Trash Montréal
La ville de Montréal veut nettoyer une portion pour le moins particulière de la rue Sainte-Catherine, entre Saint-Urbain et Saint-Hubert, et pour ce faire, on prendra les moyens financiers nécéssaires.
Je n'ai, à la base, rien contre l'intention de rendre plus agréable un secteur du centre-ville déprimant et sale, mais il est difficile d'imaginer qu'il soit possible de dénaturer ces quelques mètres, qui se sont trouvés, avec les années, une personnalité propre.
La rue Sainte-Catherine, entre Saint-Urbain et Saint-Denis, n'est rien sans les Foufounes Électriques, et la plus récente salle de l'X, de l'autre côté de la rue, au-dessous du Sound Central et tout près de ce terrain de vague, envahi par les punks, qu'on veut faire disparaître.
C'est aussi, et même surtout, les bars de danseuses et les peep shows, si nécéssaires à ces Américains de 18 à 20 ans qui n'ont pas l'âge légal pour boire et sortir dans leur pays, mais qui sont considérés comme majeurs chez nous.
Comment ne pas se prendre d'affection pour le restaurant La Belle Province le plus animé en ville, coin Saint-Laurent, où le trois fois centenaire John (que j'ai affectueusement rebaptisé Fern) est fidèle au poste, increvable, chaque nuit, toujours si prompt à nous hurler « Une poutine !!!! » et à se ruer sur nous lorsqu'on entre dans son restaurant, une bière à la main.
Enfin, que serait donc ce centre-ville sans prostituées, coin Hôtel-de-Ville, coin Sanguinet, coin Sainte-Élizabeth, sans les putes qui squattent le Dunkin' Donuts les nuits d'hiver, lorsqu'il fait froid ?
Que serait donc cette ville, si ses individus les plus trash ne peuvent plus aller et venir, et souiller impunément tout un quadrilatère entre l'Université du Québec et la Place-des-Arts ?
