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Vive le feu

23 mai 2004

Je me suis reclus dans le silence du salon, par une fin de journée radieuse. Je laisse seul le bruit des voitures, seul le rugissement d'un avion, secouer la quiétude des passants. Je leur laisse le bruit, je garde le murmure. Je me vautre.
À-plat-ventrisme sur le tapis violet du salon, sous le regard affectueux et incliné vers la droite de Fern-le-phallus.

Pas de coloc' en vue. Financièrement, je suis dans la pseudo-crotte.
Crotte, oui, mais pseudo.
Pseudo parce que, quand même, je travaille et j'ai un revenu stable, quoique timide. Aussi parce qu'un tattouage, ce n'est pas une dépense d'extrême nécéssité. Ça peut attendre, quoique l'attente me purge et que la blancheur poilue de mon bras gauche m'emmerde.

Couché tard, levé tôt. Blancheur époilée de nuit blanche, prolongée solitaire et ronflant jusqu'à trois heures de l'après-midi.
Personne en vue. Sauf Fern. Maintenant, je tète le thé vert. Je flotte, àplatventré sur le tapis violet du salon. J'ai mal pour Fern. J'ai repoussé au loin les pleins verres et les verres vides, les mégots des cigarettes éteintes. Mes chaussures sont en feu, je suis en feu, je suis une chaussure. J'ai la conscience tranquille, la conscience de me consumer, d'allumer le fil de mes jours et de les laisser brûler langoureusement, longuement en savourant chaque bouffée de vie parfaite, de vie facile.

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