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In Old New York

03 novembre 2005

J'ai revêti mon plus joli pin-striped suit pour revisiter New York. Quoique ce ne fut pas une visite, un grand vagabondage dans les termes auxquels je vous ai habitué. Ça n'avait rien d'un roadtrip à la Rappaz, autobus Greyhound, wifebeaters, solitude et sacs trop lourds.
Nous sommes partis en voiture.

The Bonnie and Clyde pastiche

Moi côté passager, toujours sans permis de conduire: ça me donne le luxe d'appuyer sur le klaxon sans le consentement écrit de la conductrice, choisir la musique, ouvrir et fermer les fenêtres de manière indisciplinée quite à fourrer la crève aux autres passagers, manger des cochonneries achetées dans une station-service, lancer des trucs par la fenêtres et polluer la lande, m'ébouillanter les couilles avec du café chaud renversé.

La voiture le long de la I-87, puis débarquement dans un appartement de Brooklyn, avec du tapis rouge-vin dans les escaliers, de grands miroirs dans le hall et des portraits de matadors accrochés aux murs.
C'était plutôt embourgeoisé comme séjour dans New York. Enfin... embourgeoisés comme vous et moi savons le faire, n'est-ce pas.

Les journées, entre elles ressemblantes, se déroulaient ainsi, selon un horaire monastique: réveil en début d'après-midi, puis séances intensives de nerdisme, alors que ma compagne de voyage et moi, chacun sur nos sofas de fortune, révisions sur nos portables les photos prises la veille, lecturions les emails de gens que nous verrions de toute façon dans à peine trois ou quatre jours. Et notre hôte, de sa chambre, agissait probablement de même.

Puis, lorsque la faim se faisait sentir, je me levais, ou encore mon alcolyte, pour marcher jusqu'à la table ensoleillée de Pete. Nous options pour la bouteille de bourbon de la boutique hors taxe. Ça coupe un peu la faim, et ça aide à patienter jusqu'à ce que l'un, ou l'une, ou l'autre, soit prête à sortir.

Brooklyn's Bourbon

Il convenait ensuite d'emplir un flasque de Jim Beam, comme nos pères savaient si bien le faire, en prévision des parfois longs mais toujours agréables voyages en subway.

Le train, ligne Q, de Brooklyn à Manhattan. Généralement jusqu'à Canal Street, question d'aller bouffer dim sum.
Ensuite longue tournée de bars, de trous -de sleazy dives comme on dit en portuguais- avec entre chaque étape des promenades agrémentées de gens de toutes les formes et de toutes les couleurs, et des taxis partagés à trois, à quatre: pas cher.
Un party ici et là, Halloween oblige, New York City oblige, désespoir existentiel post-moderne et absence d'idées plus glorieuses obligent.
Puis la bouffe d'avant le dodo, chez Veselka ou chez Odessa, ou chez d'autres qui finissent en «a».
Un long tax' jusqu'à Brooklyn. Dix dollars séparés en trois parties plus ou moins égales, selon les billets dans les poches de chacun.

Vers les cinq heures, ou les six, nous voici de retour tous les trois sur nos lits, sofas ou planchers respectifs.
Enfin, le lendemain, au réveil tardif, les portables se réouvraient et l'on attendait que la faim d'abord, et l'appel du flasque ensuite, se fassent re-sentir.

Coïncidence ou alignement désastres: la distillerie Jim Beam est sise à Clermont, dans le Kentucky. Et nous slippions sur la rue Clermont, à Brooklyn.

Albums photos (encore incomplets) ici et ici.

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