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Échange de fluides et désespoir existentiel

12 avril 2004

Peut-être qu'en multipliant les aventures sexuelles, ou en axant sa vie sur la satisfaction et, plus exactement le soulagement de son intense (et selon moi excessif) besoin de sexe, mon camarade XXXX répond en fait à une autre nécéssité. Celle de s'accrocher, le temps d'une baise furieuse, à un autre être humain. Laisser déborder ses sentiments, ses émotions, sans que ceux-ci soient dirigés nécéssairement vers un autre individu.

La nécéssité d'oublier, le temps d'un échange de fluides, la course vers la mort à laquelle nous participons tous, auquel personne n'échappera jamais.

Ça me donne envie de trembler le soir, lorsque j'essaie de trouver le sommeil et que j'écoute mon propre coeur battre dans ma poitrine, ça me donne envie de pleurer calmement, en silence, en attendant que l'angoisse succombe en me laissant la vague illusion qu'elle ne reviendra pas. Ça me donne envie de courir vers le nord, pour m'accrocher à quelqu'un pour un moment, environ cinq ou six décénnies. Davantage si possible. Jusqu'à la toute fin.
Je n'y échapperai pas. Et elle non plus.

Je n'ai pas envie d'amour ou de sentiments suprêmes. J'ai envie parfois de simplement m'accrocher à une autre créature terrestre. De m'accrocher à quelqu'un et d'être une créature terrorisée.

Car je suis une créature terrorisée, consciente de l'échec inévitable de sa vie, qui se terminera, comme toutes les autres avant ou après, pour les siècles des siècles amen, dans la mort, la noirceur et la solitude.

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