Promenades semi-fructueuses
En vagabondant ici et là samedi après-midi, les poches vides, je suis passé à la banque. Je me suis trouvé un pseudo-rancart, un semi-rancart, pour la semaine qui vient. J'ignore comment je devrais considérer ça exactement, mais pour quelqu'un qui se plaint à longueur de journée de manquer de compagnie, c'est déjà mieux que pas de rancart du tout.
Ensuite j'ai silloné Hochelaga-Maisonneuve d'ouest en est jusqu'à Pie-IX, ce qui m'a laissé tout le loisir d'analyser la question et la signifiance de cette poussée printanière de sociabilité. J'en ai tiré de sombres constats en épiant quelque paroles d'ivrognes sur la rue de Rouen, puis en sniffant les effluves de naphtaline dans les allées du Village des Voleurs.
Je suis rentré chez moi en métro. Arrivé dans mon salon, j'ai déprimé tranquillement et j'y serais encore si je n'avais eu la présence d'esprit d'acheter à l'avance mon billet pour le show de Sloan.
Je serais encore cloîtré chez moi, ou en train de prendre une longue marche pour décompresser, l'âme nauséeuse, sans raison précise et c'est bien ce qui fait la stupidité de toute cette chose.
