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Les Savardises, épisode 10

06 mars 2006

Vos idées et suggestions sont toujours les bienvenues, elles prendront forme dans les prochains épisodes des Savardises. Voici aujourd'hui le 10ème épisode des aventures d'Alexandre Savard:

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Savard fouine dans le réfrigérateur, section tiroir du bas. En quête d’un légume quelconque, mais on est pauvre en sa demeure, il n’y a guère de variétés dans le tiroir du bas. Un oeuf expatrié découle son blanc liquide tranquillement sur le plastique, mais pas l’ombre d’une carotte, d’une échalotte ou d’un oignon.
Alex renonce et retourne vers le comptoir, chasse le chien d’un geste lent, et prend dans sa main une motte de steak hâché, qu’il envoie valser dans la casserole.

Le rond rougeoie un peu et un crépitement familier se fait entendre, à mesure que les bourrelets de viande se grisent et jutent un peu dans la poêle. Une épaisse fumée vient chatouiller le système de ventilation et le chien titillé toujours par le fumet tourne sans crier gare autour des jambes de Savard, ce dernier surveillant spatule à la main le grésillement des aliments.

Alexandre Savard regarde l’heure, s’aperçoit que le temps file. En son for intérieur il maugrée, et maudit la cuisson lente. Il soulève la casserole, juge qu’il y a là bien suffisamment de temps de cuisson, gratte avec sa spatule et lance la viande hachée dans une assiette à la propreté approximative. Il regarde le résultat et roule des yeux au ciel en songeant, un coup de plus juste pour la forme, qu'il n'y a plus dans la maison un seul grain de riz à se mettre sous l'Adam.

Retour vers le frigo, en quête de condiments. Le frigo surgèle et le ketchup rouge a un peu figé. Il passe la bouteille en-dessous de l’eau chaude, ça réchauffera un peu le contenu, et amenuisera le choc de la viande chauffée avec le condiment trop froid. C'est un détail, mais Savard, souvent, a des pensées saugrenues. Son entourage les laisse passer. Parfois, il a l’impression qu’on ne l’écoute pas, qu’on ne tient pas compte de ses idées. Il remâche ces pensées en mastiquant une viande mal cuite. Le chien a abandonné la partie, on pense qu’il a un peu pitié, qu’il trouve alexandresavard mal nourri; alors il abandonne et le laisse manger un peu, renonce à ses tentatives de voler sa pitance. La porte cogne. Le chien se lance à la poursuite de la porte close en aboyant avec ferveur. Savard soupire, dépose son assiette sur la table à café, déplie ses longues jambes et marche du talon, en piochant beaucoup sur le parquet sablé, enjambe l’imposant animal qui barre le corridor en jappant, et approche sa main de la poignée argent.

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Liens vers les épisodes déjà en ligne

Les Savardises: épisodes un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit et neuf.

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