La petite semaine
Incroyable. J'ai commencé. J'ai réellement commencé. J'improvise des méthodes. Je carbure à la tisane. Je ne me nourris pas. Et ça fait bien quatre ou cinq fois que tourne le premier album de Led Zeppelin.
Je commence presque - je dis bien presque- à en avoir assez d'entendre Robert Plant éterniser son «You shook me aaaaaaall niiiiiiiight loooooooooong ».
Malgré la fatigue et un cerveau qui me laissait depuis le sortir du lit une impression d'engourdissement cérébral, j'étais follement productif. Mariage heureux, salutaire, longtemps espéré, entre mon processus créatif ébulitionnaire et l'acte concret de tracer des mots sur du papier, d'enfoncer les touches d'un clavier, de voir apparaître des phrases sur un écran.
Plus tard encore, la pizza aux épinards maintenant au four, Robert Plant criait toujours, lançait les cris du fauve dont il avait la chevelure, Jimmy Page libérait les dernières notes de la chanson, John Bonham piochait encore quelques secondes de plus, et John Paul Jones... ben John Paul Jones, on s'en fout.
Moi je m'auto-congratule, je m'auto-satisfait. Je me pioche sur l'épaule et me shake la main.
