme si c'était un grand moment glorieux de notre histoire ? Pourquoi fait-on des films sur les Patriotes, sur la crise d'Octobre, sur Polytechnique, sur les affaires poches et/ou tragiques ? Même Maurice Richard, parce que le but du film sur sa vie, ce n'était pas ses 50 buts en 50 matchs, c'était le Rocket qui soulevait la masse opprimée-déprimée canadienne-française et qui leur montrait « Vous pouvez faire quelque chose, vous pouvez être meilleurs que les méchants Anglais et les méchants Toronto ». La prémisse était : vous êtes des pas bons. Mais. Mais vous pouvez-vous émeuter quand Clarence Campbell vient vous narguer au vieux Forum (qui n'était pas si vieux dans le temps).
Pourquoi ne fait-on pas des films avec plein de gens heureux, tous gros de bonheur et de bonne bouffe, souriants, le coeur au ventre, heureux de travailler et heureux d'être content, comme dans l'art communiste et comme dans les corridors du métro de Pyongyang ?

Pourquoi ne fait-on pas du féta ?

Est-ce que le progrès est suspect ? Pourquoi la nostalgie ? Est-ce que plus ça change pire c'est ? L'avion des frères Wright était-il meilleur que le Concorde ?

Tout n'est que rhétorique, du pinaillage, des conneries. J'en veux pu de réponses, c'est toujours décevant. Je veux des questions pi c'est toute. C'est le boutte du boutte. Câline de binnes. « La vie, y'a pas d'avenir là-dedans, il faut investir ailleurs. » Comme dans Fessebook ? (NOT!)

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