L'escabeau (un roman...)
Cinquième partie.
Yvette, comme à l'habitude, venait faire une rapide incursion dans la vie de ceux qui avaient mieux à faire, et divaguait sur tout et rien pendant des minutes qui étaient aussi longues que des heures aux sifflantes oreilles du principal occupant des lieux.
La joviale quinquagénaire amorça sa perte salivaire en abordant le cas du sergent Simon-Pierre, considéré comme un quelconque modèle de virilité, homme fort prude, et ancien militaire exaspéré par les esprits soi-disant curieux qu'il prétendait voir lorsqu'il prenait une douche ou s'adonnait à ses naturels besoins.
Selon Yvette, il fallait néanmoins ne pas se méprendre: Simon-Pierre était un homme de bien, qui n'avait pas son pareil pour la confection de papier-sablé, un accessoire dont il souhaitait faire le commerce depuis nombre d'années sans qu'aucune de ses tentatives n'eut dépassé l'étape initiale. L'embouteillage de son esprit n'avait d'égal que l'espace comblé dans ses artères par le cholestérol.
Et la chaleureuse énergumène anéantissait l'oxygène vital de l'appartement par un flot incessant de syllabes et de postillons...
À suivre...
(Liens vers les parties un, deux, trois et quatre).
