Les dernières heures de Mexico : un récit à la chronologie discutable (2)
...Un peu plus tôt, chez Tower Records, rue Niza, un agent de sécurité m'avait poliment enjoint de déposer mon sac derrière le comptoir pendant que je regardais les disques. J'obtempérai avec soulagement.
Lorsque je fus prêt à quitter la boutique, la sympathique employée qui me rendis mon sac le glissa de peine et de misère jusqu'à moi, et bien qu'elle ne parla pas un mot d'anglais, elle exprima sa surprise de voir un être humain transporter sur son dos une chose aussi lourde.
En temps normal, mon sac n'était jamais aussi pesant. C'est que dans les derniers jours du voyage, j'avais dilapidé mes pesos en souvenirs de toute sorte, principalement des provisions de chips au limón et des cannettes de Fresca, qui, bizarrement ou non, me laissent du Mexique un souvenir plus vibrant que n'importe quel pipeau prétendument aztèque duquel vous êtes incapable de tirer la moindre note, et qui se brise dans vos bagages avant que vous ne soyiez rentré chez vous.
En retraitant vers la station de métro Insurgentes, je passe devant le Red Rebel, sur la calle Londres, où j'avais effectué quelques achats le mardi soir précédent.
Les deux employées se tenaient à l'avant du magasin, presque sur le trottoir. Celle qui m'avait servi deux jours plus tot me reconnait et me lance un joyeux ¡Hola! qui me poursuivra jusqu'à ce que le froid hivernal me rattrape, quelque part vers Richmond, Virginia, et auquel je répondis en flanquant par terre le mannequin devant la boutique.
