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Les Savardises, épisode 16

06 juin 2006

Résumé de l'épisode précédent:

Entraîné par d'irrépressibles pulsions carnivores, Alexandre Savard a été intoxiqué par un repas douteux et se tord de douleur dans son appartement du Centre-Sud. Monique Liquide, s'improvisant infirmière, décide de le soigner en lui imposant une cure au gin, après avoir découvert sous un buffet une bouteille de boisson qui doit, selon des avis plus ou moins éclairés, soulager le souffrant de son mal. Savard, tombé en état d'inconscience, se réveille en éructant.

*****
-16-

« Mais qu'est-ce que tu fous?» s'exclame Savard, ayant roté tout son soûl, et revenant rapidement aux humeurs vindicatives qui sont usuellement les siennes. Son teint est vert et son haleine sent le sang.

Monique Liquide, a un mouvement de recul, elle protège son visage pendant que l'haleine de Savard menstrue devant son visage. Elle justifie le brassement vigoureux qui a réveillé le malade: « Ben... je croyais que t'étais mort»

Alex tourne la tête et enfonce son visage dans le sofa, ce qui est une heureuse nouvelle pour l'atmosphère de la pièce. L'odeur se dissipe et Savard, dans le coussin, bougonne: « J'irais pas jusque à dire ça. Ce serait un peu exagéré.»

« T’as mangé quoi au juste?» demande Monique.
« De la viande»
« De la viande comment?»
« Du steak haché»
« Eh voilà!» s'exclame-t-elle.
« Eh voilà quoi?»
« Tu l’as bien fait cuire au moins?»
« Oui»
« Certain?»
« Probablement»
« Probablement... il est où le steak?»
« Dans mon ventre, je l’ai mangé»
« Au complet?»
« Ben ouais, évidemment. On fait pas cuire de la viande pour la jeter!»
« À voir l’état dans lequel tu te trouves, tu aurais peut-être eu intérêt»

Monique Liquide s’est levée et reprend l’inspection des cuisines savardéennes, cette fois non pas pour trouver le Tanqueray (la bouteille repose, ouverte, la face ouverte vers le monde, sur l’îlot qui sépare la cuisine du salon, et le verre, deux doigts de gin dedans, est sur la table basse, à quelques centimètres d’Alex) mais en quête de pièces à conviction. De miettes à conviction. Résidus de viande hachée mal cuite, bout de rouge froid, mou, plein d’e-coli et de coliformes. Elle regarde, tasse les plats, va jusqu’à entrouverir un sac à ordures vert puant pour jeter son oeil bleu dans le contenu noir.

Savard, tout en s’évachant de nouveau dans le sofa, souffle : « Tu cherches quoi encore?»
« Des preuves!»
« Laisse faire, mais on s’en fout. Tu veux faire quoi? Appeler un détective, un enquêteur, un médecin légiste? ...Au fait, t’étais pas supposée me soigner?»

Ramenée à ses devoirs d’infirmière improvisée, voilà Monique qui s’élance au-dessus de l’îlot, glisse sur la pantry, et retombe dans le salon dans un fracas qui ameute le chien. Imposant et alarmé, ce dernier entre en course et scrute la visiteuse.

à suivre...

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Liens vers les épisodes déjà en ligne

Les Savardises: épisodes un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze et quinze.

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Les Savardises devraient normalement être publiées chaque semaine, d'autant plus que l'auteur possède des tiroirs pleins d'épisodes déjà écrits, mais comme il est aussi assez pogne-cul, il ne peut pas vous promettre de publier ces épisodes avec régularité (sans médicaments). Vos commentaires sur les coquettes aventures d'Alexandre Savard sont toujours appréciés. C'est même pour ça que le site existe. Vous pourriez peut-être un jour rencontrer le véritable Savard (si Savard existe...)

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