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Entre-cuisses et été chaud

17 juin 2007

En 1997, c'était mon premier Woodstock en Beauce. C'était aussi la troisième édition de cette débauche collective, et les locaux s'extasiaient déjà de voir autant de monde en comparaison des deux éditions précédentes (une attitude que j'allais aussi adopter en 2001, en revenant, après deux ans d'absence, pour mon troisième (et à ce jour dernier) Woodstock). Au-dessus des tentes nous parvenaient les cris isolés de quelques habitués qui chantaient le déjà légendaire « Woodstock dans bouette » né lors d'une édition précédente qui n'avait pas été arrosée que d'alcool.
Mais en '97, la pluie ne s'est jamais montrée.

Il a fait excessivement chaud durant les trois jours que durait (à l'époque) l'événement, l'ambulance passant de temps à autre le samedi après-midi pour ramasser quelques insolents, victimes d'insonoristaion insolation, alcool et drogues (il est bien connu que le Woodstock en Beauce est un marché de narcotiques à ciel ouvert) aidant.

Arrivé sur le pouce à St-Éphrem le vendredi, j'ai vidé quelques cannettes de bière cheap gracieusement offertes par un couple d'inconnus qui m'avaient ramassé au sortir de Beauceville. En patientant dans la longue file de voitures qui attendaient d'accéder au stationnement improvisé, l'immigrant beauceron que j'étais réalisa éventuellement qu'il lui faudrait un billet pour entrer sur le camping. N'ayant pas de billet, et surtout pas un sou en poche, j'ai coupé à travers le bois pour passer en douce.

Avec des connaissances retrouvées sur le site, et quelques nouvelles, nous avons passé le samedi à faire pourrir des denrées au soleil, à chercher abri dans des tentes déjà surchauffées, à dénombrer les anonymes qui tombaient au champ d'honneur pour les raisons sus-mentionnées, et à siroter tout ce qui nous tombait sous la main, en particulier une vieille piquette providentielle appellée « Entre-Côte ».
Je pense encore à ces trois jours de juin lorsque j'en croise une bouteille au dépanneur...
Nous avions rebaptisée « Entre-cuisses » cette vinasse chaude comme pisse au soleil.
C'était il y a 10 ans. Mes dix-huit ans sont loins, mais mon humour n'a guère évolué.

J'ai quitté le dimanche après-midi, comme j'étais arrivé : en auto-stop. Mais avec sous le bras une tente verte sommairement roulée, une tente abandonnée là-bas, que j'ai toujours aujourd'hui et dont je ne me sers pas, puisque je n'aime pas le camping lorsqu'il ne se pratique pas en Beauce, et parce que les insectes me font peur.

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