Londres n'appelle pas
Derrière le nouveau sofa du salon, une causeuse très âgeuse dont la couleur (verte? brune? noire?) me parait incertaine, elle a empilé plusieurs boîtes temporairement. J'ai bu de la Grolsch en grolsch cannette, assis à la droite d'un collègue, tout en calembourgeant l'arrivée du printemps, que j'inspire à travers les vitres closes, le printemps, pas le collègue.
Aux pieds de ce dernier -le collègue, pas le printemps- assise sur deux coussins rouges moelleux, elle buvait et fumait aux nez des deux anti-fumeurs frenchkisseurs de cendriers. Tous nous nous regardions langoureusement le vaisselier blanc crème, sur lequel j'avions posé le téléphone à cadran, celui qui se répond mais ne sonne pas, au fil entortillé; le service à thé chinois; et le bambou en tige planté dans sa garnotte.
Et les grosses cannettes vides de s'aligner sur le rebord de la fenêtre.
Une lampe petite diffusait une lumière rouge, créait une ombre dentelée sur le plafond. Elle a posé dos au mur son affiche géante du bassiste des Clash déconcrissant son instrument et c'est dans la shadow des clash que la soirée s'est déroulée, désentortillée sans appel. Au matin, toute la rue a pu observer, à cette fenêtre du troisième étage, une collection toute neuve de bières vides. Et Paul Simonon n'en finissait plus d'exploser sa basse, en continuant de tourner le dos à la rue passante.
Je me couchai ce soir là vers les vingt deux heures trente. Au matin, le réveil dans la chambre voisine m'a tiré du sommeil, mais je m'en fichais. C'était le collègue qui partait travailler pour conserver son titre. Je me suis levé aux sept heures piles, au son des si d'ici, et j'ai calembourgeoisé ailleurs pour voir si j'y étais.

