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Rappaz without a cause

07 novembre 2005

Je ne peux tout simplement plus boire autant, à moins que ce ne soit pour boire dans les cinémas pendant Rebel Without a Cause. Ça me fait perdre du temps, je m'éparpille. Mais je suis partagé entre ma volonté de quitter la vie sociale (ce que j'ai décidé la semaine avant de partir pour New York) et celle de continuer de dédier ma vie au rock and roll avant d'attraper la trentaine, cette maladie incurable.
J'ai recommencé à sortir en juin, après quelques années de vie en parallèle des grands circuits mondains. À Toronto d'abord, puis aux États-Unis ensuite. Chicago, en particulier, fut une longue brosse tranquille: conducteurs saouls, motocyclistes sans casques, virées sans fin, « Fred comment on dit go fuck yourself in french ? », bars hyper ventilés dans les neighborhoods de la windy city, films porno des années 1970, et rock and roll de toutes époques.

Depuis, ça n'a fait que s'améliorer. Toutes les occasions sont bonnes pour boire, on a même bon espoir d'en inventer de nouvelles. Au diable les face à face, les têtes à têtes dans les tavernes, exit les picolages courtois dans les parcs; de toute manière la Cité fait maintenant trop froid pour ça. Rebienvenue aux bars enfumés (pour le temps qu'ils vont le demeurer, enfumés), puis multipliez par 5 à 7, ajoutez 5 à 8, exponentiellez 9 à 3, plus je me fractionne en virées d'après-show et en house parties.

Le dilemme est ici: j'ai de glorieux projets avant la trentaine, cette maladie incurable, des achèvements à accomplir avant la mort. D'autre part, le grand courraillage éternel préocupe, accapare, et inspire la voie joyeuse des Lettres à Memphis. Les filles et la boisson. Mais surtout les filles. Je pense que je vais « dater » tout l'hiver dans des endroits sûrs, et aussi sur internet. Cesser de voir des alcooliques peut-être ? Ça m'évitera de sortir, si ce n'est que pour aller me réfugier dans des draps chauds dans les neighborhoods de la ville. Et il reste toujours les booty calls.

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