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Les Savardises, épisode 18

07 juillet 2006

Résumé de l'épisode précédent:

Intoxiqué par un repas douteux, Alexandre Savard devient le patient récalcitrant d'une visiteuse, Monique Liquide, infirmière improvisée. Nous les retrouvons dans un salon du Centre-Sud, alors que la brave femme, essayant sans succès d'administrer à son malade un remède au gros gin, s'aperçoit que le chien de la maison a profité de la confusion pour boire l'alcool fort...

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-18-

Ainsi donc, Alexandre Savard, qui selon la rumeur n’aime pas beaucoup lever le coude et, selon les démonstrations publiques qu’il en fit jadis, tient bien mal l’alcool, se tire encore d’affaire. Même souffrant, même malade, même étendu de tout son très long et de son pas très large. Couché de deux tiers sur le vieux sofa, en position d’orgie romaine, devant l’air plus affolé que contrarié de Monique Liquide, Alexandre Savard rigole un peu, de toute la force de ses 35 kilos, or so. Il en oublie presque l’intoxiquation alimentaire dont il a été victime. Le verre d’eau de vide est vie, Savard n’a rien bu, le berger allemand a lappé plein de liquide, et Monique, elle, n’a rien vu. Savard doit son salut à sa déviance argumentatoire, qui le fait picosser sur tout et sur rien, même quand il a tort, et à la complicité de ce chien aussi curieux qu'assoiffé.
Il n’y avait donc pas grand chose à faire. Pressé par Monique Liquide de se prononcer sur l’événement et sur les suites à y apporter, Alexandre Savard envisage un instant d’administrer un lavement à l’animal. Mais c’est un manoeuvre qui n’est pas conseillée, d’abord parce qu’il faut user d’éléments précis et maintenir le chien en posture inconfortable, ensuite parce que ce n’est pas la saison des poires à lavement, mais plutôt celle des pêches à lavement, qui sont beaucoup moins efficaces. De plus, ces dernières ont tendance à couler plus facilement parce que plus juteuses. Il y a toujours quelques kiwis, dont la peau charnue rend l’exercice plus agréable. Quant aux pastèques, et même dans ce cas précis où il s’agit d’un très gros chien, nous préféront ne pas y songer.

« Le mieux », énonce Monique, « serait de le laisser là. Couché ainsi par terre, il ne risque rien ».
« Quelle quantité d’alcool faut-il pour saouler un chien? », demande Savard.

Monique ne répond pas, s’inquiète. Que se passera-t-il si le chien se lève, commence à la courtiser et tente de la ramener vers sa chambre? S'il fait des avances à sa soeur et s'engueule avec son frère? S’il entonne une chanson à trois heures du matin en revenant de pisser dans le parc? S’il urine dehors contre un mur, devant les cops, dans le képi d’un agent? S’il régurgite dans le réservoir d’eau potable?

- Je ne sais pas quelle quantité d'alcool un chien à besoin pour se saouler, mais si jamais il est saoul, couché par terre il ne s’en rendra pas compte !

Monique Liquide, satisfaite d’avoir écarté le souci éthylique et ainsi trouvé sa réponse au problème, à l'os canin, reprend le verre vidé, y verse une seconde rasade de Tanqueray. Elle est bien déterminée à donner à Savard le remède de grand-mère qui lui a été prescrit, avant que le chien, maintenant parti en boisson, ne liquide le reste de la réserve.

à suivre...

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Liens vers les épisodes déjà en ligne

Les Savardises: épisodes un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze, quinze, seize et dix-sept.

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Si le monde était l'endroit parfait qu'il devrait être, les Savardises seraient publiées chaque semaine. Mais le monde est un petit peu imparfait sur les bords. La preuve: l'auteur a perdu son emploi la semaine dernière. C'est donc vous dire qu'il a présentement bien d'autres choses en tête. Si vous avez un boulot pour lui, il est possible d'entreprendre d'agrèables discussions à ce sujet en lui envoyant un courriel. Il peut louer ses services comme ami de passage, comme promeneur de chiens, comme escorte dans les cocktails. Il est aussi un complaisant joueur d'échecs qui perd tout le temps. Il n'attend que le travail qui révolutionnera sa vie, la vôtre, et lui donnera l'occasion d'utiliser toutes ces capacités qui ne paient jamais, de devenir enfin un organisme à but très lucratif qui fonctionne. Si vous n'avez pas d'emploi pour lui, vous pouvez toujours relayer sa carte d'affaires à un(e) ami(e), ou encore vous procurez un magnifique t-shirt de la collection rappaz.net, ce qui permettra à l'auteur d'empocher deux dollars de profit, c'est-à-dire le prix d'un pain tranché au Métro Sous le Pont, qui est situé, comme son nom l'indique, sous le pont.

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