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De retour dans 103 millions

08 mars 2005

Georges Brassens (1921-1981) endisqua pour la première fois en 1953, alors qu'il était au début de la trentaine. Pourtant, il composait depuis plus d'une décénnie, inerprétant ses premiers essais en s'accompagnant à la guitare pour distraire ses collègues du service du travail obligatoire, durant la guerre. Il avait, au moment d'enregristrer La mauvaise réputation, terminé les chansons de ce disque depuis longtemps.

Brassens pouvait travailler des années sur une même chanson. Il entreprenait de la composer au piano, couchait sur papier les paroles, puis rangeait, souvent, la chanson embryonnaire dans quelque tiroir, pour ne l'en sortir que longtemps après et finalement la peaufiner, la conclure, en transposer les accords du piano à la guitare.
Tout au long de sa carrière, Brassens ne fut jamais dérangé par les maisons de disques. Lorsque celles-ci lui réclamaient de nouvelles pièces, il en sortait quelques unes d'un autre tiroir, celui des chansons terminées. Pendant ce temps, il était déjà loin devant dans son travail, occupé à travailler lentement ses nouveaux textes et à poser la touche finale à certains autres, écrits depuis longtemps.

J'ai lu il y a environ six ans quelques biographies de Georges Brassens, dont la plus intéressante, selon moi, fut celle de Louis-Jean Calvet. Insidieusement, les méthodes de travail de Brassens ont frappé mon imagination, mon admiration, et se sont logés dans mon esprit.

Ces jours-ci, pendant que d'autres sont occupés à grèvasser, moi je ne grêvasse pas. Je dépouille les dessus de mes fonds de tiroirs des dernières semaines, et je m'apprête à régurgiter, dans la même douteuse bouillie de mots qui a fait la trompette de la renommée de ce sittoueb, quelques textes et extraits de textes, quelques mots, lignes, dialogues brefs ou longs paragraphes.
La quantité avant la cohésion, donc. Je n'ai guère le temps de m'occuper de cohésion. La vie se vit vite et moi j'ai beaucoup à écrire.

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