rappaz.net : depuis 2002
à propos de... | contact | archives | photos | vidéos | entendu à montréal | le bêtisier | gargouillis | rappaz.net, les livres

Le savon

16 mars 2005

Elle regrettait chaque jour son absence, et lui regrettait aussi la sienne. Comme s'il y avait quelque chose, insaisissable, indéfinissable, au-dessus de nous tous, au-dessus du temps, de la distance, des changements, des mouvements. De l'absence. Quelque chose qui refuse de s'éteindre. Qui se borne, semble même se nourrir de pleurs, de solitude et d'angoisse.
Souvent, elle se posait la question à savoir s'il ne s'agissait pas d'un mirage. Une nostalgie mal placée qui lui lançait de la poudre dans les yeux, faisait en sorte qu'elle ne pouvait penser à cet autre sans en avoir mal au ventre.
De son côté, c'était le fait d'être seul, se disait-il, d'être seul chaque samedi et chaque dimanche (et il se levait tôt, toujours très tôt, car il lui était impossible de fermer l'oeil longtemps) qui faisait en sorte qu'il se mourrait maintenant de la revoir et de la serrer dans ses bras.

Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?
Frederic Rappaz © 2002-2008
Tous droits réservés. Photos : © Frederic Rappaz (sauf avis contraire)