Ma colombe Mon pigeon est blessé
Fin abrupte de la saga du pigeon de l'avenue du Parc. Non mais on se distrait de nos petites vies plates, on essaie de s'intéresser à des choses, de voir de l'extraordinaire là où il n'y a que routine et désenchantement. C'est fini. Il va falloir se trouver autre chose.

Plein de questions demeurent en suspens :
Le pigeon était-il mort lorsque les employés du service d'entretien sont venus le chercher ?
S'il était toujours vivant sur son unique patte valide, l'ont-ils envoyé sautiller ailleurs, là où il n'était pas nécessairement à l'abri du vent et de la pluie ?
Les pigeons malades sont-ils comme les prostituées dans l'est de la ville ou les clochards aux Olympiques de Beijing : on fait juste les pousser ailleurs, hors de la vue des gens et des médias internationaux ?
L'animal a-t-il été dévoré par les deux Amérindiens saouls de l'avenue du Parc (ceux qui quêtent devant le Provigo) ?
Selon Noémi, le pigeon nous a été « volé ». N'est-ce pas habituellement les pigeons qui volent ?
Les employés des services d'entretien ont-ils achevé eux-mêmes l'oiseau à coups de pelle ?
Le pigeon s'est-il défendu bec et ongles, ou bec seulement, ou pas du tout ?
Pourquoi ont-ils tout nettoyé (bouts de pain, quartiers d'oranges, tranches de tomates, bol d'eau fraîche) sauf le caca ?
