Vacances ?
Les deux dernières semaines de juillet sont réputées pour être, au Québec, deux semaines de vacances complètes (d'où cette célèbre blague qui fit le bonheur des cabarettiers et stand-up comics alcooliques du vingtième siècle), mais pourtant, je vis ce mois-ci une période enflammée. Prenons comme exemple la dernière semaine, fertile en événements et en émotions de toutes sortes:
Mardi, j'assistai à une représentation du génial Evil Dead: the Musical, une des choses les plus drôles qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie.
J'ai travaillé près de 45 heures cette semaine, ce qui ne m'était pas arrivé depuis des mois, et mercredi, un collègue inopportun qui m'insupportait depuis des mois a finalement été congédié; le même jour, une nouvelle collègue, visuellement plus agréable, a été embauchée pour remplacer le vieux maniaque chauve dont j'espérais, sans trop y croire, le départ défintif.
Jeudi, je rencontrai à la brunante l'ineffable Ron Jeremy, rencontre qui m'a permit d'obtenir une photo en compagnie du chaleureux personnage.
Vendredi, je promenai la souris de l'ordinateur d'une main leste et d'un poignet souple afin de réaliser, avec Paint, un touchant tommage à feu Sacha Distel, qui à présent doit se retourner dans sa tombe.
Au cours de la semaine, j'ai rédigé deux nouvelles Chroniques d'été, qui feront suite à l'épisode du 3 juillet, et que vous lirez ici dans les prochains jours; ébauché un éloge à un vieillard américain atteint de Parkinson que vous lirez peut-être un jour; écrit (en collaboration avec ma pseudo-voisine) les scènes I, VII, XVIII et XXIII de la fausse-suite d'une fausse pièce révolutionnaire composée sur un balcon il y a six ans, et que vous ne lirez probablement jamais (ma pseudo-voisine possède un droit de veto).
J'ai reçu, dans les derniers jours, un email de mon camarade mexicain rencontré dans un autobus au Texas; une subvention inespérée pour mon sittoueb; une chiée de bêtises provenant d'un illustre inconnu; deux orchidées provenant d'une pharmacienne que je n'ai jamais rappelé et que j'ose encore moins rappeler aujourd'hui.
Finalement, à travers tout ça, j'ai trouvé tout le temps nécéssaire pour me baigner dans l'humidité, me promener coiffé d'un sombrero, ajouter quelques pièces de collection au bêtisier que j'élabore patiemment, fredonner L'incendie à Rio, participer à une compétition amicale de calembours mauvais, réaliser mon rêve de graver mes initiales dans le ciment frais, essayer de nouvelles croustilles frites et sauce à l'emballage si ragoûtant, bref de vivre de poutine et d'eau fraîche sous le soleil exactement, pas à côté, pas n'importe où: sous le soleil exactement.
Juste en dessous.
