Conte de Noël sans titre
Je n'avais pas le temps de lire la collection entière du Club des Baby-Sitters, alors j'ai voulu louer le DVD. Mais je n'avais pas le temps de visionner le DVD, alors j'ai lu le résumé sur le Wikipedia, et je pense que ça fait la job. Je sais maintenant tout ce qu'il était important de savoir.
Pour l'abominable temps des Fêtes, je garde un chien, tel une gardienne avertie. Le chien est brun avec des taches blanches à des endroits, et blanc avec des taches brunes à d'autres places sur son poil. Et nom de Dieu, ce chien m'ennuie ! Il semble incapable de demeurer seul plus de trente secondes et me suit partout, dans le peu de pièces qu'on a à la maison. Sinon il reste couché, il ronfle un peu, et une observation lucide me laisse penser qu'il y a plusieurs mots de base qu'il ne comprend pas.
Lorsqu'il est arrivé ici samedi soir, c'était écrit « INTERDIT AUX ANIMAUX » en grosses lettres dans l'entrée de l'immeuble. Pour cette raison, j'ai préféré ne pas le garder dans l'entrée de l'immeuble, mais à l'intérieur de l'appartement plutôt. Comme je ne savais pas trop quoi faire à ce moment là, parce que Mathilda Arizona m'a quitté pour Noël et que ça laisse un vide, j'errais sans but précis d'une pièce à l'autre. Forcément, le chien aussi s'est mis à errer sans but précis, d'une pièce à l'autre, selon l'ordre dans lequel je les visitais. On s'ennuyait ferme lui et moi, alors j'ai essayé de nous amuser avec ses jouets... Mais ses jouets m'ennuyaient. Je me suis assis sur le sofa pendant qu'il s'occupait à me regarder d'un air bête, la tête de côté, et j'ai pensé aux Playmobil et aux Lego. Ça, c'était des jouets qui m'amusaient beaucoup, dans le temps, mais je n'en ai plus à présent et je m'ennuie.
Dans le wikipedia du Club des Baby-Sitters, ils disaient que les enfants avaient parfois faim, et que dans ces cas là, c'était préférable de les nourrir pour éviter qu'ils ne meurent et que, surtout, leurs parents nous amènent en justice. Dans le cas présent, ce n'est pas un enfant, mais un chien, adulte malgré sa courte taille et ses courtes pattes, et puisque je suis très perspicace j'ai vite tracé un parallèle et décidé de le nourrir pour éviter des conséquences fâcheuses. Et puisque je n'aime pas que quelqu'un se sente exclus, même si le quelqu'un est un chien brun, je l'ai nourri comme je me serais nourri moi-même.
En voici la preuve :
Mathilda Arizona, la plus excellente colocataire au monde, qu'incidemment je vais quitter le mois prochain, parce que c'est comme ça que ça doit fonctionner, quand tu apprécies quelqu'un, le mieux c'est de ne pas trop insister, ne pas attendre que ça devienne inconfortable, et de s'en détacher précautionneusement, Mathilda Arizona disais-je donc s'est retranchée sur ses terres pour le temps des Fêtes. Je suis laissé seul à la maison (si on excepte cet ennuyant cabot brun) et, comme vous serez à même de le constater sur la photo ci-dessous, le ménage se laisse dépérir en même temps que moi :

Il refuse de se faire lui-même, contrairement aux ordures ménagères qui, elles, ont compris depuis longtemps que rien ne leur servait d'attendre, qu'elles n'avaient pas à espérer de nous quelque distraction ou divertissement, qu'il importait de se sortir elles-mêmes si elles voulaient sortir. Parfois quand je regarde les ordures sortir, je me dis que peut-être, même si elles s'en vont, elles nous aimaient beaucoup; et qui si elles ont quitté, c'est parce que ça leur faisait trop mal.
