Le monastère
Il me prend parfois, et souvent ces temps-ci, l'idée de me raser la tête et d'entrer dans quelque monastère.
À moins que rester assis tout le weekend, par terre dans son salon, au milieu d'un grand tapis, à boire du thé et à faire jouer disque après disque, puisse être l'équivalent personnel, la version urbaine et moderne, d'un séjour dans un monastère tibétain.
Dans ma tête, tout tourne au ralenti, toutes les voix parlent lentement, à voix basse. Elles fredonnent presque, comme si on avait encodé numériquement un album de Belle and Sebastian dans mes neurones. Néanmoins, je suis remarquablement lucide.
Lorsque je me risque à l'extérieur, je porte un capuchon, je me cache derrière mes lunettes. Je n'ai pas l'air réveillé, mais je ne révèle nulle intention de l'être davantage. Un inconnu m'attaque, cherche à provoquer une dispute, voire un bataille. Je l'ignore, lui tourne le dos.
Le lundi, je retourne travailler. Inlassablement, dans mon esprit, je me repasse Like Dylan In The Movies en écoutant les deux seules phrases que je connais par coeur.
