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Le bonheur est Saint-Jean-sur-Richelieu
(extrait 1)

23 mars 2005

J’avais hâte de charlotte et j’avais hâte à l’alcool, pour dépetipodebeurriser mon cerveau brûlant. J’espèrais qu’elle s’amène seule, one woman army armée seulement de sa bière en sac. Alcoolos réduits en poudre à canon. Faire exploser ma tronche; dévisser sa face. Mais elle ne rentrera pas.

Je suis seul avec deux heures du matin. Seul avec mes livres, seul avec Théo Jasmin. Seul avec une plume, my lovely feather; seul avec mes point-virgules, mon papier à trois trous, mes boutons à quatre trous, mon papier à lettre (à Memphis).

J'aimerais bien dévisser sa face, pour avoir osé me laisser seul, à verser des larmes d’eau de Javel. Pour m’imposer parfois des gens que j’aime bien mais que je préférerais ne pas voir, puisque c’est elle que j’aimerais voir seule. Elle me laissera seul, avec des infidélités que je ne désire plus. Fidéliser. Je verse des larmes de méthane. De Demetan. D’éther. D’Esther.

Esthétique. Je compose sur commande des radotages robotisés, de savoureux radotages, qui ne mènent à rien et surrondent sans but. Mais je sais que de ce fouillis patraque patate nait les fleurs de lotus de l’esprit créateur de joyaux, les perles qui enrichirons les peuplades sensibles du demain.
Nous entre-croisions les calorifères chaleureux, encore quelques fois avant le passage vers une autre saison, des ustensiles maladroits grillant sur les ronds de notre poêle.
Je réminiscais la saison précédente en clopinant vers d’autres parcs, vers la rue Saint-Christophe, dans les recoins gardés secrets du quartier mal gardé; et mon esprit lentement quittait la pièce, malgré que je lui en veuille lorsqu’elle rompt ses promesses et essaie de m’acheter avec de la beer en cannette.

Tout cela n’est pas net. Moi qui suis clair comme de l’eau de saule pleureur, qui ne pleurniche point, mais laisse savoir aux gens qu’ils me déçoivent lorsqu'ils ne consentent qu’à contenter d’autres êtres humains; qu'ils supposent que je suputte, que je me dégerce, me dégerce les lèvres, les arcades en feu, je leur laisse connaître ma désolation de les savoir trop heureux pour s’occuper de moi.

Le bonheur est Saint-Jean-sur-Richelieu...

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