My Own Private Graceland

Un jour de printemps, en 1999, je fracassai malencontreusement la fenêtre de mon balcon de la rue Belvédère, à Québec, en tentant de chasser un taon à l'aide d'un balai.
L'incident fut caché à mon propriétaire grâce à l'intervention secourable d'Elvis Prelsey, dont l'intimidant poster en noir et blanc vint camoufler les quelques éclats de verre qui demeuraient encore suspendus au contour de la fenêtre fracassée.
Je quittai Belvédère en juin de la même année, laissant à ce taré de Momo un mois de loyer impayé, et une fenêtre en moins.
Depuis l'incident de la fenêtre, du balai et du taon, Elvis effectue un retour triomphant à chacun des appartements où j'habite.
Depuis mardi soir dernier, il peut être observé quelque part à Montréal, dans ma cuisine, où sa grosse tête monochrome contemple le désastre que je fis de cette pièce depuis que j'ai été laissé à moi-même, seul, dans mon nouveau quatre pièces dans Centre-Sud.
