Hitler bad, Rappaz good
Sérieusement (et pour clore un sujet qui m'embarasse un peu), merci à ceux et celles qui ont voté pour moi pour le «Best of Montréal» de cette année. Merci aussi pour les emails que j'ai reçu dans la journée. Bien que comptant un important lectorat francophone, le Mirror est un journal de langue anglaise, ce qui n'est pas sans ajouter à ma surprise.
Je ne veux pas trop attarder d'importance à tout ceci, fuck c'est juste un blogue... mais je suis content. Tout ça est probablement stupide, mais Letters to Memphis est ma création à moi, même si je fais semblant de la tenir cachée. De voir, jeudi après-midi, Ontario et St-Timothée, lisant le Mirror en marchant, ou marchant en lisant, peu importe, dans un cas comme dans l'autre c'est dangereux, c'est imprudent; de voir, disais-je, ces trois mots imprimés (même en tout petit) dans un journal m'a fait vraiment bizarre. Mon nom aurait été écrit que je ne me serais pas senti plus étrange.
Encore plus étrange, plus paradoxal, plus absurde et plus plaisant, c'est de voir apparaître dans le journal une création qui se bâtit, presque quotidiennement depuis 2002, dans un anonymat relatif, un simulacre d'anonymat. Je parle de Letters to Memphis à combien de personnes dans mon entourage ? Une ? Deux...
J'aime bien googler mes amis, mes ex-amis, mes connaissances, mes collègues. Tout le monde google tout le monde. Ils le font probablement aussi avec moi. Certains d'entre eux lisent peut-être Letters to Memphis, ne me le disent pas; et moi je fais semblant de ne pas savoir qu'il est possible qu'ils savent, et ça m'arrange. Ma création existe dans le journal et moi je n'existe pas. Tout le monde est heureux.
Moi le premier. Ou le cinquième. Merci encore.
