De l'égo et des nombrils humains
Ecce homo. Ecce ego. Son égo l'occupe; il a mal. Le défilé des créatures terrestres ne saurait détourner l'homme de son nombril qui saigne. Et le sang des nombrils humains coule sur les boulevards.
Et sur les boulevards défilent les créatures terrestres, accompagnées.
Avais-je été devancé ? Devancé par quelque rival, qui auprès d'elle m'aurait précédé ?
Cela change tout: l'égo enflé à présent s'apaise.
Tout ceci n'aurait été, au final, qu'affaire de momentum, de timing. De basses considérations chronologiques; l'arrivée d'une personne auprès d'une autre, l'irruption plus rapide du prétendant X aux dépens des prétendants Y ou Z.
C'est comme la cour des pigeons du square Berri. Premier arrivé, premier servi, même principe.
Affaire de concomitance défavorable, donc. Point de joute entre rivaux. Et nous savons tous que si j'avais été là plus tôt que lui, là plus tôt plutôt qu'ailleurs plus tard, j'aurais haut la main remporté cette partie. Lorsqu'il est question de se mesurer, les autres ne sont pas de taille. There goes my ego.
Et puis je suis tellement drôle, follement amusant, tellement distrayant. Que du bonheur, que du divertissement. Au bout de deux semaines, je te l'excite, le germe du psychotisme, et c'est dans la poche.
